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    France

    Mediapart: le site qui fait trembler les politiques

    media Page d'acceuil du site en ligne Mediapart, le 3 avril 2013.

    En cinq ans d’existence, Mediapart a déjà marqué l’histoire du journalisme d’investigation en France. Le site est à l’origine ou a pris part à certains des plus gros scandales politiques de ces dernières années que sont les affaires Cahuzac, Bettencourt ou Takieddine. Des scoops comme autant de chocs politiques qui donnent au journal en ligne une place à part dans le paysage de l’information sur le net français.

    Le 16 mars dernier, Mediapart célébrait ses cinq ans d’existence. Un événement en demi-teinte puisque le site était à l’époque encore l’objet d’attaques virulentes suite à son traitement de l’affaire Cahuzac. Une affaire révélée par Mediapart au mois de décembre mais qui, à cette époque, suscitait plutôt la méfiance des médias traditionnels. « On pensait qu’après cinq ans, il y aurait une certaine compréhension que Mediapart n’avance pas sans biscuits, estimait alors dans la presse Fabrice Arfi, auteur de l’enquête. Mais nous sommes plus que sereins dans l’affaire Cahuzac ».

    Fabrice Arfi avait raison de ne pas douter puisque quelques semaines plus tard, c’est le choc. L’ancien ministre avoue qu’il a bien eu un compte caché à l’étranger, il est mis en examen. Le scoop de Mediapart en était donc bien un, le site n’a pas flanché et son information s’est révélée solide. Un coup magistral pour un média du web.

    « Pure player », un nouveau contre-pouvoir ?

    Parce qu’il ne faut pas l’oublier mais Mediapart c’est au départ un pari, celui du « pure player » : ces médias qui n’existent que sur internet. Il n’a pas été le premier dans le genre mais s‘est inscrit dans la même logique que Rue89 ou Le Post. L’objectif affiché de ces nouveaux médias était clairement la liberté de ton, d’écriture et d’information. « Il y a un vrai problème dans les médias français au niveau de l’éco-système et de la culture démocratique, explique alors Edwy Plenel à l’origine du projet. Trop d’actionnaires privés sont extérieurs au métier de l’information et les pouvoirs publics ont l’habitude de trop intervenir, soit par leur aide financière, soit par leur contrôle, soit par leur clientélisme dans ce paysage ».

    Devenir un véritable contre-pouvoir, c’est la mission que se sont donnée les quatre fondateurs de Mediapart. Des journalistes chevronnés, reconnus puisque Gérard Desportes, Laurent Mauduit, Edwy Plenel et François Bonnet ont d’abord travaillé pour Le Monde ou encore Libération. Pour y arriver, ils misent sur le journalisme d’investigation, estimant que ce genre n’est plus viable dans la presse traditionnelle. Pour cela, Mediapart repose sur une importante rédaction car, dès la première année, près de 24 journalistes sont embauchés. Le site en ligne compte actuellement près de 45 collaborateurs.

    Rapporteur d’affaires

    Une stratégie qui fait mouche au vu des affaires sorties par Mediapart ces dernières années. La plus illustre est sans conteste l’affaire Bettencourt. « Sarkozy, Woerth, fraude fiscale: les secrets volés de l'affaire Bettencourt », c’était le titre de choc en Une du site après que la rédaction ait mis la main sur des écoutes téléphoniques impliquant les hautes sphères de l’Etat. Ecoutes qui seront ensuite mises en ligne par le site sous leur forme audio, suscitant un très fort impact médiatique.

    « Les enregistrements ont marqué le début de l’histoire impliquant notre journal, même si nous avions déjà traité plusieurs angles de l’affaire », confiait à France24.com Sylvain Bourmeau, alors journaliste à Mediapart et qui a depuis rejoint Libération. L’affaire de famille se transforme véritablement en affaire politique lorsque l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy est directement mis en cause, moins d'un mois plus tard, suite au témoignage de l'ancienne comptable des Bettencourt, Claire Thibout. « L'ex-comptable des Bettencourt accuse: des enveloppes d'argent à Woerth et à Sarkozy », titre Mediapart.

    Viendra ensuite l’affaire Takieddine, au carrefour des affaires financières relatives aux relations entre feu Mouammar Kadhafi et la présidence Sarkozy, et au dossier Karachi, largement traité par Mediapart dès septembre 2008. Cette affaire de corruption présumée lors de la présidentielle de 1995 éclabousse au passage plusieurs proches de l'ancien président.

    Et alors que l’on accuse Mediapart de taper uniquement sur la droite, le journal accuse enfin, en décembre 2012, l’un des ministres  socialistes de François Hollande de cacher un compte à l’étranger. « On nous a soupçonnés d’être obsédés par Sarkozy, note Edwy Plenel. Mais avec les affaires Karachi, Takieddine ou Bettencourt, nous avons simplement fait un travail d’intérêt public. L’affaire Cahuzac apporte la démonstration de notre bonne foi sous la présidence précédente, puisque nous continuons avec François Hollande ».

    Un modèle économique viable

    Sacré meilleur site de l’année 2010 par CB News, Mediapart est un modèle qui fonctionne. Contrairement à la tendance en 2007 qui prônait plutôt la gratuité des contenus sur internet, le site a misé sur un accès au journal payant. Avec près de 65 000 abonnés, le pure player est rentable depuis deux ans et fait figure d’exception dans l’information sur le net en France.

    En 2012, « nous avons réussi à faire six millions de chiffre d’affaires par rapport aux cinq millions de l’année précédente et à dégager 700 000 euros de résultat net. C’est encourageant, mais c’est encore fragile, car Mediapart ne vit que du soutien de ses lecteurs, de ses abonnés - sans publicité, sans subventions, sans mécène », insiste bien Edwy Plenel. Et depuis mardi, le nom du site est dans tous les médias, laissant penser que le nombre d’abonnés devrait s’envoler dans les jours qui viennent.

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