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    France

    Fabrice Hyber plante une «Hyber-Cité» au Palais de Tokyo

    media

    Après avoir transformé en 1995 le musée d'Art Moderne de la Ville de Paris en Hybermarché voilà une sorte d'Hyber-Cité au Palais de Tokyo à côté. Fabrice Hyber, l’un des artistes français les plus appréciés au niveau mondial, nous fait du bien avec ses Matières Premières artistiques qu’il expose ici à partir du 28 septembre. Des peintures, des dessins, des installations, des fruits, des fleurs, des oiseaux et ses fameux objets loufoques nommés « POF » nous attendent dans un Espace de bien-être mental. A 51 ans, Hyber jure aux effets bienfaisants de l’art. Entretien avec « Je m’appelle Fabrice Hyber, je suis artiste. Point. C’est déjà pas mal, non ? »

    La nouvelle saison du Palais de Tokyo est intitulée Imaginez l’imaginaire. Comment imaginez-vous votre imaginaire ?

    Imaginez l’imaginaire
    , ce n’est pas mon projet. Mon projet c’est Matières Premières. L’important pour l’artiste est de reformuler les concepts, redonner des définitions des choses qui sont, à priori, déjà acquises. Matières Premières, cela fait penser au pétrole, au gaz, à l’or… Moi, je parle du vent, du rouge à lèvres, du dessin, de la pensée. Tout cela est de la matière première pour moi.

    En 2001, vous étiez à Tokyo pour exposer l’un des vos premiers C’hyber rallyes. Aujourd’hui, vous n’êtes pas à Tokyo, mais au Palais de Tokyo à Paris. Toutes vos innovations présentées ici donnent l’impression d’assister à l’inauguration d’une Hyber-Cité.

    Oui, c’est un environnement Hyber. On peut entrer par deux entrées différentes. Une entrée est au rez-de-chaussée et on agit avec les œuvres. Il y a une autre entrée où l’on passe au-dessus de mes œuvres. C’est très impressionnant.


    Il y a un Espace de bien-être. Vous parlez aussi d’un « Spa mental ». Le but de l’art est-ce d’atteindre le bien-être ?

    Bien sûr. L’art est pour moi l’élément qui permet de garder l’équilibre. Si dans un pays on vous dit que tout est rouge, moi, je propose aussi un peu de vert. Ou si tout est vert, il y aura peut-être un peu de rouge. Pour moi, l’art c’est de garder l’équilibre. C’est du sport !

    On dirait que c’est presque une sensation épicurienne...

    Absolument. C’est jouir de tout ce qu’on vous donne. D’ailleurs c’est marqué dans les dessins et beaucoup de choses.

    Sur les cimaises, vous avez accroché la peinture Dedans, dehors. A côté se trouve une installation géante qui permet de pénétrer dans votre peinture, pas en version 3D, mais en version réelle, avec nos propres pieds. Une toile à traverser, est-ce une première dans l’histoire de l’art ?

    Non, ce n’est pas une première. Les gens de l’Opticart ou Op’Art ont fait cela dans les années 1960. C’était très esthétique. Moi, je rentre dans les dessins, ce sont des histoires que je raconte. Cela donne un effet incroyable. J’ai beaucoup aimé faire cette œuvre. Je l’ai faite sur place. J’ai mis en place le procédé ici et je l’ai réalisée ici, c’était hier. C’était un moment très agréable, et je le fais partager. C’est bien aussi.

    C’est très violent.
    Fabrice Hyber 11/10/2013 Écouter

    Votre MIT-MAN est une sculpture fabriquée à partir des aliments qui font du bien à notre corps. Il y a aussi une sorte de cage de liberté, une Cage mangeable d’où les oiseaux pourront ainsi s’échapper. L’art est-ce la liberté de se mettre en équilibre avec la nature, de trouver notre nature ? Et pour chaque souci existe-t-il un remède artistique ? Comme l’acupuncteur, l’œuvre artistique cherche-t-elle l’endroit où il faut appuyer pour nous soulager ?

    Oui, c’est ça, mais je peux aussi dire qu’il n’y a pas d’endroit à appuyer. Je donne tout le temps la possibilité du « non ». Dans mes expositions, tout est possible. On peut y participer comme les regarder de loin. En toute façon, cela existe. A partir du moment où l’on réalise des choses, il faut faire avec. Après, on verra.

    Nous vivons une époque de crise. La culture n’est pas épargnée par les coupes budgétaires. Même si vous dites de ne pas regarder les informations, en tant qu’artiste vous faites partie de cet environnement. En même temps, le marché de l’art se porte très bien et le prix de vos œuvres également. Vivez-vous une sorte de schizophrénie ?

    Mon attitude est la suivante : pour une exposition comme celle-ci, je trouve beaucoup de partenaires qui me donnent de la matière et du savoir-faire pour fabriquer. L’important dans une œuvre est de réaliser des choses. Après, moi je vends mes œuvres. Je finance beaucoup mes projets aussi. J’ai une économie avec des multiples entrées. Je n’ai pas de soucis avec cela. Je n’ai jamais eu de soucis. J’ai toujours produit beaucoup de choses. Et je trouve toujours des moyens pour produire. Il y a toujours une possibilité. Je ne vais pas attendre la subvention de l’Etat ou du Palais de Tokyo pour créer. Ce n’est pas possible. Je n’aurais pas le temps. Je préfère aller vite, payer de ma poche et puis après, je me rembourse. Ce n’est pas compliqué. L’économie est simple. C’est une excuse de dire qu’il n’y a pas d’argent. Il y a toujours des moyens.

    Vous avez toujours travaillé dans plein de domaines différents : l’architecture qu’on voit ici, la chaosgraphie quand vous embêtez la chorégraphie d’Angelin Preljocaj, des peintures « homéopathiques », la science avec le MIT-MAN. Tout est relié, interactif, tout devient un, comme avec les nouvelles technologies. Avez-vous l’impression d’avoir toujours eu raison avant l’heure ?

    C’est sûr que tout est lié. On est dans un seul monde sans frontières. On est dans un monde des réseaux. J’ai surtout une inquiétude sur le fait qu’on ne change pas de réseau facilement. On change sans problème de pays. Les gouvernements ont de moins en moins de pouvoir. Mais le problème est qu’on est dans des réseaux particuliers et on passe très peu d’un réseau à l’autre. Cela va être très compliqué à un moment donné. C’est pour cela que j’ai mis un couloir qui est un mur. C’est cette notion-là que j’avais envie de mettre en évidence.

    Vous avez été couronné avec le Lion d’or de la Biennale de Venise en 1997, après avoir transformé le Pavillon français en studio d’enregistrement et de diffusion d’émissions télévisées. La commissaire du Pavillon allemand de la Biennale 2013 a été critiquée après avoir invité quatre artistes non allemands pour représenter l’Allemagne. Elle avait justifié sa décision en disant que la notion de la nationalité n’avait plus raison d’être dans le domaine de l’art contemporain. Partagez-vous cet avis ?

    Quand j’avais fait le Pavillon français en 1997, le Pavillon n’était plus un lieu de diffusion, mais de production d’œuvres. Pendant les douze jours de production, j’invitais un artiste d’un autre pays. Donc, j’avais déjà fait cela il y a 15 ans [rire].

    Aujourd’hui vous exposez dans un nouveau Palais de Tokyo agrandi. Comment vivez-vous ce lieu d’art contemporain après son réouverture en avril 2012 ?

    Je trouve que cela est très important qu’il y ait plein de lieux d’art. Cela révèle chez les gens et le public des activités créatrices qui sont inattendues. Je rêve que tous nos objets du quotidien soient des œuvres d’art et non pas le contraire.
    Il cherche toujours une forme expérimentale de l’art.
    Akiko Miki Commissaire de l’exposition «Fabrice Hyber : Matières Premières» 11/10/2013 - par Siegfried Forster Écouter

    ______________________________

    Fabrice Hyber, Matières Premières, exposition du 28 septembre jusqu’au 7 janvier au Palais de Tokyo, Paris.
     
    Voire aussi :
    - Fabrice Hyber, Essentiel (peintures homéopathiques), du 6 octobre au 6 janvier à la Fondation Maeght
    - Fabrice Hyber, Prototypes d’Objets en Fonctionnement (P.O.F.), pour la première fois une présentation de l’intégralité des POF, du 20 octobre au 20 janvier au MAC/VAL
    - Fabrice Hyber, Sans gêne, peinture sur céramique de Sèvres, constituée de 800 correaux, œuvre pérenne à l’Institut Pasteur en collaboration avec la Manufacture de Sèvres. A partir du début octobre.
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