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    France

    Manuel Valls en Corse: des propos qui fâchent

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    Climat tendu en Corse pour le troisième déplacement en un an du ministre de l'Intérieur : après un onzième homicide, puis de violents affrontements ayant opposé à Bastia les forces de l'ordre à des militants nationalistes d'un syndicat étudiant, voici que le Front de libération nationale de la Corse se dit prêt à reprendre les armes. Le FLNC dénonce notamment l'attitude ultra-jacobine de la France. Il faut dire qu'en posant le pied sur l'île, Manuel Valls a eu des mots malheureux qui ont vexé certains de ses hôtes.

    La petite phrase qui est restée en travers de la gorge de nombreux Corses, c'est quand Manuel Valls a déclaré que « la violence était enracinée dans la culture insulaire ». Plusieurs élus, indépendantistes ou UMP notamment, ont aussitôt demandé des excuses officielles, et certains ont pris la ferme résolution de boycotter toutes les réunions auxquelles ils étaient conviés.

    Ainsi, le parti autonomiste Femu a Corsica, qui compte 11 représentants sur les 51 de l'Assemblée corse, a parlé dans un communiqué « d'analyses sommaires et à l'emporte-pièce, et même d'un discours injurieux à l'égard des Corses ».

    De son côté, le ministre de l'Intérieur souhaitait surtout faire passer un message de constance et de fermeté à l'égard du crime organisé. Il est venu sur place pour la troisième fois en moins d'un an, rappeler qu'il « ne lâcherait rien ». C'est même le titre qu'a retenu pour sa Une du jour le quotidien Corse Matin. Manuel Valls insiste désormais sur le fait que les premières victimes de ces violences à répétition sont les Corses eux-mêmes, précisant tout de même « qu'il n'a jamais voulu faire de faux procès à qui que ce soit ».

    Détermination de l'Etat et résultats sur le terrain

    De la part de Manuel Valls et de son entourage, il y a, c'est sûr, une écoute soutenue des préoccupations des élus locaux, qui font souvent l'objet de pressions diverses. Expliquant « qu'être maire en Corse est plus difficile qu'ailleurs », Manuel Valls vient d'ailleurs de révéler que quinze personnalités politiques étaient secrètement protégées.

    Par ailleurs, la place Beauvau a dépêché récemment 28 policiers et 17 gendarmes en renfort, sans oublier le « groupe corse » créé au sein des offices centraux. Il y a surtout de la part des autorités un discours très volontariste et très martial. Pour autant, sur place, c'est généralement le scepticisme qui l'emporte. Même si trois personnes ont été mises en examen après l'assassinat de Maître Antoine Sollacaro, qui avait bouleversé toute l'île il y a quelques mois, on assiste en réalité à une vague de violence sans précédent.

    Avec 7 attentats et 11 homicides commis depuis le début de l'année, on enregistre même une hausse de 40% par rapport à 2012. Parallèlement, le taux de résolution des affaires reste extrêmement bas, ce que Corse Matin explique de la façon suivante : une décorsisation de la police judiciaire locale, une coordination défaillante entre la police et la gendarmerie, et surtout un manque criant de renseignement.

    Une criminalité particulière

    Coordonnateur des services de sécurité, Jean-François Lelièvre considère que la « criminalité organisée est très bien insérée en Corse dans le tissu socio-économique, très émiettée, pas du tout structurée comme une organisation mais au contraire éparpillée en plusieurs groupuscules d'individus ».

    Selon les spécialistes locaux, c'est clairement le racket qui se trouve au coeur de ce système, souvent plus que la drogue. En fait, trois grands secteurs sont à surveiller de près : le BTP, le foncier, et la légalité des marchés publics. Là encore, du côté judiciaire, il faudrait des renforts, qui ont été promis et qui sont très attendus. Il n'y a pour l'instant qu'un seul juge d'instruction en activité à Ajaccio.

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