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Article publié le : lundi 24 septembre 2012 à 18:51 - Dernière modification le : mercredi 26 septembre 2012 à 15:39

Le scandale des irradiés d’Epinal devant la justice à Paris

Le président de l'association des victimes Philippe Stäbler (G), Me Gérard Weltzer, leur avocat et des familles des irradiés de l'hôpital d'Epinal, à Paris, le 24 septembre 2012.
Le président de l'association des victimes Philippe Stäbler (G), Me Gérard Weltzer, leur avocat et des familles des irradiés de l'hôpital d'Epinal, à Paris, le 24 septembre 2012.
REUTERS/Charles Platiau

Par Claire Arsenault

Ils sont cent huit, ce lundi 24 septembre 2012, à se présenter au tribunal correctionnel de Paris dans l’espoir de comprendre enfin pourquoi de malades, ils sont devenus victimes. Dans ce qui est le procès du plus grave accident de radiothérapie en France, ces malades attendent de la justice qu’elle demande des comptes aux sept prévenus, médecins, radiophysicien et responsables de santé publique qu’elle jugera au cours de six semaines d’audience.

« J’attends ce procès avec impatience, nous disait Philippe Stäbler, au moment d’entrer dans la salle d’audience à la mi-journée. Le président de l'association des victimes de surirradiations de l'hôpital d'Epinal (Avshe), qui compte plus 500 adhérents, mène le combat depuis 2007 pour faire connaître la vérité. Et cette vérité, il en sait quelque chose, a été particulièrement ardue à mettre au jour. « J’espère simplement que ce procès va faire éclater la vérité sur ce qui nous est arrivé, pourquoi nous avons été si nombreux à être blessés, pourquoi nous avons été abandonnés par les trois personnes du monde médical du service de radiothérapie, pourquoi personne n’a bougé…», détaille aujourd’hui Philippe Stäbler. 

Cet informaticien âgé de 59 ans aujourd’hui, a été traité en 2006 par radiothérapie pour un cancer de la prostate à l’hôpital Jean-Monnet d’Epinal, dans l’est de la France. Ils sont alors des milliers de malades à recevoir des traitements semblables dans le service spécialisé de cet hôpital. Puis, on découvre dès 2005 que certains de ces malades ont reçu des doses supérieures à ce qui est préconisé. En 2008, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot annonce que 5 500 personnes traitées par radiothérapie à Epinal entre 1987 et 2006 sont susceptibles d’avoir été surirradiées.
 
Des années de calvaire
 
Au total, pour la période 2001-2006, ce sont plus de 400 patients identifiés qui sont gravement atteints parmi lesquels 200 se sont portés partie civile. Mais pour sept d’entre eux, le procès arrive trop tard, ils sont morts entre temps. « Mon mari est mort après six ans de calvaire », témoigne Christiane Levrey, veuve de Marcel, qui est un des malades à avoir été le plus sévèrement touché. Il fait partie de ceux qui ont été surexposés à plus de 20%, d’autres l’ont été entre 8% et 10%.
 
Les récits des malades relatent des souffrances indicibles, des vies gâchées. Et ceux qui sont moins sévèrement atteints disent leur angoisse de vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. « Ce que j’ai là n’est pas une maladie, c’est une blessure », dit avec retenue Philippe Stäbler en montrant son ventre. « Je suis impatient, mais aussi j’appréhende de revoir ceux qui sont responsables de tant de souffrance », dit-il. Malgré son quotidien composé de douleurs incessantes, il a tenu à être au procès. Mais exceptionnellement, pour tous ceux qui n’ont plus la force de faire le voyage, les débats sont retransmis par vidéo au tribunal de grande instance d’Epinal.
 
Il ne sera pas question d’argent au cours de ce procès, le chapitre des indemnisations a été réglé en presque totalité en amont, « une première reconnaissance de notre statut de victimes », explique Philippe Stäbler. Pour le reste, c’est-à-dire le plus important, les juges comme les parties civiles vont tenter de comprendre comment une telle série d’erreurs a pu se produire et pourquoi l’information des victimes a été défaillante à ce point.

Philippe Stäbler

Président de l'association des victimes des surirradiations de l'hôpital d'Epinal.

J'espère, qu'enfin, la vérité va éclater sur ce qui nous est arrivé.

 

24/09/2012 par Franck Alexandre

 
Une erreur répétée 600 fois, c’est une faute
 
Pour rappel, Marcel Levrey qui est mort en janvier, n’a jamais eu la moindre explication de son radiothérapeute, aujourd’hui mis en examen. Ce dernier l’aurait vu douze fois, rapporte sa veuve, après 2005, à une époque donc où les erreurs de surdosage étaient déjà décelées, mais à aucun moment il n’a jugé bon d’informer son patient.
 
Le terme « d’erreur » révulse Philippe Stäbler : « Vous appelez cela une erreur, moi j’appelle cela une faute, s’emporte-t-il, une erreur c’est quand vous la faites une fois, sur 600 personnes c’est une faute ». « Nous avons une immense colère depuis le début qui nous anime et c’est le meilleur moteur qui soit. Nous allons enfin savoir, j’espère, la vérité. »
 
Les deux anciens radiothérapeutes et le radiophysicien de l'hôpital sont poursuivis pour homicides et blessures involontaires ainsi que non assistance à personne en danger. Seul ce dernier chef a été retenu à l'égard de la directrice de l'hôpital et de l'établissement comme personne morale, ainsi que de la directrice de la Ddass et du directeur de l'agence régionale d'hospitalisation (ARH) de Lorraine de l'époque.

Philippe Stäbler témoigne
tags: France - Justice - Santé et Médecine
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(2) Réactions

Cancer de la Prostate

Bonjour,
C'est avec beaucoup d'attention que j'ai suivi les évènements sur les
"Irradiés" d'Epinal et surtout sur "Internet".EN effet,je pense faire
partie des victimes (j'habite Mende en Lozère).J'ai un cancer à la
prostate depuis cinq ans,mon Urologue a opté pour une trentaine de Aséances de "Radiothérapie" à Rodez plutôt que l'ablation,j'ai du cesser
ce traitement au bout d'une quinzaine car je ne plus aller aux toilettes
J'ai subi je ne sais combien de"Biopsies"de"Rabotages"des prises de sang
pour le "PSA".Ne voyant aucun résultats positifs,j'ai consulté plusieurs
spécialistes ; Millau,Marvejols,Clermont-Fet pour finir à Montpellier
sur avis de mon "Urologue" de Millau,là...re-biopsie résultats obtenus
deux mois plus tard....pour me dire qu'il ne restait pas grand chose à
faire car une intervention chirurgicale était délicate vu que je n'avais
pas supporté la "Radiothérapie"...A mon avis ,j'estime que des stages
de remise à niveau devraient être obligatoire.
Merci de m'avoir lu et peut-être une réponse???

Une erreur................

Une erreur................humaine que des responsables ( en fonstion,en statut et en rémunération ) auraient "décidés" de transformer en erreur technique ou informatique!!!!
Mais les machines ,nombreuses et sophistiquées issues de cerveaux hors du communs restent toujours des machines.
Les fruits,des arbres de l'ingénierie humaine,peuvent-ils etre condamnés juridiquement à la place des créateurs,inventeurs,les décideurs des cahiers des charges établis par des études médicales,les "professeurs" demandeurs,les prescrip-teurs d'utilisations et enfin les petits "manipulateurs" exécutants des traitements!!!!
Un grand recueillement pour toutes les personnes disparues suites à ces opérations ou utilisations altérées par des paramètres évidents sans oublier leurs familles très,très diminuées....!!!!!
Il n'y a pas de progrès de société sans problèmes et pertes humaines...les guerres sont des exemples utiles,
mais en médecine pour ce cas "maitrisable",il était facile de se résoudre à l'évidence......sans mettre les carottes financières en premier!!!!
Tous les hommes naissent bons, seule la société les transforme!!!!
La vie est une guerre permanente exposée en permanence aux velléités des autres.....!!!!

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