Littérature  - 
Article publié le : mardi 06 novembre 2012 à 17:06 - Dernière modification le : mercredi 07 novembre 2012 à 19:06

Les prix Médicis 2012 : Emmanuelle Pireyre, Avraham B. Yehoshua et David Van Reybrouck

Les prix Médicis 2012 : Emmanuelle Pireyre (photo: Editions L'Olivier), Avraham B. Yehoshua (AFP /Bertrand Guay), David Van Reybrouck (AFP /Alain Jocard).
Les prix Médicis 2012 : Emmanuelle Pireyre (photo: Editions L'Olivier), Avraham B. Yehoshua (AFP /Bertrand Guay), David Van Reybrouck (AFP /Alain Jocard).
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Par Siegfried Forster

Plus d’annonce de prix littéraire sans fuite organisée. Comme hier avec le prix Femina, c’est encore l’éditeur qui a doublé le jury du prix pour annoncer, ce 6 novembre, la remise du prix Médicis à Emmanuelle Pireyre pour Féerie générale (L’Olivier). Le Médicis du roman étranger est attribué au grand écrivain israélien Avraham B. Yehoshua pour Rétrospective. Le Médicis essai revient à David Van Reybrouck pour son récit extraordinaire Congo, une histoire.

Emmanuelle Pireyre, prix Médicis 2012

Je viens de la poésie.

 

06/11/2012 par Pascal Paradou

La Féerie générale commence comme une grève générale, avec un rêve. Le tout est raconté, comme dans une série de télévision, avec une panoplie de personnages : le refus de la finance de la part d’une petite fille qui préfère peindre des chevaux, des artistes qui investissent les casernes ou une jeune musulmane qui se confronte à un mur de glaces. Issue du milieu de la poésie, Emmanuelle Pireyre s’est inspirée beaucoup de notre monde contemporain, ou plutôt des univers qu’elle côtoie. La source de ses idées, cela peut être un tueur en série japonais, des tragédies grecques, des rêves nocturnes ou les comptes-rendus des maîtresses pour sa fille à l’école maternelle.

Née en 1969, Emmanuelle Pireyre vit et travaille à Lyon. Son goût pour la bizarrerie du monde a depuis toujours transpiré à travers les titres de ses livres précédents comme Congélations et décongélations, et autres traitements appliqués aux circonstances suivi de Mes vêtements ne sont pas des draps de lit ou La danse est-elle dangereuse pour les jeunes filles ?, pour ne citer quelques unes des perles de cet auteur qui aime aussi bien composer la poésie, la vidéo ou des récits radiophoniques sur France Culture.
 

Editons L'Olivier

Avec sa tête bien faite, son apparence filigrane et sa coupe de cheveux « Jeanne d’Arc », Pireyre a expliqué la genèse de la Féerie générale : « J’ai observé, pendant une année environ, les petites scénettes que je voyais dans ma rue, ici et là, des couleurs, des matières, des petits personnages. Donc je décrivais une petite scène, un adulte avec un enfant, quelqu’un qui passe, diverses choses comme ça (…) des petits éléments qui seraient disjoints, qui arriveraient les uns après les autres, sans se rencontrer. (…) Donc je me suis dit : une féerie, cela doit être des petits îlots. Des îlots qui ne se relient pas. C’était ma définition de la féerie au départ. (…) Mais malheureusement, les liens sont revenus. J’ai senti les choses se mettre en relation les unes avec les autres (…) et j’ai commencé à les mettre en relation. Comme sur une carte de géographie, des liens se tissaient. »
 
Le résultat est une œuvre originale en forme de mosaïque, un mélange entre réalité et fiction, avec des langages différents qui reflètent ces univers variés comme la langue écrite et parlée, le SMS, le rap ou les forums internet.
 
 

Prix Médicis étranger pour « Rétrospective » d’Avraham B. Yehoshua

L'un des plus grands écrivains israéliens, Avraham B. Yehoshua a été couronné par le Médicis étranger pour Rétrospective (Grasset), roman mélancolique sur les mystères de la création artistique.
 
Né en 1936 à Jérusalem dans une famille d'intellectuels sépharades, Avraham B. Yehoshua a été désigné au premier tour par six jurés sur dix. Il est connu pour son engagement dans le camp de la paix, aux côtés des écrivains Amos Oz et David Grossman, lui-même couronné par le Médicis étranger en 2011 pour Une femme fuyant l'annonce (Seuil). Il a participé à l'Initiative de Genève en faveur du processus de paix israélo-palestinien.
 
L'auteur de L'Amant ou de Monsieur Mani a remporté de nombreuses récompenses littéraires et ses livres sont traduits en une trentaine de langues. Rétrospective est un gros roman de près de 500 pages qui prend comme fil conducteur la réalisation d'un film. Il met en scène un célèbre réalisateur israélien, Yaïr Mozes, âgé de 70 ans, avec un scénariste, une actrice et un directeur de la photographie. Leurs rapports conflictuels illustrent les tensions auxquelles se heurtent tous les créateurs.

Prix Médicis de l’essai pour « Congo, une histoire » de David Van Reybrouck

David Van Reybrouck, Belge néerlandophone, a reçu le prix Médicis de l'essai pour Congo, une histoire (Actes Sud), une somme couvrant 90 000 ans d'histoire de cet immense territoire africain.
 
Tout à la fois archéologue et historien, auteur de théâtre et poète, journaliste et citoyen engagé, David Van Reybrouck, 41 ans, a reçu en 2010 le prestigieux prix néerlandais AKO qui récompense d'ordinaire une oeuvre littéraire.  Congo, une histoire a connu un succès sans précédent pour un essai avec plus de 250 000 exemplaires vendus en Belgique et aux Pays-Bas.
 

Lire aussi l’entretien avec l’auteur : David Van Reybrouck : « Le Congo est un Etat en faillite », rfi, 10/10/2012.

 

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