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Eugène Boudin, «le peintre d’instants particuliers»

Pour la première fois depuis 1899, une institution parisienne organise une exposition sur Eugène Boudin. Le musée Jacquemart-André présente 65 œuvres venues du monde entier pour célébrer l’œuvre de ce peintre que Monet considérait comme son maître et qui fut un père spirituel et artistique pour les impressionnistes.
On dit que c’est en rencontrant dans sa papeterie de Honfleur des artistes parisiens venus en Normandie pour y peindre la mer, qu’Eugène Boudin se mit en tête de prendre le pinceau. Légende ou vérité, peu importe, dès ses premières toiles, son sens du détail, sa délicatesse de trait, sa sensibilité aux effets atmosphériques révèlent un talent inouï, unique en son genre, comme l’explique Laurent Manœuvre le commissaire de l’exposition : « Boudin est un homme qui peint le ciel, essentiellement la lumière, c’est un peintre de la lumière et non pas d’une lumière intemporelle. Il peint des moments très particuliers : un coucher de soleil, un lever de soleil, le soleil au zénith pendant l’été. C’est vraiment le peintre d’instants particuliers au bord de la mer. »
Boudin peint des marines, des nuages aux formes fantastiques et lumineuses, des ténèbres chaotiques, des horizons vaporeux, semblables à des coulées de métal fondu. Mais surtout, il invente un genre, celui de la scène de plage. « C’est vraiment une invention de Boudin. Cela n’existe pas avant lui. En tous cas des scènes de plage telles que lui il traite, c’est-à-dire des gens de son époque. Il peint vraiment le monde qu’il voit autour de lui. Cela est entièrement nouveau. Et ça déplaît. Cette production de plages va durer huit années de sa vie. Et cela sera une catastrophe économique. »
« Je dois tout à Boudin »
Une catastrophe économique, sans doute, mais un triomphe esthétique. La sensibilité du peintre triomphe dans ses esquisses lumineuses où il croque des jeunes filles, crinoline au vent, sur la plage de Deauville… des petites lavandières du Touquet, ou des pêcheuses de coquillages de la plage de Berck. Monsieur Boudin nous montre « les prodigieuses magies de l'air et de l'eau », s’enthousiasme Charles Baudelaire. Il n’est pas le seul. Le vieux Corot, admiratif, s’exclame : « Vous êtes le maître des ciels ». Quant au débutant Monet, il écrit « je dois tout à Boudin ».
« Monet écrira, poursuit Laurent Manœuvre, le commissaire de l’exposition, que, à ses débuts, pendant quatre années, dira-t-il, 'je me réglais exclusivement sur les conseils de Boudin'. Donc, c’est le moment où est né l’impressionnisme. C’est le moment où Monet est avec Basile, avec Renoir. Donc on voit bien que l’influence de Boudin est extrêmement importante à ce moment. »
Eugène Boudin a donc montré la voie aux impressionnistes. S’il est mort sans avoir jamais réellement réussi à percer en France, Boudin a très tôt suscité l’intérêt des amateurs américains. Dès 1896, il fait partie des peintres présentés lors de la grande exposition impressionniste organisée à New York par son marchand Durand-Ruel. Et ses plus beaux tableaux, se trouvent aujourd’hui dans des collections américaines.
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Eugène Boudin, exposition jusqu’au 22 juillet au musée Jacquemart-André, Paris.

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