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    France

    La Fiac 2012 offre le «french kiss» sans l’ISF

    media « Yes », une installation de Sarah Lucas, artiste anglaise rattachée au groupe des Young British Artists. FIAC 2012. AFP / JOEL SAGET

    La 39ème édition de la FIAC ouvre ce jeudi 18 jusqu’au 21 octobre ses portes au public au Grand Palais à Paris. Et la plus grande Foire internationale d’art contemporain en France a déjà démontré la puissance de l’art : là où tous les autres ont échoué, le marché de l’art a réussi. Et il a fait reculer le gouvernement. Il n’est plus question d’intégrer les œuvres d’art dans le calcul de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Pour Jennifer Flay, la directrice de la Fiac, « le renouveau de Paris comme place du marché de l’art » est ainsi sauvé.

    Un conseil ? Faire le vide avant d’entamer le marathon des 182 galeries présentes à la Fiac. A l’entrée nous sourit Untitled, un monochrome accidenté de l’artiste américain Wade Guyton. Mais le tableau monumental (213 x 175 cm) de 2012 se révèle être une impression Epson UltraChrome couchée sur toile. « Il utilise des impressions sur toile et joue sur les imperfections que l’imprimante peut laisser, les traces qu’elle peut laisser sur la toile », explique Marie-Laure Gilles de la galerie parisienne Chantal Crousel. Mais, attention, il est trop tard pour un coup de foudre pour cet artiste qui expose aussi actuellement au Withney Museum à New York : l’œuvre à la Fiac a été déjà vendue, pour 150 000 dollars (114 307 euros).

    « Kiss Painting »

    Trente-cinq ans après le Baiser de l’artiste à 5 francs, une performance de l’artiste Orlan à la FIAC en 1977, il y a un autre baiser qui attrape l’œil du visiteur : le Kiss Painting de Betty Tompkins, un « french kiss » hyperréaliste, peint en 2012, qui ne vaut plus 5 francs, mais 50 000 dollars, présenté par une galerie belge sur une cimaise en rouge vif. « C’est une peintre américaine qui a 69 ans, explique le galeriste Rodolphe Janssen. C’est un baiser entre deux femmes qui vient d’une photo porno qu’elle a trouvée dans un magasin pour hommes. Elle peint des images pornographiques depuis 1968. Elle s’inscrit dans une démarche de peintres féministes qui s’approprient des images d’hommes. Elle a lutté contre la censure dans les Etats-Unis depuis 40 ans. »

    Adel Abdessemed

    Visiblement, les affaires marchent bien à la Foire internationale d’art contemporain. Même avant l’ouverture officielle, beaucoup de pièces ont déjà trouvé preneur, dont une série de 5 éléments d’Adel Abdessemed, chacun représentant une mappemonde. Une sorte de boucliers contre la mondialisation. Le prix se situe entre 200 000 et 300 000 dollars, selon la galerie David Zwirner qui représente cet artiste qui fait actuellement fureur avec son exposition « Je suis innocent » au Centre Pompidou. Au niveau mondial, le marché de l’art a connu en 2011-2012 sa troisième meilleure performance de son histoire. A Paris, sous la coupole du Grand Palais, il y a un ultime signe de l’euphorie des marchés : lors du vernissage, on trouve pratiquement à chaque stand du champagne dans un seau rempli d’eau et de glaçons. Pour fêter le rejet de l’amendement sur l’élargissement de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) aux œuvres d’art ?

    Anne Sophie Villemin, directrice des ventes à la Galerie David Zwirner à Londres sur l’œuvre d’Adel Abdessemed. 18/10/2012 - par Siegfried Forster Écouter

    L'exception culturelle en France

    « C’est une très bonne nouvelle. Cela aurait retiré l’idée de l’exception culturelle en France », se réjouit le galeriste Kamel Mennour, l’une des stars du marché de l’art à Paris. L’homme qui avait acheté la toile de Wade Guyton n’était « pas du tout inquiet » de l’actuelle discussion autour de l’ISF sur les œuvres d’art, raconte pourtant la galeriste Marie-Laure Gilles. Probablement pour une raison toute simple : seulement les œuvres au-dessus de 50 000 euros étaient concernées, alors que le prix moyen d’une œuvre vendue en France se situe autour de 10 000 euros. Taxé à 0,5%, l’acheteur d’une peinture d’une valeur de 50 000 euros aurait dû débourser 250 euros par an, mais seulement s’il possède un patrimoine supérieur à 1,3 millions d’euros. Pour le Belge Rodolphe Jansen, « cela n’aurait absolument rien changé pour moi. On aurait tout simplement eu encore plus de Français qui auraient quitté la France. C’est un grand pays remplis d’œuvres d’art. Cela aurait été excellent. » Même son de cloche de la part de la galerie londonienne Simon Lee : « On est basé en Angleterre, on ne dépend pas des lois françaises. Mais je pense que cela aurait été catastrophique pour le marché de l’art en France, parce que cela n’existe ni en Angleterre ni aux Etats-Unis. »

    Le nez rouge dans l'art

    En attendant, la galerie a mis le nez rouge sur deux tableaux du 19e siècle. Ce sont deux toiles sans titre, transformées par l’artiste allemand Hans-Peter Feldmann. « Feldmann les a achetées aux enchères sur des petites ventes, explique Claudia Milic, la directrice de la galerie Simon Lee. Après, il leur pose des nez rouges au milieu du visage. La pièce a été spécialement conçue pour la FIAC 2012. Ce ne sont pas des tableaux de grande valeur en soi, mais ils sont très bien peints. C’est une manière de leur donner une autre vie, un second souffle, avec beaucoup humour. » Un recyclage artistique réussi pour un prix de 85 000 euros ! Dans la même veine : deux rouleaux composés de très longs cils d’une station de lavage pour voiture forment une porte d’entrée nommée Défense d’entrer. Une installation de 50 000 euros de l’artiste italienne Lara Favaretto à la galerie Franco Noero. Encore moins cher et plus pratique : deux balais en bois et sorgho dans un pot en terre cuite, une œuvre de l’artiste Michel Blazy, vendue par la Galerie Art concept pour 19 000 euros.

    Nathalie Boutin, co-directrice de l’agence gb agency sur Mac Adams : « The Bathroom ». 18/10/2012 - par Siegfried Forster Écouter

    « Aveugle »

    Aveugle est le mot d’ordre à la galerie Karim Mennour. Un néon illuminé greffé sur une vieille porte en bois qui fait pitié avec ses clous rouillés et ses planches pourries. « C’est une des dernières œuvres de Claude Lévêque qui présente une porte en bois qu’il a récupérée dans un marché aux puces à Nevers, son lieu de naissance. Il a mis 'aveugle' quelque part pour représenter le tâtonnement de la démarche de la recherche artistique. Les artistes sont aveugles quand ils ne savent pas. Parfois ils ont des fulgurances. Les artistes nous permettent de voir ou d’entrevoir d’une manière utopique la réalité qui est très difficile en ce moment. L’art avec un grand A nous permet une autre possibilité de vivre ».

    Le prix ? « Ce n’est pas cher », clame le galeriste sans pourtant révéler le montant. « Nous présentons des œuvres accessibles que les gens peuvent s’offrir ». Et avec l’abandon de l’amendement sur l’ISF pour les œuvres d’art, une caisse de champagne est indirectement offerte par le gouvernement pour chaque œuvre vendue au-delà de 50 000 euros.

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    39e FIAC, jusqu'au 21 octobre au Grand Palais à Paris.

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