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Article publié le : mercredi 24 octobre 2012 à 18:45 - Dernière modification le : mercredi 24 octobre 2012 à 18:45

Automobile : des garanties d’Etat pour sauver PSA Finance

Arnaud Montebourg (gauche) et Philippe Varin, le 19 octobre 2012 à Paris.
Arnaud Montebourg (gauche) et Philippe Varin, le 19 octobre 2012 à Paris.
REUTERS/Philippe Wojazer

Par Myriam Berber

C’est confirmé : l’Etat français apportera bien son soutien financier à Banque PSA Finance. Sans surprise, le titre du constructeur français PSA Peugeot Citroën a perdu plus de 7 % ce mercredi 24 octobre 2012 à la Bourse de Paris. Son plus bas niveau depuis 26 ans.

Sept milliards d’euros. C’est la somme que l'Etat va apporter en garantie à PSA Peugeot Citroën Finance. Il s'agit d'une garantie sur trois ans, sur les futurs emprunts réalisés par la filiale bancaire du constructeur automobile, pour alimenter les concessionnaires et les crédits auto de ses clients.

En échange, le gouvernement a obtenu des contreparties. En premier lieu, la nomination de deux administrateurs au sein du conseil de surveillance, l'un représentant les salariés, l'autre le gouvernement français. PSA renonce également à verser tout dividende et stock-option, le temps que durera la garantie financière apportée par l'Etat. Enfin, le constructeur a également confirmé qu'il ne procédera pas à des rachats d'actions.

Réunion tripartite

Reste un autre dossier à régler, et non des moindres. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a, en effet, exigé du constructeur un aménagement du plan social, qui prévoit la suppression de 8 000 emplois et la fermeture du site d’Aulnay, en région parisienne. Réponse de PSA : tout dépendra des négociations entamées avec les syndicats. Ce jeudi 24 octobre se tient à Bercy la première réunion tripartite, sous l'égide du gouvernement.

Un représentant des salariés d'Aulnay, le 9 octobre 2012.
REUTERS/Jacky Naegelen

Les discussions s’annoncent houleuses. Le syndicat CFTC, présent à un comité de groupe européen qui se tenait ce mercredi chez PSA, a fait savoir que le président du directoire Philippe Varin avait d’ores et déjà rejeté l'idée de réduire des « centaines d'emplois du plan de restructuration » comme le souhaiterait le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg. Et Philippe Varin de préciser que « les contreparties voulues par le gouvernement ne remettent pas en cause le plan de redressement », et donc d'éventuels licenciements.

Quatre projets communs avec GM

Dans ce contexte de crise grave, et alors que PSA annonce une baisse de 3,9 % de son chiffre d'affaires à 12,9 milliards d'euros au troisième trimestre, le groupe a dévoilé, ce mercredi, un peu plus de détails sur son rapprochement avec son concurrent General Motors.

Le constructeur français et le groupe américain ont identifié quatre projets industriels communs. Cette coopération pourrait aboutir au lancement de nouveaux véhicules d’ici la fin 2016, et engendrer des synergies de 2 milliards de dollars d’ici cinq ans. Ces projets devraient porter sur la production de monospaces, de véhicules haut de gamme et de petites voitures faiblement polluantes.

L'alliance n’enthousiaste pas beaucoup Carlos Da Silva, analyste au cabinet IHS Automotive, joint par RFI :

Carlos Da Silva

Analyste au cabinet IHS Automotive

GM et PSA essaient d'associer des marques qui opèrent grosso modo sur les mêmes marchés, qui vont essayer de capturer les mêmes clients, donc faire sortir des synergies de tout ça, ce n'est pas le plus simple. Après, sur le marché, avec qui d'autre PSA pouvait-il faire des alliances, il n'y avait plus beaucoup d'acteurs disponibles

 

24/10/2012 par Altin Lazaj

tags: Arnaud Montebourg - Automobile - Crise économique - Etats-Unis - France - François Hollande - Industrie - Jean-Marc Ayrault
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