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Article publié le : lundi 27 août 2012 à 17:58 - Dernière modification le : mardi 28 août 2012 à 01:07

Un camp de Roms évacué en banlieue parisienne

70 Roms ont été évacués de leur camp à Evry, en région parisienne, ce lundi 27 août 2012.
70 Roms ont été évacués de leur camp à Evry, en région parisienne, ce lundi 27 août 2012.
AFP PHOTO KENZO TRIBOUILLARD

Par RFI

Un campement occupé par plus de 70 Roms a été évacué ce lundi 27 août au matin à Evry, en région parisienne. Les personnes évacuées se sont vues proposer pour toute solution de relogement une semaine d'hébergement d'urgence. Une solution qui a été rejetée par une grande majorité d'entre elles.

Soixante-dix Roms ont été évacués ce lundi 27 août à Evry. Pour toute solution de relogement, on leur a proposé de passer une semaine en hôtel social. Une solution d'urgence qu'ils ont, en grande majorité, préféré refuser. Car ils ne supportent plus cette précarité.

« On va aller au parc où on va dormir avec les enfants. Quand va-t-on faire quelque chose pour nous ? Nous, on cherche un terrain avec de l'eau et de l'électricité », déclare Viorel, l'un des Roms expulsés. Comme lui, ces familles ne demandent qu'un terrain fixe. Parmi elles, il y a des enfants qui vont à l'école à Evry. Dorénavant, ils vont devoir, au mieux, en changer, au pire l'arrêter.

Ce démantèlement intervient quelques jours seulement après une réunion interministérielle dont l'issue avait satisait les associations et élus locaux. Mais l'espoir suscité a vite été rattrapé par la réalité. « Qui peut accepter de changer d'hôtel toutes les semaines ? Ce n'est pas une vie, s'insurge Bruno Piriou, vice-président du conseil général de l'Essonne, le département où est située la commune d'Evry. Ces personnes ne cherchent pas à être nomades ; elles veulent pouvoir vivre, travailler et scolariser leurs enfants en France. Et la France a les moyens d'apporter une solution pour 15 000 roms ».

Seulement deux des personnes évacuées ont accepté le plan d'urgence. Les autres s'apprêtent à passer la nuit dehors en attendant une solution pérenne.

Des membres de l'UMP se lâchent sur Twitter

Depuis que le gouvernement a décidé la semaine dernière de faciliter l’accès des Roms au travail, les langues se délient au sein de l’UMP. Sur le réseau social Twitter, le hashtag #ToiAussiTrouvesUnMétierPourLesRoms, a inspiré, entre autres, une série de propositions à un élu municipal UMP.

Franck Guiot, adjoint UMP au maire d'Ormoy-la-Rivière, en banlieue parisienne, a ainsi multiplié ainsi ses messages sur Twitter, proposant aux Roms des emplois de « planteurs de cannabis », de « convoyeurs de fonds » ou encore de « pickpockets sur la ligne 9 du métro », en ajoutant qu’ils « ne savent ni lire ni écrire » - contributions qu'il a depuis retiré de la toile.

Ce dérapage a provoqué l’indignation de nombreux internautes et blogueurs, qui viennent de lancer une pétition pour appeler les dirigeants de l’UMP à condamner ces propos. Pour Alexandre Le Clève, membre du collectif Romeurope, les « pseudo-propositions » de l'élu UMP sont la suite logique de la politique de stigmatisation des Roms menée par le précédent gouvernement. « On ouvre la boîte à fantasmes et ses présupposés les plus racistes et les plus farfelus à l'encontre de la communauté rom. Après la politique menée par l'UMP depuis plusieurs années qui a fait passer les Roms pour des boucs-émissaires, on reste dans cette logique complètement ridicule, absurde et franchement nauséabonde », dénonce Alexandre Le Clève.

Un autre twitteur, militant de l'UMP, a lui aussi soulevé la polémique ce week-end en qualifiant les Roms de « vermine ». Lui aussi a retiré son tweet et s'est excusé depuis.

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