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    France

    Twitter interpellé pour un hashtag à connotation antisémite

    media Sur Twitter l'hashtag #unbonjuif s'est retrouvé en tendance du jour. DR

    Ce jeudi 18 octobre, l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) a questionné les responsables américains de Twitter au sujet d’un hashtag à connotation antisémite qui a fait la Une du site de microblogging en France. Déçue de l'entretien, l'UEJF a annoncé vouloir saisir la justice. Il faut souligner que sur les réseaux sociaux, les messages incitant à la haine, au racisme, à la désinformation sont récurrents. De quoi transformer le dialogue sur ces sites de partage en conversation nauséabonde.

    Mise à jour : L'UEJF a obtenu vendredi de Twitter le retrait des tweets antisémites qui lui seront signalés par l'association, par la voix de son avocat Me Stéphane Lilti, qui a salué auprès de l'AFP une « importante victoire ».

    Les réseaux sociaux (Facebook, Twitter en tête) sont des lieux de conversation. On y parle de sa famille, de ses amours, de ses vacances, de ses conditions de travail ou des dernières informations. Fort souvent, sur les thématiques politiques ou religieuses, les débats ne volent vraiment pas haut et très souvent l’humour caustique, voire la provocation, sont de mise.

    Depuis le 10 octobre, sur Twitter, un hashtag à connotation antisémite s’est retrouvé dans les sujets en Une proposés par le site de microblogging. Cet hashtag #unbonjuif et sa place dans le classement en Une signifiait que de nombreuses personnes (1600 selon le Huffington Post) tweetaient en l’utilisant. Il devenait, de par son succès, une tendance ou buzz, selon Twitter, sans préjuger de son intérêt. Il faut rappeler que les hashtags #unbonnoir ou #unbonarabe sont également utilisés sur Twitter, tout comme #UnBonFlic...

    Les méthodes d’un groupuscule d’ultra-droite sur les réseaux sociaux 

    Faire de l’humour ou inciter à la haine, la barrière est infime et ils sont nombreux à profiter de la brèche ouverte par les réseaux sociaux pour exacerber les tensions communautaires. Dernièrement, un militant d’ultra-droite repenti expliquait, dans Le Midi Libre, les méthodes de son groupuscule, notamment sur les réseaux sociaux : « Tout était assez codifié. Il fallait en priorité "squatter" les sites d’information générale à la recherche de toutes les informations "raciales" possibles. Monter en épingle les faits divers lorsqu’ils concernaient des étrangers, quitte à les faire "mousser" sur Facebook ou sur les forums. Les réseaux sociaux et les commentaires dans les articles de presse étaient l’idéal pour ça. »

    Les réseaux sociaux sont forcément le médium idéal pour ces méthodes car ils se transforment en une caisse de résonance sans réelle profondeur. Dans cette intention, il semble assez évident pour qui veut inciter à la haine de les utiliser, et les exemples abondent selon ce militant repenti : « Je pourrais en donner pendant des heures, mais par exemple, il suffit de prendre un pseudo à consonance musulmane et lancer des insultes aux Français, en prônant une République islamiste à Paris ou ce genre de choses. C’est très gros mais ça marche à chaque fois. »

    Les blagues ternies, sur Twitter, par d’autres plus vulgaires, voire racistes

    Avec humour un hashtag #lescongolais avait permis d’ironiser de façon intracommunautaire. Mais les blagues de « bon goût » ont souvent été ternies, sur le fil Twitter lié à cet hashtag, par d’autres plus vulgaires, voire racistes. Car les réseaux sociaux sont le terrain de jeu des trolls (voir explication ci-dessous) ou autres excités incitant à la dérive verbale, voire la haine en s’immisçant dans les conversations pour répandre le feu. La citation de Pierre Desproges semble toujours de mise : « On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui. » Car quand un Woody Allen ironise, d’autres injurient. Et quand Chris Rock interpelle, avec beaucoup d’humour, autant les Noirs de sa communauté que les Blancs participant à son spectacle, les propos hors contexte peuvent déranger…

    Twitter a bloqué le compte d’un groupuscule néo-nazi

    Mais il n’empêche, les réseaux sociaux, et leur utilisation, impliquent des responsabilités, on ne peut pas tout dire. Ainsi, Twitter a annoncé jeudi avoir bloqué pour la première fois le compte d’un groupuscule néo-nazi en Allemagne, à la demande de la police locale. « Nous avions annoncé en janvier notre capacité à bloquer des contenus. Nous en faisons pour la première fois usage au sujet d’un groupe jugé illégal en Allemagne », a écrit le conseiller juridique de Twitter, Alex Macgillivray, dans un message sur son compte @amac. « Nous ne voulons jamais bloquer de contenus ; (mais c’est une) bonne chose d’avoir des outils pour le faire de façon ciblée et transparente », ajoute-t-il.

    Il met également un lien vers les directives publiées par Twitter pour mettre en application ce blocage : « Si nous recevons une demande correctement ciblée et d’une autorité compétente, nous pouvons être amenés de temps à autre à retirer certains contenus dans un pays donné », peut-on lire dans le document qui date de fin janvier.

    Accusé d’avoir « insulté les valeurs religieuses d’une partie de la population »

    De même, en Turquie, le virtuose Fazil Say, âgé de 42 ans, est accusé notamment d’avoir « insulté les valeurs religieuses d’une partie de la population » avec des messages diffusés sur Twitter dans lesquels il s’est moqué des musulmans pieux. Il encourt une peine d’un an et demi de prison. Mardi soir, sur son compte Twitter, le pianiste qui affiche son athéisme, a une nouvelle fois rejeté les charges pesant à son encontre, selon les journaux, et a dit sa « stupéfaction » de devoir comparaître devant des juges.

    Des messages sur les réseaux sociaux « punis par la loi »

    C’est la raison pour laquelle des responsables de Twitter se sont entretenus ce jeudi avec le président de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF). « L’UEJF a reçu une réponse de Twitter (...) au sujet du déferlement de tweets antisémites sous l’intitulé #unbonjuif », a-t-elle indiqué dans un communiqué. L’UEJF estime que Twitter « ne peut pas s’affranchir de sa responsabilité d’entreprise citoyenne. « Ce sera tout l’enjeu de l’échange que nous aurons », a déclaré M. Hayoun avant l'entretien, cité dans le communiqué.

    La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a rappelé mercredi que les « messages à connotation raciste ou antisémite » qui se propagent sur les réseaux sociaux sont « punis par la loi ». « Le canal virtuel ne rend pas moins réels les actes dont se rendent coupables ceux qui les commettent », a-t-elle ajouté. A l'issue de son entretien, l'UEJF, déçue, a annoncé saisir la justice.

     

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