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    France

    Les Baumettes, reflet de l'inhumanité des prisons françaises

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    Humidité, cafards, rats, violence… Dans ses recommandations sur la prison des Baumettes à Marseille publiées au Journal officiel ce jeudi 6 décembre, le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) décrit des conditions de détention inhumaines. Une situation à l’image de l’univers carcéral français.

    Le constat est sans appel : les conditions de détention à la prison des Baumettes de Marseille sont inhumaines. Dans ses recommandations publiées ce jeudi 6 décembre au Journal officiel, le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) Jean-Marie Delarue fait état d’une « violation grave des droits fondamentaux, notamment au regard de l’obligation, incombant aux autorités publiques, de préserver les personnes détenues de tout traitement inhumain et dégradant ».

    Pendant onze jours, en octobre, une vingtaine de contrôleurs ont visité la prison marseillaise. Et ce qu’ils y ont observé est effroyable. Le CGLPL décrit des coursives inondées par temps de pluie, des cellules aux murs gorgés d’humidité et dépourvues de chauffage, des salles de douche crasseuses où trois ou cinq douches seulement sur dix fonctionnent, des locaux jonchés de détritus et privés d’électricité, infestés de rats et de cafards. « Les surveillants font leur ronde de nuit en tapant des pieds pour les éloigner, avec un succès inégal », écrit-il.

    « C’est fait pour nous rendre fous »

    « C’est fait pour nous rendre fous », se plaint un détenu. Dans ces locaux délabrés, ceux-ci s’entassent. Au 1er octobre 2012, ils étaient 1 769 pour 1 190 places. Dans la maison d’arrêt des hommes, le taux d’occupation est de 145,8%. La violence est omniprésente, conséquence de rivalités entre bandes adverses ou de dettes impayées. Et les occasions de se distraire, limitées. « Les activités rémunérées sont très réduites », pointe encore Jean-Marie Delarue. Les activités culturelles intéressantes existent, mais leur financement n’est pas pérennisé. La promenade – jusqu’à six heures par jour – devient alors la seule activité possible. Mais par peur d’être rackettés ou agressés, beaucoup préfèrent rester dans leur cellule.

    Les surveillants, eux, font comme ils peuvent, et ce avec peu de moyens. Leurs conditions de travail génèrent un taux élevé d’absentéisme : 2,6 jours par mois par personne, en moyenne. Il arrive ainsi qu’il n’y ait qu’un seul surveillant pour tout un étage, soit 200 détenus. Pour les gérer, ils misent sur le dialogue et la proximité. Si la technique permet de résoudre bien des difficultés, elle a aussi ses limites car elle se fait au détriment d'un strict respect des règles.

    L’Etat français régulièrement condamné

    Ces recommandations d’urgence sur la prison des Baumettes sont exceptionnelles. C’est la deuxième fois seulement que Jean-Marie Delarue utilise cette procédure. La première date d’il y a un an. Elle concernait le centre pénitentiaire de Nouméa, en Polynésie, et faisait état d’une suroccupation frôlant les 200%.

    Mais plus généralement, c’est l’ensemble du système carcéral français qui est critiqué pour ces conditions de détention, notamment sur la surpopulation. Selon Pierre-Victor Tournier, chercheur au CNRS, interrogé par l’hebdomadaire Le Point, sur les 67 225 personnes détenues en France au 1er novembre 2012, 12 689 sont en surnombre et 657 dormiraient à même le sol.

    L’Etat français est ainsi régulièrement condamné pour la vétusté de ses prisons, note le quotidien La Croix. En 2011, 361 recours de détenus ont été déposés pour obtenir une réparation au préjudice subi. Ils ont gagné dans un peu plus de la moitié des cas et obtenu entre 500 et 10 000€ d’indemnisation. Entre 2007 et 2011, la France a par ailleurs été condamnée à quatre reprises pour « traitements inhumains ou dégradants » par la Cour européenne des droits de l’homme, en vertu de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme qui affirme que « Nul ne peut être soumis à des traitements dégradants ». Elle est le seul pays de l’Union européenne à afficher un tel palmarès.

    Les conséquences sont dramatiques. Dans son dernier rapport publié en décembre 2011, l’Observatoire international des prisons a révélé une augmentation des suicides en prison. Le document indique que 82 détenus ont mis fin à leurs jours durant les huit premiers mois de l’année, contre 73 un an plus tôt, soit une hausse de 12%.

    Et maintenant ?

    L’Etat français a décidé de prendre à bras le corps cet état des lieux accablant. La loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 prévoit ainsi la construction de 25 nouveaux établissements carcéraux, l’extension de sept autres et la rénovation de 15 maisons d’arrêt à l’horizon 2017. Elle insiste également sur le développement des aménagements de peine et une amélioration des conditions de détention.

    S’agissant des Baumettes, la garde des Sceaux Christiane Taubira promet des changements. Ils concernent essentiellement des travaux de réhabilitation qui devraient permettre de remédier à la vétusté des locaux. Mais ce programme ne doit être achevé qu’en 2017. Pour le reste, la ministre de la Justice annonce des audits, des inspections, des expertises… Bref, la galère des détenus des Baumettes est loin d’être terminée.

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