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L'internet des objets, nouvel eldorado du numérique

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A la suite de la 9e édition du colloque LeWeb'12 qui se tenait jusqu'à ce jeudi 6 décembre, le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a rencontré les grands patrons de l'internet mondial pour les inciter à faire de Paris une capitale du numérique et à développer l’internet des objets, qui permet de relier le monde réel au virtuel.

Kevin Systrom d’Instagram, Tony Fadell de Nest Labs, Werner Vogels pour Amazon ou encore Katie Stanton représentant Twitter. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a profité de la venue de 150 dirigeants d'entreprises oeuvrant sur internet à la conférence LeWeb'12 Paris pour recevoir à Matignon une délégation de ces acteurs majeurs du web.

Le thème de l’édition 2012 du LeWeb proposé cette année par ses organisateurs et agitateurs d’idées, Loïc et Géraldine Le Meur, était consacré à l’« internet of things », c'est-à-dire l’« internet des objets », qui permet d’interfacer le monde réel au virtuel.

L'internet des objets, kesako ? Le concept est simple, il s’agit d’associer à des puces électroniques toutes sortes d’objets, et de les connecter à un réseau.

Téléphone « porte-monnaie »

Des objets devenus « intelligents » car ils intègrent différents capteurs et systèmes électroniques. L’exemple le plus célèbre est celui des chaussures de sport intégrant un GPS et connectées à un système d’analyse en temps réel sur le web qui vous indiquent le meilleur parcours à effectuer et les efforts que vous devez encore fournir lors de votre jogging quotidien. Vos performances sont ensuite affichées sur un réseau social.

Autre exemple plus simple d’objets communicants : nos cartes de transports en commun « sans contact » ou les téléphones « porte-monnaie » qui autorisent des paiements à distance dans un magasin, tout en vous indiquant les promotions du jour. Chaque objet est associé à une étiquette numérique qui est munie de codes comprenant son URL ou son adresse IP. La technologie la plus souvent employée pour les étiquettes numériques est la Radio fréquence d’identification (RFID) qui permet la connexion des objets par les ondes à un réseau.

Réfrigérateurs qui préparent la liste des courses

Des objets divers et variés, grâce à leurs interfaces électroniques, accèdent au web et se mettent à surfer indépendamment d'une quelconque intervention humaine. L’extension d'internet ou l’internet élargi à toutes choses, autorise l’échange de données sur un réseau entre un objet et un humain ou un ordinateur, et parfois avec un autre objet communicant ou une machine. Exemple, des imprimantes dont les cartouches d’encre sont bientôt à sec, qui en commandent de nouvelles, directement sur le site du fournisseur sans intervention de votre part.

Tous les objets manufacturés, même les plus complexes, sont concernés. Comme les voitures qui tweetent avec un garagiste pour résoudre un problème mécanique, les réfrigérateurs qui préparent la liste des courses et les lave-linge qui gèrent eux-mêmes la consommation d’eau et d’électricité. Les lieux aussi sont connectés : des routes signalant des problèmes de circulation jusqu’aux arbres d’une forêt qui alertent par un tweet les pompiers d’un départ d’incendie.

Un marché colossal

L'internet des objets, pour quoi faire ? Interconnecter tout devrait favoriser l’émergence de la réalité augmentée, qui est la juxtaposition d’informations numérisées sur l’environnement réel qui nous entoure. La Commission européenne, qui avait lancé en avril dernier une consultation sur le sujet afin de préciser le cadre nécessaire à son développement économique et social, estime le nombre d'objets reliés à internet à 25 milliards dans le monde en 2015. Il devrait atteindre 50 milliards en 2020.

Le potentiel économique du marché émergeant de l’internet des objets est tout simplement colossal. Une opportunité de croissance qui n’a pas échappé au Premier ministre qui désirait rencontrer les principaux entrepreneurs de ce nouvel eldorado de l’économie numérique mondiale.

« Silicon Valley » à la française

Avec Fleur Pellerin, la ministre déléguée chargée des PME, de l'Innovation et de l'Economie digitale, qui participait lors du LeWeb'12 à la table ronde « Examining the European Tech Ecosystem », le gouvernement annonce vouloir faire de Paris une capitale numérique en créant une « Silicon Valley » à la française dans un quartier de Paris ou en proche banlieue, sur le modèle de la Tech City à Londres. Ce nouveau pôle de compétitivité favoriserait la croissance et la création de start-up innovantes dans le domaine de l'internet des objets et attirerait des investisseurs, selon la ministre.

Pour autant, les décideurs et les industriels qui s’intéressent à l’interconnexion des objets physiques dans le cyberespace se placent sur un plan strictement économique. L’internet des objets, comme prolongement naturel d'internet tel que nous le pratiquons actuellement, offre bien plus qu’une simple opportunité de développement et de croissance. Avec le risque que les utilisateurs ressentent ces nouvelles technologies comme subies plutôt que choisies, se pose déjà la question de la surveillance et la traçabilité permanente que permet, à moindre coût, un environnement 100% connecté. Seule certitude, l’internet des objets transformera irrémédiablement nos modèles de sociétés et notre relation aux autres et au monde.

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