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    France

    Ouverture du 17e Festival de l’imaginaire : «Ce qui compte, c’est vendre»

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    L’ambition du Festival de l’imaginaire est unique au monde : faire voyager des cultures aussi rares qu’exceptionnelles pour mieux les préserver. La 17e édition, du 20 mars au 29 juin, nous offre à Paris entre autres les danses japonaises du village de Take, le système musical irakien du maqâm, le fest-noz breton et la sortie de masques des Dogons au Mali. Un festival sous le signe du dixième anniversaire de la Convention de l’Unesco pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et d’une coupe dramatique dans les subventions. Entretien avec Arwad Esber, la directrice de la Maison des cultures du monde, organisatrice du festival de l’imaginaire.

    Le Festival de l’imaginaire ouvre cette année avec le théâtre d’ombres de l’île de java Wayang Kulit. Un spectacle, dont on sort subjugué par la poésie et la force de l’imaginaire. Une expérience à l’instar du Festival de l’imaginaire ?

    Oui, ce spectacle est emblématique pour l’action que nous menons avec le festival. C’est un spectacle inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Il s’agit d’une forme artistique spectaculaire qui est ancestrale et qui véhicule des épopées millénaires, mais il y a aussi l’actualité. On ne peut pas concevoir un spectacle de Wayang Kulit en se basant uniquement sur des épopées. Le dalang doit savoir faire le lien entre ce passé, entre ce monde littéraire et les spectateurs, mais aussi avoir un regard critique sur la société contemporaine dans laquelle il vit.
     
    Cette édition est dédiée au dixième anniversaire de la Convention de l’Unesco pour la protection du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Quel rôle a joué le festival pour la sauvegarde de ce patrimoine ?
     
    Le festival de l’imaginaire a été créé en 1997, la Maison des cultures du monde en 1982. A l’époque, il n’y avait pas encore cette expression « patrimoine culturel immatériel », on parlait de « tradition ». Le fondateur de la Maison des cultures du monde, Chérif Khaznadar, avait créé en 1974 le Festival des arts traditionnels à Rennes. Donc nous sommes dans une action qui dure depuis une quarantaine d’années pour la défense du patrimoine, dans un esprit de défense de la diversité culturelle. C’est un travail de pionnier qui est extrêmement exigeant. Il faut identifier les artistes, les porteurs du patrimoine dans le monde. Il faut pouvoir décontextualiser ce patrimoine, pour le présenter en dehors de son propre contexte. Le fait d’inviter ces artistes à se présenter devant un public en France permet un retour d’image dans leur propre pays qui les renforce dans leur position, qui les encourage à poursuivre.
     
    Vous avez un exemple concret ?
     
    Dans le cadre de ce festival, il y a un exemple qui vient de Chine : le Muqam des Dolan, la musique et danse ouïgoures. Quand nous les avons invités en 2005, ils n’étaient pas inscrits au patrimoine culturel immatériel. Le fils du chanteur principal avait un regard un peu condescendant sur ce que faisait son père, sur les chants traditionnels, mais depuis qu’il a vu que son père était invité en Europe, qu’il a été reconnu, il a réfléchi. Ce 22 avril, il sera au théâtre de la Ville à Paris, à côté de son père. Il s’est révélé être un excellent chanteur qui a pris en main les choses. C’est un travail de fourmi, nous ne sommes absolument pas dans des notions de rapidité et de vitesse. Il faut que le temps prenne son temps.
     
    Le festival de l’imaginaire est unique au monde dans son approche à la fois pratique et universelle de présenter et valoriser le patrimoine culturel immatériel sur scène. La Maison des cultures du monde a été désignée par le ministère de la Culture comme le référent national dans le domaine. Comment s’explique alors la coupe d’un tiers de la subvention du ministère pour le festival, ce qui a provoqué l’annulation de trois spectacles initialement prévus au programme ?
     
    C’est paradoxal et contradictoire, parce que, en même temps, on parle et met en avant un peu partout le patrimoine culturel immatériel, notamment quand il s’agit du repas gastronomique français [déclaré patrimoine culturel immatériel en 2010, ndlr]. Évidemment, on en parle beaucoup plus facilement, parce qu’il y a des enjeux économiques derrière. Malheureusement, ce qui compte, c’est vendre. C’est contradictoire qu’on coupe les subventions de la Maison des cultures du monde qui œuvre plus que d’autres pour la défense de ce patrimoine. C’est triste et dommageable que, au moment où on parle souvent de la compréhension de l’autre, de la différence culturelle, qu’on coupe les subventions d’un outil extrêmement important.
    Il n’y a plus rien de préservé.
    Arwad Esber, directrice de la Maison des cultures du monde et organisatrice du Festival de l’imaginaire. 11/10/2013 - par Siegfried Forster Écouter

     

    Lire aussi :

    «Wayang Kulit», un jeu d’ombres avec notre imaginaire.
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    Festival de l'imaginaire, du 20 mars au 29 juin 2013.

     

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