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Jean-Yves Camus: «Marine Le Pen poursuit la dédiabolisation»

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Jean-Yves Camus, historien, politologue, spécialiste de l’extrême droite, chercheur à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), a assisté ce mercredi au discours de Marine Le Pen, à l’issue du défilé du 1er-Mai du Front national. La présidente du FN a repris un de ses arguments phares : pour elle, François Hollande et Nicolas Sarkozy, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.

Jean-Yves Camus : Cet argument d’opposition frontale, que Marine Le Pen appelle le système du Parti socialiste et de l’UMP, est évidemment récurrent depuis l’origine du parti, c’est sa raison d’être presque. Mais au-delà, s’il y a quelque chose à retenir de nouveau du discours de ce 1er-Mai, c’est bien cette manière d’essayer de se présenter en patriote rassembleuse et d’expliquer que « Le Front national est profondément républicain ». C’est incontestablement une manière d’arrondir les angles et d’essayer de couper court à cette controverse qui existe dans le milieu politique autour de la nature même du Front national. Donc elle a réaffirmé très clairement que le FN était un parti qui s’inscrivait de plain-pied non seulement dans la République, mais encore qui voulait retourner aux sources de la République, notamment en termes d’égalité entre les citoyens. C’est la seule chose, à vrai dire, qui ait donné une tonalité nouvelle au discours d’aujourd’hui.

RFI : La principale évolution du discours, c’est cette dédiabolisation qui se poursuit ?

C’est incontestablement la poursuite de la dédiabolisation que Marine Le Pen recherche. En termes électoraux d’ailleurs, cela lui réussit plutôt bien puisque le Front national a remporté l’année dernière le meilleur score de son histoire à la présidentielle. Elle a aussi insisté évidemment sur les élections municipales qui sont à venir. Le processus de préparation, de formation des candidats est en cours. On a bien vu que dans son discours Marine Le Pen a insisté sur ce scrutin parce qu’il permettra peut-être au Front national, pour la première fois depuis le milieu des années 1990, de retrouver un ancrage dans la gestion municipale. Ce qui faisait un petit peu sa faiblesse, c’est que du temps de Jean-Marie Le Pen, le parti au fond ne tenait pour importante qu’une seule élection, l’élection présidentielle, parce que c’est un duel au sommet au second tour et que ça convenait parfaitement au tempérament de Jean-Marie Le Pen. Ça convient aussi à celui de sa fille, mais elle a compris qu’un parti qui dit avoir vocation à gouverner ne peut pas se passer d’avoir un maillage territorial.

Il faut donc un ancrage. Est-ce qu’on peut imaginer un scénario comme en 1995, lorsque le FN avait conquis quatre villes ? Vous voyez une poussée FN l’an prochain aux municipales ?

On peut imaginer la conquête de trois ou quatre villes, à commencer par Hénin-Beaumont avec Marine Le Pen, et puis éventuellement d’autres communes dans le quart sud-est de la France que je vois plutôt pour ma part comme étant des communes de moyenne importance, on va dire entre 10 000 et 30 000 habitants. La conquête de communes pose évidemment un problème, c’est celui de ces fameuses alliances locales, ponctuelles, entre le candidat du Front national et le candidat de l’UMP que le Front national appelle incontestablement de ses vœux et qu’une partie significative de l’électorat des deux partis considère aujourd’hui comme étant indispensable. Maintenant de l’intention à l’action, il y a évidemment, notamment en raison de l’hostilité de l’appareil de l’UMP dans ce type d’alliance, un pas qui est très compliqué de franchir.

Le FN est prêt à gouverner des villes moyennes ?

Le FN est prêt à gouverner des villes moyennes avec sa nouvelle génération de cadres. D’ailleurs sur les communes conquises en 1995, seules deux ont véritablement été problématiques en termes de gestion, Toulon et Vitrolles. Le maire de Marignane a par la suite quitté le Front national, mais son bilan finalement n’a pas donné lieu à autant de controverse que cela. Et puis, il y a le cas tout de même extrêmement intéressant d’Orange parce que si Jacques Bompard a quitté le FN, il est toujours maire d’Orange et même mieux que cela, il est député aujourd’hui. Et son épouse a conquis la ville voisine de Bollène. Donc le « frontisme municipal », comme on a appelé cela en parlant de la gestion d’Orange, c’est finalement un pari qui a réussi. Le seul problème c’est que Jacques Bompard a vogué vers d’autres cieux.

Ce frontisme municipal, il faut aussi des militants pour le construire. Où en est le FN en termes d’organisation. Est-ce que le parti se solidifie, se professionnalise aussi ?

Le parti fait un gros effort de professionnalisation des candidats, mais finalement, là aussi, rien de nouveau. Les mégrétistes avaient déjà mis en place dans les années 1990 tout un système de formation des candidats parce que, aussi, ils misaient sur l’ancrage territorial. En ce qui concerne les militants, il est très compliqué de donner un chiffre. Le Front national a indiqué à un moment donné le chiffre de 60 000, puis ensuite celui de 100 000. Marine Le Pen a répété que les adhésions étaient nombreuses mais, comme dans l’ensemble des formations politiques françaises, il n’y a pas véritablement de transparence sur le nombre des adhésions. Et puis, à vrai dire, ce n’est pas véritablement la chose principale. Ce qu’on peut dire à coup sûr, c’est que même si l’on admet qu’il y a 50 000 à 60 000 adhérents, et c’est probablement moins, ce n’est pas grand-chose par rapport à 6 millions d’électeurs.

Et la situation financière… On sait que le FN a eu beaucoup de problèmes d’argent ces dernières années ?

Les problèmes d’argent sont derrière le Front national parce que la dotation que l’Etat verse aux partis politiques est en fonction de leurs résultats électoraux, au nombre de voix. En clair, il y a un montant accordé au prorata du nombre d’électeurs et les résultats, tant de la présidentielle que des législatives, étant plutôt dans la fourchette haute, le Front national sort de la mauvaise passe financière qu’il avait connue et qui était très sérieuse après les élections désastreuses de 2007.

Le débat sur la légalisation du mariage homosexuel a permis à une frange de la droite radicale de s’exprimer. Est-ce que vous avez noté ce mercredi matin une présence accrue de catholiques traditionalistes ou d’identitaires dans les cortèges du FN ?

Absolument pas. Et d’ailleurs lorsque Marine Le Pen a parlé de l’importance de la famille, on ne peut pas dire que cela ait soulevé un tonnerre d’applaudissements dans l’assistance qui, visiblement, est beaucoup plus préoccupée, beaucoup plus réactive lorsqu’il s’agit des problèmes économiques (chômage, pouvoir d’achat, délocalisation, Europe, évidemment) et de la situation politique générale, notamment cette fameuse opposition non seulement à la gauche, mais aussi à Nicolas Sarkozy et à son bilan qui ont été très vertement éreintés par Marine Le Pen, ce mercredi matin.

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