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    France

    Le Forum d’Avignon 2012 (1) : la diversité culturelle et l’identité

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    Depuis 1947, Avignon accueille le Festival annuel de théâtre, fondé par Jean Vilar, et depuis cinq ans maintenant le Forum d’Avignon. Il s’agit d’un espace international de rencontres autour des relations pas toujours jours très simples, entre le monde de l’économie et celui de la culture. Du 15 au 17 novembre, on y a parlé de modèle économique, d’innovation, d’attractivité des territoires, mais aussi de diversité culturelle.Table ronde avec le cinéaste israélien Amos Gitai et Jean-Christophe Bas, conseiller des Nations unies pour le développement stratégique et les partenariats.

    L’un des enjeux de ce Forum d’Avignon est d’évoquer précisément les questions autour de la diversité culturelle. En quoi est-ce que la diversité culturelle est aujourd’hui un enjeu stratégique ?

    Jean-Christophe Bas : Les études le démontrent. Il y a une étude très récente, de l’institut Heidelberg, qui montre qu’aujourd’hui, sur 140 conflits sérieux dans le monde, plus de 110 trouvent partiellement ou entièrement leur origine, dans des tensions entre les cultures. Ce qui montre bien à l’évidence la nécessité d’une bonne gouvernance de la diversité culturelle, pour mener à la paix, à la prospérité, et à la créativité au développement.
     
    Il y a vraiment un lien entre le développement économique, la démocratie, la paix dans le monde, et la culture et la création ?
     
    Amos Gitai : Presque dans le sens inverse. C'est-à-dire, la culture, elle doit dessiner une utopie, parce que nous, heureusement ou malheureusement, on n’est pas dans le pragmatique de gérance des pouvoirs ou des politiques directes. On a des opinions, on est citoyen du monde. On doit dessiner une utopie, mais une utopie, ça sert toujours comme un sens de direction. Et je crois que l’artiste, l’écrivain, le cinéaste, plasticien, il doit aller au-delà des clivages, des guerres, etc. Il doit essayer d’établir une sorte de territoire d’attente, de coexistence, de dialogue.
     
    Au sein des Nations unies, ce n’est pas l’utopie qui gouverne le monde. Ce n’est pas l’utopie que vous devez gérer au jour le jour, Jean-Christophe Bas. C’est la réalité. Est-ce que l’utopie peut vous aider, précisément, à mieux appréhender la réalité du monde ?
     
    Jean-Christophe Bas : Je pense qu’on est tous guidés, à la fois par l’utopie et l’espoir. Et d’ailleurs, c’est pour ça que le thème du Forum d’Avignon est magnifique !
     
    Des raisons d’espérer…
     
    Jean-Christophe Bas : Des raisons d’espérer ! Et je pense qu’on est tous amenés, d’une certaine façon, à combiner l’espoir et l’utopie avec la réalité. Il n’y a, certainement pas d’antinomie.
     
    Amos Gitai, vous vous êtes beaucoup intéressé, à travers vos films, à deux questions essentielles, qui sont évidemment liées. La question des frontières et la question de l’identité. Est-ce que ces deux notions sont des freins, ou au contraire, des éléments qui facilitent l’émergence et le respect de la diversité culturelle ?
     
    Amos Gitai : Ils sont à la fois des freins, parce qu’on a trop de frontières, ils sont trop minés. Minés, pas strictement dans le sens physique, mais aussi dans le sens profond. On ne peut pas traverser les frontières, on ne peut pas tenir la main aux gens qui sont de l’autre côté des frontières. Même si on peut être d’accord sur plusieurs sujets. Je crois que le rôle de la culture c’est de faire des percées. Vous savez, moi, de formation, je suis architecte. Je crois qu’il faut construire des ponts, il faut créer des dialogues, même s’il faut même mettre des points d’interrogation sur le titre du Forum d’Avignon. Est-ce qu’on peut espérer ?
     
    Avez-vous des doutes ?
     
    Amos Gitai : Il faut toujours espérer, mais on est presque dans la phase de désespoir. Alors je crois que l’art et le cinéma doivent injecter de l’espoir et du sens de direction.
     
    Vous n’avez pas répondu sur la question d’identité. L’identité, est-ce une occasion de se refermer ou de s’ouvrir sur les autres ?
     
    Amos Gitai : C’est les deux. Chacun a sa propre identité et c’est nécessaire de la cultiver. Il faut cultiver le multiculturel, mais en même temps, si ça devient un ethnocentrisme trop hermétique, alors ça devient une autre frontière.
                                                                                                                           
    Jean-Christophe Bas : Le thème de l’identité, à mon avis, est au cœur même de la problématique. Il faut lire ce livre fondamental d’Amin Maalouf, Les Identités meurtrières, qui démontre extraordinairement bien à quel l’identité peut être terriblement un facteur de tension, comme également un facteur extraordinaire d’épanouissement !
     
    Tout l’enjeu aujourd’hui, de nos sociétés, que ce soit au nord, au sud, à l’est, à l’ouest, l’ensemble des sociétés modernes, aujourd’hui, se retrouve face à cette problématique de la complexité des sociétés, avec des flux d’immigration gigantesques, avec le besoin de réinventer, de vivre ensemble des solidarités communes. Dans Les Identités meurtrières, Amin Maalouf apporte des éléments de réponse sur cette notion d’identités qui s’accumulent les unes sur les autres. Il faut sortir de cette idée de dire que l’identité c’est quelque chose qui est blanc ou noir. L’identité c’est quelque chose qui est pluriel, qui est une sorte d’arc-en-ciel.
     
    A ce titre, le drapeau de l’Afrique du Sud, qui est ce symbole extraordinaire de l’arc-en-ciel, montre bien la volonté de cette société, d’inventer, justement, un nouveau modèle de société, basé sur la diversité et la multiplicité des identités. L’identité n’est pas un bloc monolithique.

     

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