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Article publié le : samedi 08 septembre 2012 à 06:36 - Dernière modification le : samedi 08 septembre 2012 à 06:36

Musée de l'histoire de France : le comité scientifique critique l'abandon du projet

L'Hôtel de Soubise à Paris abrite les Archives nationales.
L'Hôtel de Soubise à Paris abrite les Archives nationales.
Wikipedia

Par RFI

L'historien Jean-Pierre Rioux, président du comité d'orientation scientifique de la Maison de l'histoire de France, accuse la ministre de la Culture de vouloir « exécuter » ce projet d'un grand Musée de l'histoire du pays voulu par Nicolas Sarkozy. La ministre a récemment fait savoir qu'elle renoncait à cette ambition trop coûteuse au profit d'une mise en réseaux via un site internet des différents musées d'histoire en France, mais cela ne se fait pas sans polémique.

L'historien Jean-Pierre Rioux, président du comité d'orientation scientifique de la Maison de l'histoire de France, a dénoncé « l'exécution sommaire » de cet établissement public par la ministre de la Culture, dans un entretien accordé à l'AFP vendredi 7 septembre.

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, « fusille la Maison de l'histoire de France en fermant l'établissement public, en congédiant sa présidente Maryvonne de Saint-Pulgent et en laissant en souffrance une bonne dizaine de contractuels », s'est insurgé le célèbre chercheur.

Mme Filippetti jugeait le 24 août dernier que la Maison de l'histoire de France, projet de Nicolas Sarkozy, était « extrêmement coûteux » (80 millions d'euros) et « daté ». Elle a décidé de lui préférer une « formule plus souple », « avec une mise en réseau des musées d'histoire à travers un organe pilote incarné par un site internet ».

Dangereux idéologiquement

Depuis le début, ce dossier aura été celui de toutes les polémiques. En 2008, Nicolas Sarkozy annonce son intention de créer un musée destiné à raconter l'histoire de France. Un grand nombre d'historiens s'insurgent et dénoncent un projet patriotique, centraliste et dangereux car le passé est l'affaire des chercheurs et non des politiques. A cette époque, le débat sur l'identité nationale fait rage.

Rejettant toute critique, le chef de l'Etat décide d'installer ce musée à la place des Archives nationales en plein coeur du Paris historique. Colère des salariés. Résultat, dix huit mois de grève. Le 1er janvier 2012, alors que son mandat touche à sa fin, Sarkozy nomme à la tête de la strucutre, une présidente, Maryvonne de Saint-Pulgent et confirme Jean-Pierre Rioux à la tête d'un comité scientifique de 20 personnes.

Au total, 7 millions ont été dépensés sur les 80 prévus, pour une coquille vide. Il n'existe à ce jour qu'un site internet labellisé Maison de l'histoire de France ! L'alternance venue, l'annonce de l'abandon du projet, trop coûteux et dangereux idéologiquement selon la ministre, n'a donc pas été une surprise. Reste à François Hollande, très attaché à l'importance de l'histoire de préciser s'il veut un projet alternatif. Car, a-t-il rappelé tout récemment, l'histoire commande et en même temps éclaire l'avenir.

tags: François Hollande - Histoire - Nicolas Sarkozy
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