GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Vendredi 13 Juillet
Samedi 14 Juillet
Dimanche 15 Juillet
Lundi 16 Juillet
Aujourd'hui
Mercredi 18 Juillet
Jeudi 19 Juillet
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    France

    «Paris Photo» repousse les frontières de la photographie

    media Isabelle LE MINH: "The yoga sutras of patañjali", Book I, Samadhi pada, Sutra 9, The yoga series, after John Baldessari , 2012 Impression jet d'encre pigmentaire sur toile 140 x 175 cm (détail). Galerie Gaillard

    Paris Photo, le plus grand et le plus prestigieux salon de la photographie au monde, ouvre ce jeudi 15 novembre ses portes au Grand Palais de Paris. Pendant quatre jours, 50 000 amateurs et professionnels se presseront aux stands de 128 galeries venues de quatre continents. Plus que jamais, les frontières entre la photographie et l’art contemporain s’estompent. Les différents arts se chevauchent quand la photographie s’avère être un scan, des aiguilles, des confettis, de la peinture photographiée ou des reliefs avec des images superposées.

    C’est une scène complètement banale qui rattrape notre œil. Une photo prise dans le métro à New York, en 2012. Les passagers ont été captés de très près. Ces « close up » transforment leur visages en regards surnaturels. Dans cette série de l’artiste hollandais Reinier Gerritsen, l’ordinaire côtoie le rêve. Et le réel, la folie : « Il y a des jeux de regards qui sont impressionnants, parce qu’il ya quelque chose comme des lignes qui se créent entre ces différents regards, explique Valentine Umansky de la galerie new-yorkaise Julie Saul. Ils sont finalement assez proches d’une peinture classique, même très classique. Et pourtant, ce sont des photographies très contemporaines. C’est un mélange de registres assez surprenant. »

    Une fusion très plastique

    Ce glissement entre les genres est devenu l’une des tendances de la photographie contemporaine. Peinture, installation, photographie, vidéo, œuvre artistique ? Les dénominations se multiplient comme les démarches artistiques. L’artiste contemporaine Valérie Belin présente son travail aussi bien sur des foires d’art contemporain qu’à Paris Photo. Au Grand Palais, elle titille notre œil avec Bride Eromaxx, une fusion très plastique de trois images photographiques, une mariée avec un bouquet de fleurs dans la main et deux vitrines de boutiques new-yorkaises. « L’art contemporain et la photographie se chevauchent de plus en plus, commente son galeriste Jérôme de Noirmont. Vous avez de plus en plus d’artistes contemporains qui utilisent le médium de la photographie comme support et les photographes actuels ont une vraie connaissance de l’art contemporain. »

    L’artiste-photographe allemand Axel Hütte est un élève de Bernd et Hilla Becher. Dans sa nouvelle œuvre Portrait #16, il montre une femme d’une manière floue qui se reflète dans l’eau, tout le contraire d’une photographie industrielle, neutre, objective, froide à la Becher. « Au début, Hütte faisait aussi des photographies de bâtiments industriels et de ponts, explique Josef Eisl de la galerie autrichienne Ruzicska. Avec cette photographie il a pris sa propre direction : des reflets, des paysages… Cette photographie a quelque chose de fantastique, expressionniste, picturale, c’est presque de la peinture. »

    Un jeu avec la photographie
     
    Miguel Rothschild pousse les limites encore beaucoup plus loin. Il utilise des aiguilles, des poinçonneurs et des confettis pour ses œuvres « photographiques ». En réalité, il s’agit plutôt d’un jeu avec la photographie, d’une forme élargie de la photographie qu’il retravaille à volonté. « Depuis deux ans, on s’aperçoit clairement que les frontières entre la photographie et l’art contemporain disparaissent ou commencent à disparaître, analyse Jill Leciejewski de la galerie berlinoise Kuckei+Kuckei la situation. Mais c’est aussi une bonne chose. Miguel Rothschild ne s’aperçoit pas comme un photographe dans le sens strict du terme, parce qu’il a travaillé souvent avec d’autres matériaux : aujourd’hui, c’est la photographie, avant c’étaient des bouteilles en plastique ou des pailles. »

     
    Assiste-t-on alors à la décomposition de la photographie ? La photographie n’existe-t-elle plus par elle-même, parce qu’elle est devenue de l’art contemporain tout court ? Serge Plantureux a sa petite idée sur la question. « La photographie s’est atomisée, s’est décomposée, mais elle est l’unique et principale source de jeunesse de la nouvelle époque dans laquelle on arrive. Donc elle meurt tout en provoquant la mort définitive et radicale de toutes les vieilles techniques et proposant les nouvelles, sans qu’on ne sait exactement comment elles vont se recomposer ». Plantureux expose différentes interprétations d’un portrait de Gustave Le Gray (« La photographie repousse les limites des beaux-arts ») par des jeunes artistes. Le Totem vidéo de Romain Renault part d’un portrait peint à un portrait daguerréotypé de Le Gray pour arriver à son portrait idéal.
     
    Quel sens à lui donner ? 
     
    Pour Isabelle le Minh, la photographie est un support parmi d’autres. Utiliser le médium photographique l’amène à chaque fois à la question : quel sens à lui donner ? Dans son travail, la photographie ne permet pas d’avoir un point de vue sur le monde, mais d’entamer une réflexion sur la photographie. A Paris Photo, elle nous interroge avec une œuvre dont le titre fait mouche : An image arises when words do not correspond to physical reality (Une image surgit quand les mots ne correspondent pas à la réalité physique). Il s’agit d’une combinaison d’images scannées et fortement agrandies. Est-ce encore une photo ? « [Rire] Pour moi, c’est une œuvre. Mais c’est vraie, ce n’est plus vraiment une photo. On est à la limite. »
     

    Entretemps, Paris Photo grandit d’année en année. Depuis le déménagement au Grand Palais en 2011, le nombre de visiteurs a augmenté de 38 000 à 50 000. La définition de la photographie est-elle aussi extensible à l’infini ? Où risque-t-elle de s’atomiser pour renaître sous d’autres formes artistiques ? « Non, c’est notre regard qui change, réplique Julien Frydman, le directeur de Paris Photo. Bien sûr, il y a des évolutions et des écritures qui se sont démultipliées, il y avait une explosion créative. Mais je pense aussi que nous sommes plus conscients de la diversité des langages de la photographie et que peut-être nous apprenons aussi à regarder avec un œil « autre » les travaux plus anciens qui étaient déjà à la recherche de ces écritures. Je crois que l’histoire est en train de se réécrire à la lumière de notre meilleure compréhension de la spécificité de ce média. »

    Comprendre ce qui fait une œuvre...
    Julien Frydman, directeur de « Paris Photo » 11/10/2013 - par Siegfried Forster Écouter

    __________________
    Paris Photo, du 15 au 18 novembre au Grand Palais de Paris.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.