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    France

    Dernier hommage à Jean-Bertrand Pontalis

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    Quelle est la différence entre l’autobiographie et l’autographie ? C’est Jean-Bertrand Pontalis, immense figure intellectuelle française, décédé le jour de son 89e anniversaire, ce 15 janvier, qui avait lancé jadis ce terme qu’il n’a jamais vraiment pu définir : « Cela repose sur la différence entre le ‘je’ et le ‘moi’ » expliquait-il lors d’un entretien dans l’émission Culture vive, le 26 avril 2010, à l’occasion de la parution de son livre En marge des nuits (Editions Gallimard). Retour sur les propos du psychanalyste, philosophe et écrivain, ancien élève de Sartre, disciple de Lacan et Grand Prix de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre. Extrait d’une pensée anti-narcissique : « C’est le ‘je’ qui s’exprime, ce n’est pas le ‘moi, je’ ».

    Qui est cette Alice, à qui vous dédiez ce livre ?

    Ma petite fille.

    Et vous avez eu envie de lui raconter votre vie ?


    Non, mais nous parlons beaucoup. Enfin, nous échangeons. De son côté c’est plutôt du babil, quand elle commence à dire certains mots, pas mal de mots. C’est dur, quand il faut monter des marches, c’est bon quand elle mange. Et puis elle s’entend très bien avec moi, je m’entends très bien avec elle. Donc, c’est une relation très forte.

    A une enfant, est-ce qu’on raconte sa vie comme à un adulte ?

    Non… Un instant, je raconte ma vie, si on peut dire, dans tous les petits livres que je fais, qui sont toujours assez autobiographiques. Mais je ne raconte pas ma vie dans sa continuité. Sauf peut-être, dans un livre qui était vraiment une autobiographie, qui s’appelle  L’amour des commencements. Mais même là, ce n’était pas le récit de toute une vie. Il y avait des lacunes, il y avait des pans entiers de ma vie qui n’étaient pas évoqués. C’est toujours plutôt des scènes ou des moments forts. Je suis dans cette ligne-là, puisque c’est ça qui nous réunit. C’est une série d’évocations, d’instants, de souvenirs, d’images, quelquefois des réflexions quand même. Il m’arrive aussi de réfléchir. Mais ce n’est pas du tout en continuité, avec quand même l’espoir que l’ensemble de ces fragments constitue pour le lecteur un puzzle.

    En marge des nuits est un livre de fragments, composé de très courts chapitres où le passé, le rêve, le présent, se croisent et se rencontrent. Vous avez prononcé le mot d’« autobiographie », mais en fait, vous dites écrire une « autographie ». Qu’est-ce que vous entendez par là ?

    C’est assez difficile à définir. J’ai eu le malheur de lancer ce mot il y a quelques années. Du coup, des amis m’ont dit : c’est très intéressant. Ils voulaient même organiser un colloque autour de la notion d’autographie, et aucun de nous n’est arrivé très bien à définir. Ça repose sur  la différence entre le « je » et le « moi ». Quand le « moi » est pris pour objet, est défini presque comme un autre qu’on raconte, ça c’est de l’ordre de l’autobiographie. Tandis que l’autographie, ce serait le « je » qui s’exprime, ce n’est pas le « moi, je ». Ce n’est pas le « je » qui se regarderait dans le miroir. C’est le « je » qui parle ou qui essaie de parler. Qui s’écrit lui-même, d’où le mot autographie: « auto-graphie ».

    Donc c’est moins narcissique que le « moi » ?

    Oui, c’est beaucoup moins narcissique.

    Mais est-ce que c’est l’écrivain ou le psychanalyste qui parle, en faisant ce distinguo ?

    Les philosophes l’ont souvent fait. Sartre, dans sa jeunesse, avait écrit un très beau petit livre qui s’appelait La Transcendance de l’Ego. Le « je » et le « moi » ne sont pas assimilables.

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