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Article publié le : vendredi 15 février 2013 à 19:17 - Dernière modification le : vendredi 15 février 2013 à 19:17

Elections municipales Paris 2014: la guerre des dames

Nathalie Kosciusko-Morizet.
Nathalie Kosciusko-Morizet.
Reuters

Par Véronique Rigolet

Avec l’entrée en scène de Nathalie Kosciusko-Morizet, une guerre des dames se profile dans la capitale parisienne pour les municipales de 2014. L’ancienne ministre UMP de Nicolas Sarkozy devra en effet batailler contre son ex-collègue au gouvernement, Rachida Dati, dans une primaire. Avant, éventuellement, d’affronter la candidate socialiste Anne Hidalgo.

Pour Nathalie Kosciusko-Morizet qui se lance « avec passion », selon ses propres mots, dans la tentative de reconquête de Paris - que la gauche dirige depuis maintenant près de 12 ans -, le plus dur commence sans doute maintenant avec la bataille au sein de son propre camp. Car son arrivée à Paris ne fait pas du tout le bonheur d’une partie des barons locaux de la fédération parisienne de l’UMP. A commencer par son ex-collègue au gouvernement, l’ancienne ministre de la Justice Rachida Dati – un temps sa meilleure amie et désormais sa rivale la plus farouche.

L’actuelle maire du 7e arrondissement de Paris n’a d’ailleurs pas tardé à sortir les griffes en dénonçant un véritable « tourisme électoral » et en affirmant haut et fort que « Nicolas Sarkozy ne soutenait pas la candidature de son ancienne ministre de l’Ecologie ». Et aux côtés de Rachida Dati, un autre candidat également déclaré et très énervé, le conseiller de Paris Pierre-Yves Bournazel, n’a de cesse de dénoncer « le parachutage » de NKM dans la capitale, l’accusant par ailleurs de se servir de Paris comme d'un « marchepied vers l’Elysée ».

Bref, NKM n’aura pas la tâche facile. Mais elle s’y était préparée et c’est avec humour qu’elle tente en tout cas - pour l’heure - de désamorcer les critiques. « Un parachutage ? Si c’est le cas, c’est un parachutage en Pass Navigo », ironise NKM, qui est pour l'instant maire de la ville de Longjumeau, à 15 kilomètres de Paris. Après le renoncement du centriste Jean-Louis Borloo, l’ancienne ministre veut croire qu’elle a désormais toutes ses chances lors de la primaire prévue entre la mi-avril et la mi-mai. Une primaire « ouverte » et un vote électronique qui devraient départager les candidats de la droite et du centre.

Vers un duel final NKM-Hidalgo ?

Dans son duel avec Rachida Dati, NKM possède déjà une longueur d’avance. Contrairement à l’ancienne garde des Sceaux, par ailleurs maire du très chic et droitier 7e arrondissement de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet a déjà séduit un grand nombre de responsables de l’UMP, qui jugent que son profil atypique, « bobo écolo de droite », pourrait correspondre à la sociologie parisienne et réconcilier les « beaux quartiers » et les arrondissements populaires. Bref, un profil idéal pour séduire un électorat qui s’embourgeoise tout en s’ancrant à gauche.

NKM pourrait donc être l’arme de la reconquête dans la capitale en surfant sur un éventuel vote sanction des Parisiens envers le PS et un gouvernement au plus bas dans les sondages. Avant sa candidature en janvier, les sondages la créditaient de 28% des voix contre 36% à la candidate socialiste Anne Hidalgo. Un duel final entre les deux femmes - scénario totalement inédit - n’est donc pas à écarter. Réponse avant l’été. La guerre des dames ne fait que commencer.

NKM : un animal politique

Elle aime à se définir comme une « fourmi avec des dents ». Et qu'on ne s'y trompe pas : la très rousse et très pâle NKM, qui s'affiche volontiers en gravure de mode, est avant tout un authentique animal politique. Une figure singulière dans sa propre famille politique à droite, où elle s'est imposée comme une étoile montante en devenant la porte-parole de Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle en 2012. Elle est restée très proche de l'ancien président, tout en revendiquant son indépendance. Quitte à parfois surprendre ou fâcher à l'UMP, notamment lorsqu'elle avait avoué qu'elle voterait François Hollande en cas de duel avec le Front national au second tour de la présidentielle.

NKM, l'ancienne polytechnicienne qui soufflera ses 40 bougies en mai prochain, ne manque ni de tempérament ni d'ambition. Si elle jure aujourd'hui que la mairie de Paris n'est pas un marchepied vers la présidentielle, elle n'écarte pas pour autant de participer à la primaire de 2016 dans son parti. En attendant, « l'écolo bobo de droite » rêve d'en découdre avec la candidate socialiste Anne Hidalgo à Paris. C'est loin d'être gagné, mais au pire NKM aura prouvé sa vaillance et son courage, deux vertus cardinales en politique.

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