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Twitter se gondole, Google se désole

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Les moteurs de recherche sur internet sont bien en peine de comprendre l’humour et plus particulièrement l’ironie, une figure de style qui produit un décalage entre le discours et la réalité. Les analystes sont déboussolés face au raz de marée de blagues qui se répand en 140 signes, parfois très farfelus, sur Twitter au rythme d'extravagance comme des tweets du Moyen-Age, de Ronsard ou de Marcel Proust...

Il pleut à tout rompre et vous vous exclamez : « Quelle belle journée ! » Vous venez donc de faire de l’ironie, tout le monde vous a compris, vous n’appréciez pas ce temps pluvieux. Mais votre ironie peut se retrouver bousculée par le sarcasme de votre voisin : « J’adore ce temps gris et pluvieux qui nous rend si fréquemment malades. » Lui vient d’être sarcastique et c’est difficile à comprendre. Mais quel est le fond de sa pensée ? Car à l’inverse de l’ironie, qui consiste à dire le contraire de ce que l’on pense en faisant comprendre que l’on pense le contraire de ce que l’on dit, le sarcasme est plus difficile à déceler. En effet, être sarcastique c’est dire le contraire de ce que l’on pense, sans montrer qu’on pense le contraire de ce que l’on dit.

Le sarcasme : « un des problèmes les plus difficiles à résoudre en informatique »

Sur internet, ces figures de style sont un véritable cauchemar pour les moteurs de recherche, les spécialistes en marketing ou autres analystes de tendances de marché... Dans le Wall Street Journal, Shrikanth Narayanan, professeur en science informatique, explique : « Le sarcasme est l’un des problèmes les plus difficiles à résoudre en informatique. »

Un point d’exclamation qui traduit peu d’enthousiasme

Un moteur de recherche ne peut percevoir l’humour. Alors pour comprendre les émotions exprimées sur la Toile, il faut parfois déployer des trésors d’analyse. Ainsi lors du discours de Clint Eastwood face à une chaise vide censée symboliser la place vide du président, les tweets qui utilisaient l’hashtag #chaisevide étaient quasiment tous sarcastiques. On aimerait avoir une réponse à la question : « Mais tu penses vraiment ce que tu viens de dire ? » Et cela bouscule aussi les codes de la ponctuation. Ainsi les teenagers utilisent les smileys de façon sarcastique (un smiley souriant même pour illustrer un véritable mécontentement). Dans le même ordre d’idée, maintenant, un simple point d’exclamation traduit parfois peu d’enthousiasme alors que plusieurs, si… Les moteurs de recherche sont réellement pris de panique quand un sarcasme ou de l’ironie se retrouve en tête de liste. Et une déflagration humoristique sur Twitter ou ailleurs sur les réseaux sociaux peut zapper tout un travail de dialogue ou communication.

Twitter impitoyablement drôle en toute circonstance

Seulement voilà, on ne se lasse pas de lire les blagues de Twitter et les 140 signes semblent même avoir été créés dans ce but avec leur apparence de blagues Carambar caustiques. Certains ont même jeté l’éponge tellement Twitter était impitoyablement drôle en toute circonstance, même les plus sérieuses. On ne compte plus les tweets de Nadine Morano retournés dans tous les sens pour faire se tordre de rire ses détracteurs. Quant à Eric Besson, il semble en avoir fait les frais et a finalement quitté le site de microblogging. Mais les chaînes télé abusent de ces buzz sarcastiques, tant les accros à Twitter aiment à plaisanter sur tel candidat de téléréalité ou tel sujet incongru abordé dans un programme. Ainsi à chaque intervention de François Hollande, il s’en trouvera au moins un pour parler de la verticalité, ou non, de sa cravate. C’est à tel point que le compte parodique Humour de droite a été classé numéro un dans les personnalités les plus influentes sur les réseaux sociaux.

« Une faute d’orthographe, un lapsus rendaient l’information drôle »

A l’agence France Presque, compte Twitter parodique d’une fameuse agence française, son créateur nous explique la genèse d’une telle pratique : « Cela est venu lors de ma découverte de Twitter. Les médias qui faisaient une faute d’orthographe ou un lapsus rendaient l’information particulièrement drôle alors que ce n’était pas le but. Cela nous faisait vraiment rire, c’est ainsi que m’est venue l’idée d’un compte d’agence de presse, mais truffé d’erreurs ! » Et Twitter, c’est l’espace idéal pour cela. Il ajoute : « Twitter, c’est l’immédiateté, un outil qui peut piéger très rapidement les médias, avec les RT. L’info y va très vite ! Et tout peut facilement devenir une blague… » Aux côtés de l’@AFPresque on trouve aussi le décapant @le_gorafi, mais aussi @solferishow ou @watchmefalll

Marcel Proust est sur Twitter

Un smiley ironique, une réflexion sarcastique et le moteur de recherche se retrouve dans les choux… Et quitte à devenir n’importe quoi (d’ailleurs il existe @nain_portekoi) on a découvert des choses étonnantes. Savez-vous que Marcel Proust est sur Twitter ? Forcément, ce n’est pas le vrai (l’écrivain est né à Auteuil le 10 juillet 1871 et mort à Paris le 18 novembre 1922), là il s’agit d’un usurpateur (@MarsselProust) qui en plus en rajoute dans les monstrueuses « fôtes » d’orthographe. Tellement mal écrit que les moteurs de recherche rament !

« @franky_villon n’est pas du 16e mais reste un bon pote du 15e ! »

Ailleurs aussi on peut lire des tweets dans une langue moyenâgeuse. Vraiment ? Oui, et c’est RonsardBG (pour beau gosse) qui nous explique : « J’ai traduit sur Twitter un morceau de 50 cents en langage du 16e. J’ai essayé d’y être fidèle et le tweet est devenu un compte officiel. Il faut dire que le lyrisme des rappeurs ressemble souvent à celui des ménestrels. » Mais encore ? « Maintenant, Ronsard se passionne pour le jeu Call of Duty. » On frise le 25e degré et la température monte vraiment quand ce gentil farceur sur Twitter explique : « Katsuni (@katsuni) m’a suivi super vite (sur @RonsarBG). Je ne sais même pas pourquoi ! » s’esclaffe-t-il. Car pour Ronsard, ce qui compte c’est son flirt virtuel avec Louise Labé @LouiseLab. Là c’est du sérieux, tout comme sa brigade du 16e (#brigade16), du 16e siècle bien sûr. « Bon, il y a François Villon (@franky_villon). Il n’est pas du 16e mais il reste un bon pote du 15e ! » Moteur de recherche s’abstenir…

Mais pourquoi faire cela ? Pour rire !

La sauce prend et maintenant Jehan le Brave (@jehanlb) tweete et c’en est confondant. Il ressemble à un visiteur à la sauce Monty Python du Sacré Graal qui cherche son chemin dans les nouveaux médias. Son créateur nous explique : « Les tweets ce n’est pas souvent classe, mais là, avec @RonsardBG, ça m’a accroché. » Cela l’a fait rire et l’a même passionné : « Je me suis renseigné sur le vieux français. J’ai fait une compilation de façon de parler, une sorte de grimoire perso. » Avec un étonnant succès pour cet auteur qui n’a rien d’un historien : « J’ai découvert que parmi mes abonnés il y avait des étudiants d’hypokhâgne, mais aussi des profs ! ». Mais pourquoi faire cela ? Est-on en droit d’interroger ces farceurs ? Pour rire ! Nous ont-ils répondu. Mais serait-ce aussi, juste pour la beauté du tweet...

 

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