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Aveux de Cahuzac : Jean-Marc Ayrault lui demande «de tirer les conséquences» de ses actes

Après les aveux sur l'existence de son compte en Suisse et la mise en examen de Jérôme Cahuzac pour blanchiment de fraude fiscale, Jean-Marc Ayrault a affirmé au journal de 20 h de France 2 qu'il avait été trahi par son ancien ministre du Budget, qu'il n'était au courant de rien. L'objectif de cette intervention télévisée était d'éviter que son gouvernement ne paie les pots cassés pour le mensonge de Jérôme Cahuzac.
« Je ne savais rien », a affirmé Jean-Marc Ayrault. Sans preuve du contraire et même s'il a tout de même concédé avoir eu des doutes, le Premier ministre a expliqué qu'il avait fait confiance à Jérôme Cahuzac jusqu'au bout, et que celui-ci l'avait trahi. Un Jérôme Cahuzac sur lequel il a fait porter la totale responsabilité d'une situation qui rejaillit pourtant forcément sur l'image du gouvernement et du président de la République qui avait promis la République irréprochable.
Mais sur cette question Jean-Marc Ayrault botte en touche : « Ce n'est pas parce qu'il y a eu une faute grave individuelle que vous devez porter ce préjudice à l'ensemble des responsables politiques de ce pays. » Pour cette faute individuelle, la sanction viendra de la justice. D'ailleurs, le Premier ministre n'a cessé de mettre en avant l'indépendance de la justice comme pour prouver sa bonne foi.
Cependant, pour Jean-Marc Ayrault, Jérôme Cahuzac doit assumer les conséquences politiques de ses actes : « Moi, je demande à Jérôme Cahuzac de tirer les conséquences, toutes les conséquences et de ne plus exercer des responsabilités politiques quelles qu'elles soient. »
Malgré cet effort d'explication et de justification, la situation est particulièrement délicate pour l'exécutif. Comment le président de la République et le Premier ministre pouvaient ne pas avoir les moyens de vérifier des informations dont la presse disposait ? D'ores et déjà la question a été posée par l'opposition.
Pourquoi Jérôme Cahuzac s'est-il décidé à parler ? Les révélations se sont multipliées autour de l'ancien ministre. Il y a quinze jours, le procureur de Paris, François Molins, décide d'ouvrir une instruction : la police scientifique est formelle, la voix de l'enregistrement téléphonique évoquant la détention d'un compte dans la banque suisse UBS est bien celle du ministre du Budget. Et Jérôme Cahuzac se voit contraint de démissionner. Rapidement, des informations commencent à filtrer autour des premières investigations menées par les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire. Le parquet de Genève confirme que Jérôme Cahuzac a bien ouvert un compte il y a vingt ans chez UBS, compte transféré au début des années 2000 dans un établissement suisse beaucoup plus discret, la banque Reyl. Puis en 2010, alors que Jérôme Cahuzac vient d'être nommé président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, ce compte est transféré à la succursale de cette banque suisse à Singapour. Au total, plus d'un million d'euros d'argent non déclaré en France serait passé par ce compte ; aujourd'hui, il en resterait un peu plus de la moitié. Jérôme Cahuzac savait qu'il était pris au piège. D'où ce changement de stratégie radical. Il y a quelques jours, il a donc pris un nouvel avocat renommé, Jean Veil, et il a choisi de devancer la convocation des juges. Peut-il être poursuivi pour mensonge ? On ne peut être poursuivi pour mensonge que lorsque l'on a prété serment devant un tribunal comme témoin par exemple. Mais pas là, on peut mentir à un juge lorsque l'on est mis en examen, cela fait partie du jeu judiciaire, on peut mentir à la représentation nationale, cela fait partie du jeu politique, dans ces cas de figure, la sanction est avant tout morale et l'enjeu judiciaire peut paraître dérisoire. |
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