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Article publié le : samedi 01 décembre 2012 à 03:44 - Dernière modification le : samedi 01 décembre 2012 à 08:31

France : ni plan social, ni nationalisation à Florange

Edouard Martin, le délégué syndical CFDT(g), et ses camarades, sont déçus par l'accord obtenu par le gouvernement français et ArcelorMittal, Florange, le 30 novembre 2012.
Edouard Martin, le délégué syndical CFDT(g), et ses camarades, sont déçus par l'accord obtenu par le gouvernement français et ArcelorMittal, Florange, le 30 novembre 2012.
AFP PHOTO / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Par RFI

Après deux mois de bras de fer et trois jours de négociations, un accord est intervenu entre le gouvernement français et ArcelorMittal. Un accord sur l'avenir du site sidérurgique de Florange en Moselle. Le site ne sera pas nationalisé, et les emplois devraient être maintenus. Mais le plan annoncé suscite la déception des syndicats. Ils redoutent de voir se répéter le scénario des promesses non tenues à l'égard du site voisin de Gandrange, fermé en 2009.

Jean-Marc Ayrault

Premier ministre français

Il n'y aura pas de plan social.

 

01/12/2012 par RFI

Ni nationalisation, ni plan social pour les salariés des hauts fourneaux de Florange tel est l'accord auquel sont parvenus la direction d'ArcelorMittal et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault après d'intenses négociations.

Le groupe sidérurgique s'engage à investir 180 millions d'euros sur cinq ans dans les activités rentables du site de Florange, activités qui seront ainsi renforcées et permettront le maintien de l'emploi pour les salariés.

Quant aux hauts fourneaux arrêtés depuis plus d'un an par ArcelorMittal, ils ne redémarreront pas mais seront simplement maintenus en état. Ceci afin de permettre à terme leur reconversion dans un projet de stockage du CO2, projet qui dépend d'une décision européenne.

De son côté, au vu des engagements pris par ArcelorMittal, le Premier ministre a écarté l'idée de nationalisation, même temporaire et dans l'attente d'un repreneur car, selon Matignon, il n'y avait pas de repreneur crédible et ferme à l’horizon.

Jean-Marc Ayrault

Premier ministre français

Il n'y aura pas de nationalisation de Florange.

 

01/12/2012 par RFI

En revanche Jean-Marc Ayrault n'a pas exclu que l'Etat puisse à l'avenir prendre des participations dans des entreprises stratégiques dont l'avenir serait en jeu.

Déception des syndicats

Les syndicats de Florange qui avaient mis tous leurs espoirs dans la nationalisation du site et son transfert à un repreneur ont exprimé leur déception à l'annonce de l'accord intervenu. Cet accord maintient l'emploi pour les salariés de Florange mais sous l’égide du groupe ArcelorMittal et surtout il ne prévoit pas le redémarrage immédiat des hauts fourneaux à l'arrêt depuis plus d'un an, ce qui constituait leur première revendication.

De plus les syndicats marquent leur scepticisme face à l'engagement d'ArcelorMittal d'investir 180 millions en cinq ans sur le site. Pour la CFDT, les salariés sont une nouvelle fois trahis, « les investissements c'est maintenant que nous les voulons, a déclaré son représentant Edouard Martin, et pas dans cinq ans. « Rien que le mot "accord" avec ArcelorMittal, ça donne envie de pleurer », a expliqué le représentant des jeunes CGT de Florange.

Edouard Martin

Délégué CFDT

On a un sentiment de trahison.On a l'impression de revivre Gandrange en 2008 (...) On a aucune confiance en Monsieur Mittal.

 

01/12/2012

« Rien que le mot "accord" avec ArcelorMittal, ça donne envie de pleurer », a expliqué le représentant des jeunes CGT de Florange.

Frédéric Maris

Membre de la CGT

En 2008, Monsieur Mittal avait décidé d'investir 330 millions d'euros. Au final, zéro. Comment peut-on faire confiance à un prédateur comme Mittal? C'est un copié-collé de Gandrange. Pour la CGT, c'est une grosse déception.

 

01/12/2012 par RFI

Quant au représentant de force ouvrière plutôt satisfait que l'accord ne prévoit pas de plan social, il redoute cependant que les promesses ne soient au bout du compte que de la poudre aux yeux.

L'usine emploie 2 700 personnes dont 629 étaient concernées par une possible fermeture.

La tentative de retour de la volonté politique

A première vue, c’est une victoire pour le gouvernement. Pas de plan social. Le contrat est rempli, Florange est sauvé. Mittal a cédé, et accepte de lâcher 180 millions d’euros pour acheter la paix avec le gouvernement français. Il en faudrait pourtant le double. Les hauts fourneaux ne redémarreront pas, et la reconversion de Florange reste toujours très hypothétique.

Pour François Hollande et la gauche française, l’affaire risque de porter un coup sérieux à la crédibilité de la parole politique, où l’on s’aperçoit que les menaces de nationalisation n’étaient qu’un leurre, un moyen de pression sur Mittal, certes efficace. Où l’on s’aperçoit encore que l’annonce au début de la semaine, par Arnaud Montebourg, d’un repreneur, prêt à investir 400 millions d’euros, n’était pas « crédible », selon le terme de Matignon. Jean-Marc Ayrault aurait voulu mettre en miette son ministre du Redressement productif, il ne s’y serait pas pris autrement.

Les syndicats, furieux, se sentent trahis. A Florange, on se souvient de Gandrange, pas très loin. Arcelor s’était engagé à sauver Gandrange, à ne pas licencier et à investir. Comme à Florange aujourd’hui. Mais finalement Gandrange a fermé, et Nicolas Sarkozy l’a payé très cher.

 

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