Namir Abdel Messeeh : «La Vierge est un personnage» - France - RFI

 

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Namir Abdel Messeeh : «La Vierge est un personnage»

media "La Vierge, les coptes et moi", de Namir Abdel Messeeh. Sophie Dulac Distribution

C’est un réalisateur trentenaire franco-égyptien, dont le premier long métrage est sorti ce mercredi en salles en France. Avec La Vierge, les coptes et moi, Namir Abdel Messeeh signe un documentaire à la fois comique, intimiste mais également précis sur la situation des coptes en Egypte. Messeeh, 37 ans, est retourné dans son pays d'origine enquêter sur les apparitions de la Vierge. Entretien.

 

Votre film est présenté comme un documentaire, ce qui paraît restrictif. Ne tient-il pas autant du journal intime que de la comédie ou du docu-fiction ?
 
Non. Au départ, je l’avais vraiment imaginé comme un documentaire très « classique », c’est-à-dire une enquête sur les apparitions de la Vierge. Et puis, j’ai rencontré des difficultés dans la fabrication du film qui a pris quatre ans pour se faire. (…) Du coup, le film n’est plus devenu une enquête sur les apparitions de la Vierge mais plutôt l’histoire d’un réalisateur qui fait un film sur les apparitions de la Vierge.
 
Qu’est-ce qui vous pousse au départ à mener cette enquête sur les apparitions de la Vierge, que voient les coptes et les chrétiens d’Egypte, mais aussi, et ça c’est plus surprenant, les musulmans ?

Il y a deux choses qui m’intéressent. La première, c’est que ce sujet me permet d’aborder plein de questions sur l’Egypte et en particulier des choses qu’on ne connaît pas forcément sur la croyance et sur ce qui lie à la fois les chrétiens et les musulmans - parce que la Vierge est un personnage. C’est une espèce de mère absolue de tout le monde. C’est un culte très présent en Islam. Finalement, c’est un moyen de parler de quelque chose de commun à tous les Egyptiens. Cela faisait quinze ans que je n’étais pas retourné en Egypte. J’ai coupé les ponts avec ma famille et je cherchais un moyen d’y retourner. Tout à coup, (…) à travers ce film, c’était un moyen de retrouver ma famille et de renouer un peu avec l’Egypte. Ce deuxième moteur est présent aussi dans le film.
 
Enquêter sur les apparitions de la Vierge s’est révélé être un sujet très sensible. Mais la Vierge apparaît à des moments bien particuliers de l’histoire de l’Egypte…

Oui. En fait, ce qui est sensible, ce n’est pas tellement d’enquêter sur les apparitions de la Vierge mais c’est d’en douter. Les coptes sont une minorité qui se définit aussi pas mal par son identité, par certains dogmes. Et mettre en doute le moindre des dogmes des Coptes, c’est pour la minorité remettre en cause l’existence de la communauté. C’est ça qui rendait l’enquête difficile. De mon point de vue. Je n’y allais pas pour dénoncer ou démontrer quelque chose mais pour essayer de comprendre un phénomène.
Les premières apparitions de la Vierge ont eu lieu en 1968, quelques mois après la plus importante défaite militaire égyptienne. La plus humiliante. Où Gamal Abdel Nasser annonce sa démission et où le régime s’effondre. [Et avec lui] tout un mythe du monde arabe. A ce moment là, comme souvent dans l’histoire des pays arabes, c’est la religion qui vient au secours des gens.
Donc, effectivement, il a commencé à y avoir des manifestations, et ce qui est très étonnant, c’est (…) qu’elles ont pris une ampleur nationale. C’était relayé dans toute la presse y compris avec l’aval du gouvernement – qui a ensuite un peu récupéré (…), selon certains, ces apparitions pour un peu camoufler la défaite et faire oublier les problèmes du pays. Depuis, il y a eu une quarantaine, une cinquantaine d’apparitions - qui ont lieu systématiquement à des moments de tensions entre les chrétiens et les musulmans ou autres. C’est une espèce d’exutoire… Quelque chose qui provoque des conflits entre chrétiens et musulmans.
 
A un moment, vous dites que vous bifurquez : vous retournez dans le village de votre mère et vous décidez de reconstituer une apparition de la Vierge avec les villageois comme acteurs. Vous avez donc dû faire un casting de jeunes filles pour savoir qui jouerait la Vierge et vous leur avez soumis des représentations de la Madone dans différents tableaux – comme ceux de la Renaissance italienne. Et là, effectivement, il y a un film dans le film, une mise en abyme et aussi toute une réflexion sur la magie du cinéma ?

J’avais l’intuition que ce que je n’arrivais pas à obtenir à travers des entretiens quand je posais des questions aux gens sur la croyance et sur pourquoi ils voyaient la Vierge, peut-être tout simplement en essayant de la remettre en scène, en reconstituant avec eux, en leur demandant d’être acteurs du film, cela allait révéler plein de choses sur le rapport à la croyance. Et cela a donné des scènes assez surprenantes. Quand je leur ai dit : « On va trouver une actrice pour voir à quoi elle [la Vierge, ndlr] ressemble », on a commencé à regarder des photos… Et ils se sont tous mis à hurler : « Mais non, ce n’est pas possible. Elle ne peut pas avoir les ongles nus, elle ne peut pas avoir les cheveux longs. Il faut qu’elle soit voilée ». A travers ce jeu, plein de choses se sont révélées sur le rapport à la croyance. Que l’on voit encore plus dans ce documentaire en créant ce jeu de fiction.

 

Ecouter l’entretien avec Namir Abdel Messeeh, réalisateur du film «La Vierge, les coptes et moi» 11/10/2013 - par Sophie Torlotin écouter

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