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Article publié le : mercredi 21 novembre 2012 à 05:43 - Dernière modification le : mercredi 21 novembre 2012 à 05:43

Immigration: la politique de rétention épinglée par cinq associations de défense des droits des étrangers

Vue générale réalisée le 19 janvier 2008 du centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot au nord de Paris.
Vue générale réalisée le 19 janvier 2008 du centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot au nord de Paris.
AFP / Stéphane de Sakutin

Par RFI

Plus de 50 000 étrangers en situation irrégulière ont été placés dans des centres de rétention en 2011. C'est ce que révèle un deuxième rapport conduit par cinq associations de défense des droits des étrangers. L'Assfam, Forum réfugiés, France Terre d'asile, la Cimade et l'ordre de Malte ont présenté ce mardi 20 novembre 2012 un bilan commun et très critique.

Les cinq associations présentes dans les centres de rétention ont fait un état des lieux inquiétant, voire catastrophique. Selon elles, 2011 est une année hors norme : il y a eu, au total, plus de 64 000 expulsions en France en incluant l'Outre-mer, des départements qui n'étaient pas pris en compte jusqu'à présent.

En Outre-mer, la situation est particulièrement alarmante selon David Rohi, responsable des éloignements à la Cimade : « Outre-mer la situation est proprement catastrophique puisque c’est autant d’expulsions depuis l’Outre-mer que depuis la métropole mais dans un contexte où les gens n’ont aucune possibilité d’exercer des recours efficaces parce que l’on a des régimes dérogatoires très défavorables aux étrangers bien qu’il s’agisse de départements français. Aussi parce que ces expulsions depuis l’Outre-mer sont massives ; en particulier à Mayotte : 21 000 personnes depuis 2011, en Guyane 9000 personnes, en Guadeloupe dans une moindre mesure. Et ces expulsions elles sont effectuées très rapidement avec des gens qui sont expulsés alors qu’ils ne devraient pas l’être notamment…»

Autre constat depuis la loi dite Besson de 2011, des étrangers ont été particulièrement ciblés pour faire du chiffre. Aujourd'hui une réforme est urgente comme l’explique Pierre Henry, directeur de l'ONG France Terre d'Asile : « La politique du chiffre a eu une énorme place avec un ciblage particulier de populations. Je pense en particulier aux Tunisiens ; je pense aux Roumains qui sont souvent éloignés du territoire. Il faut modifier l’architecture législative qui a été façonnée par ces lois.»

Selon les promesses du président François Hollande, le placement en rétention devrait devenir une exception.

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