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    France

    Mariage gay : le débat sur le débat à l’école

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    Certains brandissent le spectre d’une « guerre scolaire », opposant le public et le privé, sur fond de la question : faut-il débattre à l'école du mariage pour tous ? Le ministre de l’Education Vincent Peillon vient de rappeler à l’ordre Eric de Labarre, le secrétaire général de l’enseignement catholique, qui souhaite que cette question soit discutée à l'école.

    Vincent Peillon a qualifié de « faute » l’appel qu'Eric de Labarre a adressé aux établissements catholiques. Ce dernier avait envoyé en décembre un courrier aux 8 500 chefs d’établissement, dans lequel il les encourage « à prendre les initiatives les plus adaptées pour permettre à chacun l’exercice d’une liberté éclairée à l’égard des choix aujourd’hui envisagés par les pouvoirs publics ». Autrement dit, il propose de débattre d’un projet auquel il est lui-même ouvertement hostile.

    Vincent Peillon, lui, riposte avec une lettre aux recteurs des établissements catholiques : il demande « la plus grande vigilance », il rappelle le devoir de neutralité des écoles et il souligne également que les tentatives de suicide sont cinq fois plus fréquentes chez les jeunes qui se découvrent homosexuels que chez les autres.

    Vincent Peillon déclenche les foudres de la droite

    Non, il n'y aura pas de guerre scolaire. Vincent Peillon, le ministre de l'Education, s'est défendu ce matin de vouloir rallumer le conflit entre école publique et enseignement privée. Accusation formulée ce week-end par la droite.
    La polémique politicienne se poursuit 10/10/2013 - par Pierre Firtion Écouter

    Pour la droite, c’est l’occasion rêvée de se plaindre d’une soi-disant « cathophobie » du gouvernement, à quelques jours de la prochaine grande manifestation contre le mariage gay, prévu pour dimanche 13 janvier. Ainsi, l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur Laurent Wauquiez a fustigé ce gouvernement, selon lui plein de « mépris et de haine à l’égard des religions, surtout catholique », et il a dénoncé « la grande manipulation politique qui cherche à faire culpabiliser les chrétiens ».

    Et l'ancien ministre de l'Education nationale Luc Chatel accuse le gouvernement de vouloir ressusciter la guerre scolaire entre le public et privé, mais c'est finalement lui même qui ravive cette bataille, sur laquelle les socialistes avaient capitulé en 1984. Dans le Journal du Dimanche, Luc Chatel écrit : « D'un côté, on trouve normal d'organiser des débats dans les établissements publics sans jamais invoquer la neutralité pour les empêcher [...], et de l'autre, on refuse que les enseignements privés sous contrat organisent des débats sur l'évolution de la famille et le mariage homosexuel ».

    Même son de cloche de la part de Christine Boutin, la présidente du parti chrétien-démocrate qui a accusé la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem de faire la promotion du mariage gay.

    Najat Vallaud-Belkacem rejette toute accusation de prosélytisme

    Lors d'une visite dans un collège du Loiret, un élève a posé une question sur le mariage gay à la ministre. Elle a répondu : « Ça veut dire que finalement pourront se marier des gens qui s'aiment, même s'ils sont de même sexe, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Ça va permettre plus d'épanouissement, plus de liberté, plus d'égalité dans la société. Il faut comprendre ça comme une avancée ».

    Christine Boutin y voit une différence de traitement: Dans le privé, on n'aurait pas le droit d'évoquer le sujet, mais dans le public il serait permis de plaider pour, ce à quoi la ministre a répondu qu'elle est en charge d'un large plan de lutte contre l'homophobie, qu'elle a assisté à ce titre, en octobre dernier, à une action de lutte contre l'homophobie dans un collège, qu'elle n'a pas fait de prosélytisme et que chaque élève est libre de son opinion.

    Le secrétaire général de l'enseignement catholique invoque, lui aussi, la liberté d’opinion

    Eric de Labarre prend la précaution de parler de « liberté éclairée » et reste ainsi dans les clous de la loi Debré. Cette loi, votée en 1959, autorise le financement public de l'école libre et accorde à l'Eglise la possibilité d'intervenir dans les établissements privés sous contrat, mais « dans le respect total de la liberté de conscience ». Pour franchir aucune ligne jaune, Eric de Labarre a d'ailleurs précisé qu'il ne demandait pas d'organiser des débats dans les classes avec les élèves, mais entre adultes.

    Les enseignants sont mitigés

    Reportage: faut-il en parler dans les écoles? 10/10/2013 - par Laurence Théault Écouter

    Dans le monde de l’enseignement, les avis sont partagés sur la question des débats à l’école. Le responsable départemental du privé, Jérôme Brunet, trouve plutôt normal qu'on parle du mariage gay en classe puisqu'on y évoque des thèmes comme la sexualité. D'autres pensent que l’on n’a pas encore le recul nécessaire. Alain Seksig, inspecteur de l'Education nationale et chargé de la mission « Laïcité » au Haut Conseil à l'intégration, soutient qu'on ne doit pas institutionnaliser le débat, ni transformer la classe en forum... Qu'il faut trouver le bon moment pour enseigner l'histoire contemporaine.

    Pour la présidente de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP), Valérie Marty, la lettre d'Eric de Labarre n'était rien d'autre qu'une tentative de manipulation des élèves. Elle approuve le recadrage de Vincent Peillon. Enfin, même le syndicat majoritaire chez les enseignants du privé, la FEP-CFDT, a apporté son soutien à la mise en garde du ministre. Donc, effectivement, nous ne sommes plus en 1984, aujourd'hui le privé n'est pas unanime.

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