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    Deux ans après, le département de Mayotte se sent toujours «oublié»

    media Le mouvement de grève des fonctionnaires pour l'indexation des salaires a duré dix jours. RFI/Aurore Lartigue

    En 2009, à l'issue d'un référendum, les Mahorais décidaient d'abandonner le statut de collectivité territoriale pour devenir le 101e département français et le 5e département d'outre-mer (DOM). Depuis le 31 mars 2011, ce statut est effectif et a entraîné des bouleversements profonds sur une île jeune et en proie à d'énormes problèmes. Deux ans après, à 8 000 kilomètres de la métropole, on oscille toujours entre patience et déception.

    Mayotte a bien failli célébrer les deux ans de la départementalisation au milieu des manifestations, devenues habituelles ces deux dernières années. Cette fois, les fonctionnaires réclamaient l'indexation des salaires et l'égalité avec leurs confrères m'zungus - les Blancs - qui bénéficient de primes.

    La départementalisation, Mayotte l'a souhaité à 95%. Plus que par attachement à la France, il s'agissait d'abord de rester indépendante des Comores. Les Mahorais craignant la soumission à Moroni. Avec un PIB dix fois supérieur à celui de ses voisins, les Mahorais savent qu'ils sont mieux lotis que leurs voisins. « Mayotte s'est beaucoup développé : des écoles ont été construites, les routes refaites. La départementalisation est une bonne chose, assure Ibrahim. A 51 ans, son français est hésitant comme souvent ici où la langue maternelle est le shimaoré ». Son espoir : le statut de Région ultra-périphérique (RUP) qui doit permettre en 2014 à l'île d'accéder aux fonds de l'UE.

    Un département « discriminé »

    Côté responsables, le discours est tout autre. Pour eux, Mayotte est « discriminé » par rapport aux autres DOM. « Il n'a pas fallu longtemps pour se rendre compte qu'on allait faire de nous des sous-citoyens dans un sous-département, s'emporte Rivo, le leader du SNUIPP, le syndicat des instituteurs, bien conscient que la crise économique ne va pas arranger les choses. On est au bord de l'explosion ! Ce que veulent les Mahorais, c'est l'égalité républicaine ».

    Contrée lointaine longtemps délaissée par la France, depuis une douzaine d'années, Mayotte a entamé un rattrapage à « vitesse grand V ». Le PIB par habitant a presque doublé. Mais l'île part de très loin et reste le département le plus pauvre. 92% de la population vivrait en-dessous du seuil de pauvreté métropolitain. En dépit de ce constat, elle va devoir attendre pour voir s'appliquer les mêmes droits qu'ailleurs. Pour exemple, le Revenu de solidarité active (RSA), progressivement mis en place, ne correspond aujourd'hui qu'à 37,5% du montant métropolitain.

    En 2014, de nouveaux impôts (taxe foncière et taxe d'habitation) feront leur apparition. Un sacré bouleversement, et là, souligne-t-on, il n'y aura pas de mise en place progressive comme pour les prestations sociales.

    Des dépenses toujours insuffisantes en matière d'éducation

    Pour illustrer ce traitement inégalitaire, c'est l'éducation qui revient. Depuis que Mayotte est intégrée dans la République, tous les enfants doivent être scolarisés. Mais les salles de classes manquent et les établissements sont parfois obligés de fonctionner par rotation : cours le matin ou l'après-midi. « Est-ce acceptable en France, s'indigne Thani Mohamed Soilihi, alors qu'on débat sur les rythmes scolaires ! ». Un enjeu considérable pour l'Etat quand on sait que plus de 50% de la population a moins de 20 ans et que le taux d'illétrisme bat des records. « Sauf que, relève l'économiste Antoine Math, le niveau des dépenses d’éducation par élève est encore moitié moins élevé ici que dans les autres régions ».

    Pas de miracle

    « Tous ceux qui espéraient que la départementalisation allait être la panacée sont déçus. Il n'y a pas eu de miracle », se désole le sénateur Thani Mohamed Soilihi. Et l'élu de pointer son effet pervers : « Pendant des années, au lieu de demander plus de développement, d'égalité sociale, le département a été la seule revendication ». Le nouveau préfet, Jacques Witkowski, arrivé il y a un mois, concède que l'égalité prendra du temps, 20 à 25 ans, c'est le délai promis par le gouvernement. « Dans les autres DOM, cela a pris plus de 60 ans », rappelle-t-il.

    Un argument inacceptable, pour le sénateur socialiste. « Quel département a vu en moins d'une décennie la part de son immigration clandestine représenter 40 % de la population ? », s'interroge Thani Mohamed Soilihi. La pression migratoire, voilà le principal problème auquel ce département balbutiant doit faire face.

    Polygamie interdite et justice musulmane supprimée

    On pointe aussi la responsabilité des politiques locaux. Le Conseil général, par exemple, incarne tous les problèmes de l'île. Conséquence d'années de clientélisme qui ont mené à faire gonfler le nombre d'agents sous qualifiés, son action actuelle est plombée par un déficit que la nouvelle équipe peine à résorber.

    Résultat : 80% du budget englouti en frais de fonctionnement, et seulement 3% des dépenses consacrées à l'aide sociale à l'enfance, qui devrait en constituer l'essentiel.

    Pour le député Boinali Saïd, « les Mahorais n'ont pas été suffisamment préparés à ce changement. Il faut qu'ils prennent conscience que la République c'est des droits, mais aussi des devoirs. On est encore dans une logique de colonisation où l'on attend que l'Etat français donne ».

    Musulmans à 95%, ils ont pourtant fait des concessions pour se couler dans un modèle de société occidentale. Interdiction de la polygamie, relèvement de l'âge légal du mariage, fin de la justice cadiale rendue par des juges musulmans.

    Aujourd'hui, les Mahorais aimeraient que la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » ne soit pas qu'un slogan.

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