Cinéma - 
Article publié le : mercredi 10 avril 2013 à 16:58 - Dernière modification le : mercredi 10 avril 2013 à 16:58

«La Belle endormie», une Italie au bord de la psychose collective

"La Belle endormie" de Marco Bellocchio.
"La Belle endormie" de Marco Bellocchio.
Francesca Fago

Par Elisabeth Lequeret

C’est le retour de Marco Bellocchio. La Belle endormie s’inspire d’un fait divers de 2009 qui a secoué l’Italie : l’histoire d’Eluana Englaro, cette jeune femme plongée dans un coma depuis 17 ans. 17 années au terme desquelles son père décida de faire débrancher les machines qui la maintenaient en vie… soulevant dans le pays des réactions de soutien et de haine.

Pour Marco Bellochio, le cinéma doit avant tout déranger. Mission accomplie avec cette Belle endormie qui entremêle le destin d’une demi-douzaine de personnages, tous confrontés à ce dilemme moral : Faut-il laisser vivre ou laisser mourir ? Faut-il, ou non, débrancher la jeune femme ?

Autour du fait divers, le cinéaste invente des trajectoires : des familles se déchirent, des jeunes gens se battent dans les manifestations, un sénateur proche de Berlusconi est écartelé entre ses propres convictions et la ligne que lui dicte son parti.

Bellocchio passe au crible toutes les institutions du pays : police, hôpital, assemblée nationale, et bien sûr église. On pouvait craindre un film à thèse, mais La Belle endormie décolle peu à peu de la réalité pour devenir un conte symbolique. Le portrait tragique et grandiose d’une Italie au bord de la psychose collective.

tags: Cinéma - Italie
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