Visa pour l’Image – « Le webdoc, c’est un laboratoire », se réjouissent les lauréats du Prix France 24 – RFI

Récompensés du 4e prix France 24 – RFI du webdocumentaire, Jeanne Thibord, Sidonie Garnier et François Le Gall ont reçu leur récompense mercredi soir 5 septembre lors de la projection quotidienne organisée dans le cadre splendide du Campo Santo de Perpignan, la grand scène du festival Visa pour l’Image. Leur webdoc Défense d’afficher est le fruit de deux ans de travail qui a mobilisé au total une cinquantaine de personnes. Ils ont voulu aussi leur rendre hommage, tout en se projetant sur l’avenir.
François Le Gall : « Un prix comme le Prix France 24 – RFI à Visa pour l’Image, c’est beaucoup de fierté, pour deux ans de travail et une reconnaissance par un festival international, c’est une reconnaissance pour nous mais aussi pour tous les gens qui ont travaillé sur le projet et pour les artistes évidemment. »
Jeanne Thibord : « C’est une œuvre vraiment collective, collégiale parce que, déjà, nous avions huit réalisateurs différents. Ensuite, on a travaillé la création web, il y avait donc aussi une équipe web derrière. Donc, au générique, on doit être à peu près une cinquantaine de personnes entre les graphistes, les réalisateurs, les équipes de tournage, la production, la création web et la postproduction image. Cela fait une belle équipe, en tous cas ! »
Sidonie Garnier : « Il n’y avait pas une répartition des tâches entre nous trois à proprement parler. On a très vite travaillé tous sur l’écriture, la conception du site, sur la recherche des personnages et puis ensuite sur chacun des films en collaboration avec les réalisateurs ainsi que sur la logistique. Avant de mettre en place le webdoc, on connaissait certains artistes, on connaissait certains réalisateurs et puis les autres, on les a cherchés, soit par des connaissances, soit sur internet. »
Jeanne Thibord : « Au départ, on a quand même ciblé les endroits où l’on avait envie d’être. On avait envie d’être sur les cinq continents mais finalement nous n’avons pas pu être présents en Océanie. Des choix comme Singapour, Nairobi ou encore Turku, ce sont des choix que l’on a fait en amont et ensuite on s’est adaptés pour trouver artistes et réalisateurs sur place. On avait envie que chaque film soit un objet ; et que artistes et réalisateurs travaillent ensemble, à la fois dans la réalisation et l’écriture. »
Sidonie Garnier : « Et puis on tenait aussi à ce que chaque réalisateur soit originaire du pays ou s’exprimait l’artiste. Pour avoir vraiment le regard de quelqu’un qui connaît le lieu et qui comprend d’autant mieux le travail de l’artiste. »
Jeanne Thibord : « L’idée de départ, c’était de faire dix sujets mais on a perdu des artistes en cours de production. On était par exemple en Ukraine avec un duo d’artistes qui s’appelle Interesnikaski, qui faisait un travail qu’on admirait beaucoup. On avait très envie de travailler avec eux. Et puis, la vie a fait que l’on a commencé mais qu’ils ont eu un gros festival, pile pendant que le tournage devait commencer. Et, finalement, cela n’a pas pu se faire. L’Europe de l’Est, c’est un endroit où l’on voulait aller et où on n’a pas pu. C’est un regret. »
François Le Gall : « C’est un investissement personnel incroyable. Notamment sur la dernière des deux années que nous a prises le webdoc. C’est beaucoup, beaucoup de temps investi sur le projet. Evidemment, pas rémunéré. On a chacun des activités en parallèle : Sidonie a une activité de juriste et de production avec Jeanne au sein de La Maison du directeur et moi, avec Cameratalk, je travaille aussi dans la production web et du conseil web. »
Jeanne Thibord : « On peut dire quand même que c’est un projet qui a été bien financé. Mais on produit d’autres films à côté. Défense d’afficher, c’est le seul webdoc que l’on a produit. C’est le flux tendu de la production. On a envie de retravailler tous les trois ensemble, sur un format webdoc ou transmédia. On aimerait faire quelque chose au Brésil sur la Coupe du monde de football mais c’est au point mort pour l’instant car on n’arrive pas à trouver les soutiens. Rien n’est acquis pour nous. Ce n’est pas un prix qui va tout changer. La qualité, l'exigence, la créativité doivent continuer à être là. »
Sidonie Garnier : « Le webdoc, ça reste un laboratoire. C’est sûr que des choses vont s’inventer à mesure que les supports (tablettes numériques, TV connectée, etc.) vont évoluer. On n’en est encore qu’au début et on sent un bouillonnement. C’est donc très intéressant pour nous de vivre ce moment-là. Je pense que, grâce à la technique, nous aurons la possibilité de proposer d’autres types de contenu à l’avenir. »
Jeanne Thibord : « Ce qui est important à dire, c’est que le webdoc, cela reste un endroit de grande liberté éditoriale et de grande liberté de faire. »

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