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    France

    Lina Saneh : «Troubler les évidences en 33 Tours et quelques secondes»

    media

    Une pièce de théâtre avec plein d'outils de communication sur scène, mais sans comédiens. Pour les spectateurs, 33 Tours et quelques secondes est une sorte de huis clos avec Facebook. Il s'agit de questionner le mystérieux suicide d’un militant de droits de l’homme qui a fait débat au Liban. Une conception et mise en scène des Libanais Rabih Mroué et Linah Saneh, présentée au Festival d’Avignon. Entretien.

    RFI : 33 Tours et quelques secondes parle du suicide d’un militant pour les droits de l’homme, survenu en octobre 2011 au Liban. Votre pièce traite-t-elle d’un fait divers ou d’un geste politique ?

    Linah Saneh : Les deux en même temps. Il n’a pas présenté son suicide en tant que geste politique mais son acte a soulevé beaucoup de problèmes et de discussions au Liban. On a essayé de le tourner en geste politique. On avait peur que cela soit un geste politique. On voulait ainsi freiner une possible révolution au Liban. En même temps, il y avait ceux qui voulaient en faire un martyr, un héros pour déclencher une révolution.
     
    RFI : Votre pièce est-elle plutôt une fiction ou un documentaire ?
     
    Ecouter Rabih Mroué sur la différence entre la fiction et la réalité (en anglais). 11/10/2013 - par Siegfried Forster Écouter
    L.S. :
    On présente toujours nos travaux de sorte qu’ils restent incertains. Pour nous, tout dans la vie est un mélange inséparable de fiction et de document. Tout document est plein de fiction. Et chaque fiction est un documentaire de quelque chose. On laisse les questions ouvertes. Il s’agit de troubler les évidences. On trouble les frontières entre documentaire et fiction.
     
    RFI : Dans votre pièce, il y a un rapprochement entre les auto-immolations par le feu qui ont déclenché la révolution en Tunisie et ce suicide au Liban. Il est question de « notre Mohamed Bouazizi libanais ». Il y a un lien entre ces événements ou s’agit-il d’une construction ?
     
    L.S. : Il y a ceux qui ont essayé d’utiliser ce geste comme un geste politique et de faire la relation avec le Printemps arabe pour déclencher une révolution au Liban. Et il y a ceux qui ont eu peur que ce soit un geste politique et ont ensuite essayé de banaliser ce geste ou de semer la terreur chez les gens en disant que c'était un acte sectaire, fanatique, commis par une personne mentalement déséquilibrée et dangereuse pour la santé familiale et sociale.
     
    RFI : Pourquoi ce suicide a déclenché une telle réaction au Liban ?
     
    L.S. : D’une part à cause des révolutions dans le monde arabe et d’autre part à cause des nouveaux moyens de communications tels l’internet ou Facebook. Peut-être que s'il n’y avait pas Facebook aujourd’hui, son cas serait passé beaucoup plus inaperçu. Mais avec les révolutions dans le monde arabe et ces nouveaux moyens de communication, aujourd’hui, les choses prennent des envergures différentes et les choses se communiquent d’une manière différente. Cela change le monde et on ne sait pas où cela va aller. Dans notre pièce, on n’est pas dans la dénonciation, on est dans l’interrogation : quel est ce monde nouveau dans lequel on est ? Quelle forme de relation ou information différentes, quel rapport différent a-t-on aujourd’hui avec la mort ? Ou avec la parole politique ?
     
    RFI : Vous le faites parler à travers des messages laissés sur le répondeur, des textos, des réponses et commentaires sur sa page Facebook. Les outils de communication, c’est le cœur de votre pièce ?
     
    L.S. : On confronte différents moyens de communication. Les plus récents avec les moins récents. Chaque communication a une dramaturgie différente, une écriture différente, une parole différente. Une relation aux événements, aux faits, aux individus, à la vie privée, à la vie publique différente. On les met ensemble et on les fait entrer en contact ou en conflit pour en faire surgir des temporalités différentes et des narrations différentes.
     
    RFI : Selon vous, la situation du théâtre au Liban se résume en une phrase : on peut toucher à tout, sauf à l’armée, au président, à la religion et au sexe. Quel est le rôle du théâtre au Liban aujourd’hui ?
     
    L.S. : Peut-être de toucher à tout cela ! Et à tous les autres interdits qui ne sont pas dits explicitement. Avec d’autres pièces, on a découvert qu’il y avait plein d’autres interdits qui n’étaient pas dits. On a fait une pièce sans toucher à ces quatre interdits connus mais on touchait aux événements de la guerre civile au Liban et on nommait les partis politiques, les milices, les responsables et les chefs des partis au Liban. Il s’est avéré que même sans cela on n’avait pas le droit d’y toucher. Peut-être faut-il toucher à tous ces interdits, mais aussi aux tabous qui sont dans la tête des gens, de cette société conservatrice et traditionnelle. Tout ce qui est considéré comme tabou, comme sacré, comme intouchable, et ne pas seulement aux interdits officiels qui – d’une certaine manière – sont moins difficiles que les tabous et les interdits qui sont dans les mentalités des gens.
     
    RFI : La pièce a été conçue en anglais, en français et en arabe. Pourquoi ces trois langues ?
     
    L.S. : A l’ origine, elle est dans les trois langues parce qu’au Liban, c’est comme cela qu’on parle et écrit des SMS ou sur Facebook. Pour la France, la pièce est spécialement accompagnée d’une traduction en français.
     
    RFI : Pourquoi ce titre 33 Tours et quelques secondes ?
     
    L.S. : Ce sont des temporalités différentes. Les « 33 Tours », ce sont les disques vinyles, c’est une technologie qui a fait son temps. « Quelques secondes », c’est une autre temporalité. Ce sont des signes de différentes temporalités qui se frottent les unes avec les autres.

     

    DOSSIER SPECIAL FESTIVAL D'AVIGNON 2012


    - La 66e édition du Festival d'Avignon, du 7 au 28 juillet
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