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    France

    Alain Bauer sur l'agression d'un militaire: «C’est la culture du renseignement en France qui pose problème»

    media L'agression avait été filmée par la vidéosurveillance et la police disposait d'images nettes. AFP / FRANCOIS GUILLOT

    Il a 22 ans et est désigné par un prénom, l’initiale de son nom. Alexandre D. a reconnu mercredi 29 mai devant le procureur de la République de Paris avoir attaqué samedi 25 mai, dans le quartier de La Défense, un militaire en patrouille qui est depuis sorti de l’hôpital. Une agression trois jours après le meurtre à Londres d’un soldat britannique par deux islamistes radicaux. Alain Bauer, criminologue, président du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), était ce jeudi 30 mai l’« Invité de la mi-journée » de RFI.

    RFI : Qu’est-ce qui est, à vos yeux, le plus significatif dans le parcours du suspect ?

    Alain Bauer : Il n’y a rien de significatif dans le parcours du suspect. Nous passons notre temps à réinventer l’eau tiède et le fil à couper le beurre. Ce qui arrive dans ce cas précis était déjà arrivé à Khaled Kelkal, Mohamed Merah, les frères Tsarnaev, à peu près tous les opérateurs terroristes ou gangs terroristes depuis une vingtaine d’années. Simplement, nous avons une immense difficulté à nous rappeler ce que nous apprenons et chaque fois qu’un événement de ce genre se passe, nous considérons qu’il s’agit d’une radicalisation individuelle comme si les terroristes n’étaient pas des individus qui se radicalisaient pour des raisons particulières.

    Il y a très peu de loups solitaires, à part peut-être Theodore Kaczynski ou Anders Breivik, identifiés dans le monde du terrorisme ; la plupart d’entre eux ce sont des gens qui ont des contacts, des liens, des relations, des contacts internet, qui ont fait des déplacements ou n’en ont pas fait, ont rencontré un prédicateur. Et on découvrira probablement dans ce cas, comme dans d’autres, qu’il y avait un processus de jihadisation qui n’a rien à voir avec un individu tout seul.

    Notre problème est culturel. Il ne s’agit pas de la compétence, de la capacité des services de renseignements à faire leur métier, ils identifient et localisent un certain nombre d’opérateurs, c’est la culture du renseignement en France, mais aussi en Angleterre ou aux Etats-Unis qui pose problème.

    Est-ce que face à la difficulté de repérer ce type d’individus, on peut dire que les services de renseignements ont failli ?

    Il n’y a aucune difficulté à les repérer puisque tous ont été repérés. Ce n’est pas le repérage qui pose problème, c’est l’analyse, c’est-à-dire la capacité à intégrer le fait que nous avons un outil qui a été formaté pour le contre-espionnage contre le KGB, un outil de renseignement général qui a été fait pour la prise en compte de l’extrémisme gauchisme, puis de l’extrême droite, mais pas des opérateurs de ce genre. Il n’est pas fabriqué pour les hybrides, il n’est pas fabriqué pour les gangs terroristes. Tout ce qui ne rentre pas dans des petites boîtes sort du jeu et de la visibilité du système. Donc le repérage fonctionne très bien. C’est la capacité d’intervention, la hiérarchisation qui est un problème. Ce n’est pas un problème de compétences ou d’intelligence, c’est un problème de culture.

    Ce n'est pas un problème d’organisation comme cela avait été soulevé après l’affaire Mohamed Merah ?

    Il n’y a qu’en France que le sujet de l’usine à gaz apparaît comme une méthode visant à empiler des bureaucraties successives. Ce n’est pas ça la question. La question est de la formation, de la culture de la transmission du savoir. Le NYPD, la police de New York qui, la première en 2005, a repéré les gangs terroristes, a dit qu'on passait d’un terrorisme importé à un terrorisme implanté, à une radicalisation de jeunes gens ayant un passé criminel et que le fait qu'ils sont entre deux cultures, que beaucoup sont des convertis, etc… était totalement ignoré et c'est sa structure qui a permis l’efficacité de cette analyse. C’est le fait justement qu’il s’était ouvert en matière de formation et d’analyse à l’expertise multiple venant des milieux du renseignement sans doute et des milieux académiques qui, eux-mêmes, ne sont pas totalement incompétents dans l’analyse de ces phénomènes.

    Ce bémol, tout de même, parce que vous dites que cela n'arrive qu'en France. On a vu à peu près la même chose en Grande-Bretagne ?

    Je suis en train de vous dire que c’est la même chose ailleurs en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Ils ont les mêmes maladies que nous. Et c’est tout le problème sauf que la police de New York, sous le regard ironique du NYPD en 2005, et qui il y a quelques semaines vient de reconnaître que le rapport de 2005 était un modèle du genre après l’avoir longuement digéré et avoir fait preuve de la traditionnelle incompétence de lisibilité des choses en termes d’analyse de cette structure fédérale, montre qu’il n’y a pas d’immenses difficultés à identifier, à repérer et parfois à analyser les choses.

    Il y a eu peu d’attentats à New York et la plupart de ceux qui ont été évités l’ont été grâce à la coopération entre de nombreux services, et surtout à l’ouverture d’esprit et à la capacité de prise en compte de ce qui est hybride et en voie de transformation. Ça fait vingt-cinq ans au moins que ce dispositif est apparu. Ça fait vingt-cinq ans au moins que beaucoup des experts extérieurs expliquent qu’ils sont là. Le problème maintenant c’est d’arriver à ce que ça pénètre du point de vue de la formation et de l’information interne des services.

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