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L'emploi, première inquiétude de la jeunesse en France

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François Hollande lance ce jeudi 21 février son chantier prioritaire de la jeunesse qui vise à améliorer le sort réservé aux jeunes notamment en matière d'emploi. Quelles sont les perspectives des jeunes face à l'emploi quand on sait que le taux de chômage est de 24,2 % pour les 15-24 ans ? Les jeunes Français affichent une spécificité : ce sont les plus pessimistes d'Europe, ils sont inquiets sur l'avenir de leur génération mais plus confiants sur leur avenir personnel.

Il est difficile d’être jeune. La crise frappe la jeunesse de plein fouet. Mais tous sont loin d’être égaux devant les difficultés. Cette inégalité-là, qui divise la jeunesse, serait la plus importante. Un fossé s’est ainsi progressivement creusé entre les jeunes non diplômés et les autres jeunes. « Tous les jeunes ne sont pas logés à la même enseigne : certains s’en sortent, d’autres non et l’écart entre ces deux jeunesses grandit inexorablement. », souligne le sociologue Olivier Galland. Il n’y a pas une, mais deux jeunesses, et c’est le critère du diplôme qui crée cette fracture .Une partie de la jeunesse « s’en sort » bon gré mal gré, finit par décrocher un CDI et accéder au logement. C’est celle qui est diplômée. L’autre partie, sans diplôme donc sans grade et sans voix, est laissée à l’écart et décroche.

Un clivage entre les diplômés et les non diplômés concernant l'emploi

En France, le diplôme joue un rôle très important dans l’insertion professionnelle. Certes, les jeunes connaissent tous des débuts difficiles, mais l’issue est très différente selon qu’ils ont ou non atteint le saint Graal du diplôme. Les premiers finissent par obtenir le plus souvent un emploi stable, le fameux CDI, qui marque l’entrée dans la vie adulte. Les autres connaissent un destin beaucoup plus aléatoire qui peut les conduire vers une pauvreté durable, voire une vie en marge de la société.

Alors, quand on s’adresse à « la jeunesse », à qui s’adresse-t-on ? Aux diplômés, qui finiront par accéder au sésame du contrat à durée indéterminé ? Ou aux autres, sans diplôme, qui restent bloqués à l’entrée du marché du travail ?

Des témoignages qui s’entrechoquent

A 21 ans, Philippe est en 3ème année de licence de physique, à l'université de Jussieu à Paris. Il n’a pas de crainte. « Dans ma filière, le taux de chômage est très bas. Il avoisine les 3 % donc je ne suis pas inquiet. »

Alric, 23 ans, n’a pas ce sentiment. Il est peu diplômé et recherche un emploi depuis longtemps. Comme chaque jour, il se rend à l’antenne jeunes de Stalingrad, un quartier populaire au nord est de Paris. « Je recherche du travail depuis longtemps, je suis prêt à prendre tous les petits boulots mais je ne trouve rien. J’ai essayé dans la restauration rapide mais on ne me rappelle jamais. Ma situation est préoccupante. Je vis seul avec ma maman. Je suis à sa charge et j’ai honte. » 

On voit bien la ligne de fracture entre ces deux jeunes. Philippe est par ailleurs aidé financièrement par ses parents, ce n'est pas le cas d'Alric qui doit aider sa mère. Depuis 30 ans, on observe une aggravation de ce clivage. Le taux de chômage atteint 40 % pour les non diplômés. Il est de deux à trois fois inférieur pour les diplômés.

Ce constat est valable même si pour certains d’entre eux, le parcours reste difficile. A 25 ans, Youri est titulaire de deux masters en sciences politiques : « J’ai l’impression d’avoir passé les mailles de la maudite reproduction sociale sur le plan scolaire. En effet je suis issu d’un milieu modeste, mes parents n’ont pas le bac. Je n’aurais pas dû arriver au niveau bac + 5 . J’ai beaucoup galèré, et aujourd’hui je suis travailleur social, ça m’intéresse mais ça ne correspond pas à mon niveau d’étude ».

Il faut aussi noter que les réseaux entrent en ligne de compte dans le parcours professionnel. Le sociologue et spécialiste des questions de jeunesse, Olivier Galland est auteur du livre Les jeunes ont-ils raison d'avoir peur ? Il y évoque un autre clivage. Contrairement à il y a vingt ans, on ne peut plus s'en sortir sans diplôme parce que la structure des emplois se déforme vers le haut. Il y a de plus en plus d'emplois cadres et professions intermédiaires, de moins en moins d'emplois ouvriers. « Par ailleurs, nous sommes en France dans une société statutaire, qui fonde le classement social sur le classement scolaire. Extrêmement élitiste, l'école fonctionne comme un grand instrument de tri qui hiérarchise les individus sur des critères académiques. Ce système fait des dégâts considérables chez ceux qui sont éliminés, et qui souvent ne réussissent pas ensuite aux niveaux inférieurs du système éducatif », explique le sociologue.

Les attitudes ont changé à l'égard du travail

Les attitudes des jeunes à l’égard du travail ont un peu changé. « Contrairement à leurs aînés, les jeunes ne considèrent pas le travail comme une valeur morale. Ils ne rejettent pas le travail mais ne sont pas prêts à tout sacrifier pour lui », explique Olivier Galland. Marius est étudiant en philosophie. Pour lui, « c’est peut-être de l’insouciance mais mes aspirations ne dépendent pas du milieu professionnel, je pense que c’est symptomatique de notre génération ».

Le système éducatif remis en question

Dans le champ de l’éducatif, les travaux du sociologue Olivier Galland invite à repenser l’école et à œuvrer à la mise en place d’une « politique de réussite de tous les élèves fondée sur la reconnaissance de la pluralité des excellences ». L’offre éducative – dans ses contenus, ses méthodes – doit être adaptée à la diversité des élèves et de leurs talents. De même, concernant la progressivité des acquisitions. « C’est la conception d’ensemble de l’éducation qui doit évoluer, ce qui suppose un affichage politique et une révolution des esprits conduisant à renoncer à l’obsession du classement scolaire » qui est à la base de l’élitisme républicain. Olivier Galland en appelle aussi à une refondation des politiques d’orientation. Il faut en finir avec la « fiction de l’autonomie qui est à la base de la philosophie de l’orientation en France ». « L’autonomie se construit, rappelle-t-il, et pour ce faire, a besoin de s’appuyer sur un dispositif d’accompagnement et de soutien rapproché et continu des élèves » via des informateurs-conseillers professionnels au fait des évolutions les plus pointues du marché du travail et des formations. Une autre piste avancée en matière d’orientation concerne les lycées professionnels : l’auteur suggère que soit mise en place une seconde de détermination professionnelle qui permettrait aux jeunes scolarisés en LP de « prendre du temps pour choisir leur orientation vers tel ou tel bac ». Il plaide enfin pour une université plus professionnalisante, pour la reconnaissance de l’engagement des jeunes et le développement de la participation des jeunes dans l’école.

Pour le sociologue, si le système de l'école française a réussi la massification ( 60 à 70 % d’une classe d’âge arrive au niveau bac), il n'a pas réussi la démocratisation. En effet, un jeune sur 5 sort du système scolaire. Toutes les analyses montrent qu'il faut tout miser sur ces élèves en difficulté. Reste à savoir si le comité interministériel pour la jeunesse en tiendra compte.

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