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Une nouvelle année pour mieux recycler le passé?

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Il s’agirait d’un comportement qui sévit dans de nombreux domaines artistiques et qui consiste à se tourner vers le passé pour mieux explorer sa créativité, quitte à en oublier sa place dans le présent. En musique, mode, dessin... de nombreux artistes s’inspirent des mouvements qui les ont précédés en y restant parfois englués. Le journaliste anglais Simon Reynolds a décrypté cette attitude dans son ouvrage Rétromania et Laurence Rémila, rédacteur en chef de la revue Schnock, la commente.

Bienvenue en 2013... ou dans les années 70, 80, 90... ? En effet, on aspire à la modernité, mais il se trouve que les artistes recyclent de plus en plus les œuvres du passé, jusqu'à en perdre la notion du présent. Le journaliste écrivain qui a mis en avant ce nouveau comportement artistique, Simon Reynolds, dépeint de façon ironique et amère dans son livre Rétromania une scène artistique contemporaine engluée dans le passé. Pour lui, ce constant retour vers « ce qui a eu lieu avant » repose sur plusieurs phénomènes de société, avec l’inévitable Internet en ligne de mire. Pour bien comprendre la tendance appuyons-nous sur une image : la culture du grenier, ce lieu où sont entreposés des archives, des reliques ou souvenir du passé entassés par de plus anciens. C’est souvent dans ces lieux chargés d’histoire que les jeunes générations viennent puiser une inspiration, des idées…

« Mémoires encore vivaces de notre patrimoine culturel »

Dans cette démarche, l'amusante et pertinente revue Schnock propose « d’échapper à l’hystérie de l’époque en faisant un pas de côté pour replonger dans des œuvres parfois oubliées, rencontrer des personnages hauts en couleur, mémoires encore vivaces de notre patrimoine culturel ». Laurence Rémila, rédacteur en chef adjoint de Technikart et rédacteur en chef de la revue explique : « Le grenier est important pour sa construction propre, pour aller de l’avant, pour mieux comprendre et apprécier. C’est un moment dans notre processus de construction. » Tout en ajoutant très rapidement : « De notre coté, nous sommes dans notre époque, pas des maniaques de la collection. Mais on s’intéresse aux obscurités certes. »

Un véritable essoufflement créatif

Pourtant, pour de nombreux artistes on pourrait dire que la sortie du grenier est de plus en plus difficile. C’est la découverte effectuée par Simon Reynolds. Le journaliste musical anglais a ainsi relevé un véritable essoufflement créatif, mais aussi conjointement une frénésie vers les artistes du passé à grand renfort médiatique de reformation, concert hommage, émissions nostalgiques... La liste est très longue de ces groupes qui se reforment, qui copient… (voir en bas de l'article) Quant à la frénésie du téléchargement, pour Simon Reynolds, elle ressemble à cela : on accumule autant qu’on peut, quitte à jeter des œuvres pas même écoutées. Et le modèle de composition musicale basée sur le sampling (utiliser des boucles de musique pour créer de nouvelles œuvres) semble souvent s’apparenter dorénavant à du recyclage.

Un retour vers un passé idéalisé voire fictif ?

Dans cette logique relevée par Simon Reynolds, on pourrait se demander : les musiciens seraient-ils devenus réactionnaires ? (la pensée réactionnaire prône un retour vers un passé idéalisé voire fictif). Laurence Rémila nuance un peu le propos : « Avant (aux débuts des années 90) il fallait que l’artiste soit annonciateur d’un changement. S’il manquait d’originalité, il était taclé par la presse ou le public. Depuis les années 2000, ne plus être original et avoir le discours qui va avec : c’est tout à fait jouable. Un artiste peut venir dire : je n’ai aucune ambition à l’originalité, ma démarche est humble et cela peut passer. » Et il tempère les vagues musicales soi-disant révolutionnaires des décennies précédentes d’un sourire: « Bon, ce n’est pas parce qu’on s’est autoproclamé inventeur de l’électroclash, qu’on en devient un génie, si ? »

Les mêmes ingrédients musicaux en modifiant juste l’assaisonnement

Dans cette veine, on peut penser à la chanteuse Lana Del Rey qui se présente comme un sex symbol des années 50 et 60. En France, le groupe Air en illustrant musicalement l’œuvre de George Méliès datant de 1902, surfe nonchalamment sur une vague archi vintage, en jouant avec des instruments d’époque voire surannées, comme le mellotron… Dans les compilations Nouvelle Vague, sur lesquelles de jeunes femmes à la plastique avantageuse susurrent des airs punks, même sentiment très passéiste. Car tout ressemble à l’original, on garde les mêmes ingrédients musicaux en modifiant juste l’assaisonnement. La new-wave, voire le punk, rejoué en bossa-nova, qui l’eut cru ? Tout est en gros dans la vinaigrette (le packaging ?) artistique, car les ingrédients demeurent des compositions du passé. Simon Reynolds a ainsi truffé son ouvrage d’une multitude d’exemples de ce type.

Un arrière-goût vintage chic à la Mad Men

Au rayon technologies, c’est la success story de la société Instagram qui donne le vertige. Partie d’une micro entreprise, Instagram a d’ailleurs été achetée par Facebook pour plus d’un milliard de dollars. Grâce au téléchargement de cette application, les utilisateurs de smartphones peuvent apprécier (modifier, recycler, assaisonner…) leurs clichés au travers de filtres des années 60, 70… Un changement de saveur pour des photos contemporaines qui font un curieux voyage dans le temps. Tout cela possède un arrière-goût de vintage chic à la Mad Men (une série américaine qui a remis à la mode les années 60 et 70), tout comme le retour fracassant des lunettes de la marque Ray-Ban qui parvient toujours à faire du jeune avec du vieux.

« On est plus journalistique que rétromaniaque »

On trouvait un petit côté Instagram à la revue Schnock avec son côté relooking du passé. Que nenni explique Laurence : « D’abord, on ne vaut pas un milliard ! Ensuite, c’est l’exact contraire. On prend une photo du passé numérisé, on la rééquilibre, on éclaicit les zones d’ombre… » Pareil pour internet : « on représente un peu ce qu’on ne trouve pas sur Youtube ou ailleurs. On est plus journalistique que rétromaniaque, en somme. D’ailleurs, j’ai du mal avec les gens bloqués dans un mouvement, très rétro. »

Pourquoi cette fascination pour le passé ?

Mais forcément, et c’est une façon de nuancer la charge de Simon Reynolds, il est difficile de se détacher du passé. Un passé qui prend, certes, de nos jours des allures monstrueuses grâce à internet et sa capacité d’archivage hors norme. Mais pourquoi cette fascination pour le passé ? « On a toujours un regard affectueux, car on vient de là. C’est comme devant une réclame Prisunic de l’époque, on est toujours attendri. » Après, il est aussi facile de « se dire que tout nouveauté est moins bien qu’avant. C’est une attitude mortifère, de vieux con et on n’est pas comme cela. »

Est-il sûr que le temps aille dans un seul sens ?

On approche le débat philosophique et Laurence Rémila nous évoque une subtile piste à emprunter avec le livre Revivre de Frédéric Worms. Où l’on apprend qu’il faut savoir revivre pour apprécier de vivre. Par exemple, l’auteur mentionne la nécessité du revivre dans le chef d’œuvre littéraire de Marcel Proust :
« On ne peut dissocier, dans A la recherche du temps perdu de Marcel Proust l'expérience du ressouvenir, inattendu, involontaire, et sa recherche plutôt sa recréation, obstinée, par l'œuvre de l'art et la force du style. »
Mais il se penche également sur le sens (on parle ici orientation) à donner au passé ou à l’avenir : « C'est la tension entre le passé et l'avenir eux-mêmes, comme s'ils n'allaient pas, en effet, dans le même sens. Est-il sûr que le temps aille dans un seul sens : tout simplement d'un seul trait vers l'avenir, ou, à l'inverse, depuis l'avenir vers le passé ? Bien plutôt sommes-nous tiraillés, entre ce qui nous tire vers l’avant et vers l'arrière. Là réside peut-être ce conflit, que nous ne voulons pas voir. Il faut bien pourtant le vivre. »
Les paroles de la chanson Revivre de Gérard Manset en sont une très belle illustration (et à quand une reprise en bossa nova ?).

Revivre
Ça signifie:
On voudrait vivre encore la même chose
Le temps n'est pas venu qu'on se repose

Il faut refaire encore ce que l'on aime,
Replonger dans le froid liquide des jours, toujours les mêmes

Et se sentir si loin, si loin de son enfance…

Gérard Manset

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