GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mardi 29 Novembre
Mercredi 30 Novembre
Jeudi 1 Décembre
Vendredi 2 Décembre
Aujourd'hui
Dimanche 4 Décembre
Lundi 5 Décembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    France

    Affaire Tapie/Lagarde: ce que l'on attend de l'audition de l'ancienne ministre

    media

    L'ex-ministre française de l'Economie Christine Lagarde est arrivée, comme toujours très élégante et souriante, ce jeudi 23 mai au matin à la Cour de justice de la République, où elle va devoir répondre à des questions concernant l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais. Souriante, mais sans doute inquiète car l'actuelle patronne du Fonds monétaire international risque, après deux jours d'audition, d'être mise en examen pour « complicité de faux et détournement de fonds publics ».

    Que lui reproche-t-on précisément ?

    La première chose qu'on lui reproche est d'avoir tranché en faveur d'un arbitrage privé dans un conflit qui impliquait pourtant une structure publique, le Consortium de réalisation, spécialement créé pour liquider le passif du Crédit Lyonnais.

    Ce mélange des genres heurtait déjà à l'époque la sensibilité des fonctionnaires de Bercy mais la ministre de l'Economie de 2007 à 2011 serait passée outre, afin de sortir plus rapidement, selon elle, d'un imbroglio judiciaire qui durait depuis 1993 et risquait de coûter trop cher.

    Le deuxième reproche est d'avoir confié cet arbitrage privé à des juges, dont l'impartialité a rapidement été mise en doute, pour deux d'entre eux au moins.

    Enfin, elle est accusée d'avoir fait modifier le protocole initial pour y intégrer la notion de préjudice moral : c'est grâce à cette clause non prévue au départ que Bernard Tapie a pu toucher 45 millions d'euros supplémentaires de dédommagement.

    Pour les membres de la Cour de justice de la République, il semble donc qu'il y a eu l'apparence d'une procédure d'arbitrage normale, destinée à camoufler en fait une action concertée permettant de donner à Bernard Tapie les sommes qu'il n'avait pu obtenir jusqu'alors en justice.

    Christine Lagarde est-elle en train de porter la responsabilité pour d'autres ?

    C'est précisément pour établir son rôle exact, sa marge de manoeuvre à l'époque, le contexte politique dans lequel cette décision a été prise, que Christine Lagarde doit être entendue par la Cour de justice de la République.

    Le dossier a été lancé du temps où Jean-Louis Borloo était aux commandes. Mais c'est bien elle qui a apposé par la suite sa signature sur les documents. Depuis, il est apparu que Bernard Tapie avait longtemps entretenu des liens privilégiés avec l'Elysée, notamment avec Nicolas Sarkozy et Claude Guéant, qui s'est toujours montré très favorable à une procédure d'arbitrage.

    En revanche, l'homme d'affaires a reconnu avoir été plutôt « ignoré » par Christine Lagarde qui ne partage pas grand chose avec lui. Cette dernière, tout en reconnaissant sa proximité, sa dévotion même, pour l'ancien chef de l'Etat, assure qu'elle a toujours agi dans l'intérêt de son pays, sans penser à mal et sans chercher à s'enrichir de façon personnelle.

    Elle refuse d'ailleurs le rôle de « fusible » que certains voudraient lui faire jouer et souhaite assumer pleinement son choix devant la Cour. Il y a eu une perquisition en mars dernier à son domicile, une autre en février chez Claude Guéant, sans que l'on sache pour l'instant si ces dernières ont été fructueuses pour la justice.

    En cas de mise en examen, Christine Lagarde va-t-elle démissionner du Fonds monétaire international ?

    Ce sera à elle de décider. Les statuts du Fonds, révisés en 2011, ne prévoient pas une telle situation et son propre contrat de travail non plus. On peut imaginer cependant que sa position serait alors fortement fragilisée, d'autant que Bercy souhaite déposer un recours en nullité contre l'arbitrage en question, voire se constituer partie civile dans le volet non ministériel du dossier.

    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.