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    France: la semaine noire de l’exécutif français, dans la tourmente de l’affaire Cahuzac

    media Jérome Cahuzac, alors ministre du Budget, donnant une conférence de presse sur l'évasion fiscale, le 20 novembre 2012 à Nanterre, en banlieue parisienne. AFP/François GUILLOT

    Trois jours après les aveux de l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac, le président François Hollande et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault tentent désormais de trouver de possibles issues à la crise. Mais depuis mardi 2 avril, rien ne va plus pour le tandem exécutif. Récit d’un tsunami politique.

    C’est un mardi à marquer d’une pierre noire pour la gauche, un tournant dans le quinquennat de François Hollande. C’était il y a tout juste trois jours. Il est alors à peine 17h à Paris quand on apprend que Jérôme Cahuzac vient de passer aux aveux et qu’il reconnaît détenir un compte en Suisse. A peine révélée, l’information fait l’effet d’une bombe. Une véritable déflagration politique, comme on en a peu connu sous la Ve République. Et un véritable coup de massue pour la gauche qui a toujours voulu croire et jusqu’au bout à l’innocence de Jérôme Cahuzac. L’ex-ministre du Budget, qui avait juré « les yeux dans les yeux » au président Hollande qu’il n’avait jamais eu de compte à l’étranger, qui l’avait également affirmé devant l’Assemblée nationale.

    Mardi dernier, la dure réalité des aveux a littéralement pris tout le monde de court. « Il nous a trahis », a rapidement lâché le Premier ministre Ayrault. « C’est une impardonnable faute morale », a tranché le président Hollande dans un communiqué en fin d’après-midi. Pour les deux têtes de l’exécutif - déjà au plus bas dans les sondages - ces révélations sont désastreuses. La « République exemplaire » revendiquée par François Hollande vient d’être battue en brèche. Et l'opposition de s’engouffrer dans la faille pour dénoncer « la fin de la gauche morale ».

    Pire encore, la droite dénonce « un mensonge d’Etat »

    Dans la foulée des révélations de Jérôme Cahuzac, Jean François Copé, le patron de l’UMP - comme de nombreux responsables de droite -, s’en prend directement à François Hollande en évoquant un possible « scandale d’Etat », sur le thème du « difficile de croire qu’ils ne savaient pas… ». Un soupçon partagé par les alliés de gauche du gouvernement, Jean-Luc Mélenchon en tête, mais également par les communistes et Europe Ecologie-les Verts.

    Face à l’adversité, le pouvoir organise alors la riposte. Sans grand succès. C’est le Premier ministre Ayrault qui est dépêché dès mardi soir au 20h de France 2 pour tenter d’éteindre l’incendie Cahuzac. Il jure qu’il ne savait rien. Dès le lendemain, avant de partir en visite d’Etat au Maroc, le président enregistre, quant à lui, une courte et solennelle déclaration. Il annonce notamment des lois pour une moralisation de la vie politique. Mais là encore, son intervention ne réussit pas à calmer les esprits. Ce soir-là, mercredi après une séance houleuse à l’Assemblée nationale, le chef de l’opposition Jean-François Copé monte encore d’un cran dans ses attaques en réclamant « un changement complet de gouvernement, Premier ministre y compris ».

    Le président piégé par la faute d’un seul homme

    Le chef de l’Etat se retrouve piégé entre deux accusations : soit d’avoir couvert Cahuzac et donc d’avoir commis un mensonge d’Etat, soit, à défaut, d’avoir fait preuve de beaucoup de naïveté et d’amateurisme en ayant fait aveuglement confiance à son ministre du Budget. Face à de telles accusations, François Hollande garde la même ligne de défense depuis trois jours. A savoir : « c’est la faute d’un seul homme, pas une faute qui entache tout le gouvernement ». C’est ce qu’il a martelé hier, jeudi, lors d’une courte conférence de presse à Rabat, au Maroc, en excluant toute idée de remaniement. Un président Hollande, il faut le dire, d'autant plus affaibli que ce même mercredi éclate l'affaire Offshore Leaks qui révèle que son trésorier de campagne, Jean-Jacques Augier, possède un compte aux îles Caïmans… ambiance…

    Hollande cherche les moyens d’une possible sortie de crise

    Alors que l'opposition exige un « changement complet de gouvernement », il n’est pas question pour le président de remanier dans l'urgence. Déjà très affaibli par la crise, il ne veut pas en plus donner le sentiment de réagir aux injonctions de la droite. L'idée d'un remaniement est donc écartée, pour le moment en tout cas. Car dans l'entourage de François Hollande, ils sont nombreux à plaider en faveur d'un changement d'équipe. Seul moyen selon eux de créer l’électrochoc nécessaire pour sortir de la tourmente.

    Le président a déjà allégé son agenda ces prochains jours afin de réfléchir aux possibles scénarios de sortie de crise. L'arme du remaniement en fait bien sûr partie avec l'idée notamment d'un gouvernement resserré. Avec ou sans Jean-Marc Ayrault à Matignon ? Avec quel nouveau cap politique ? François Hollande se laisse le temps d'y réfléchir, manière également de laisser passer le plus gros de la tempête. Même si à 27% de popularité dans les sondages - un record historique à la baisse - le chef de l’Etat sait qu’il doit agir sans trop tarder pour reprendre la main et tenter de regagner la confiance des Français. 

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