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Culture

exposition France Marseille-Provence 2013 Culture

MuCEM : «Au Bazar du genre» on discute du sexe en Méditerranée

media Ensemble de sous-vêtements féminins (Damas, Syrie, 2009, matière synthétique, plumes, perles), exposé dans l’exposition « Au Bazar du genre, féminin-masculin en Méditerranée ». Siegfried Forster / RFI

Des soupirs et des sourires, des regards incrédules et des remarques offusquées. Voilà quelques réactions observées ce 7 juin lors de l’ouverture au public de cette exposition du MuCEM à Marseille qui ne laissera personne indifférent. « Au Bazar du genre – féminin, masculin en Méditerranée » met en scène des kits « pisse debout » et d'« hymen artificiel », des joies et des peines d’homosexuels, les revendications de personnes libres autour des questions qui fâchent dans beaucoup de pays méditerranéens : virginité, transgenre, avortement, homophobie.

Entretien avec Denis Chevallier, le commissaire de la plus troublante proposition du nouveau Musée des civilisations de l'Europe et la Méditerranée.

Au Bazar du genre, est-ce un bazar méditerranéen ?

C’est un bazar, parce qu’il y a beaucoup de choix aujourd’hui dans la manière d’affirmer son identité d’homme ou de femme, voire d’affirmer son orientation sexuelle. C’est cela que nous voulons montrer dans cette exposition.

L’exposition présente des objets d’une étonnante diversité : des corsets pour hommes, des images des Gay Pride jusqu’à une photo de la statue de la Liberté voilée. Quel est leur point commun ?

Il y a 350 objets, et parmi ces objets il y a des œuvres d’art contemporain, puis il y a aussi des objets très quotidiens, parfois des objets anodins ou surprenants. Vous y verrez par exemple un kit d’hymen artificiel qui me permet de parler de la virginité, c’est quelque chose important en Méditerranée quand on parle de la sexualité. Et à côté de cette évocation de la virginité, on a demandé à RFI de faire un montage de news concernant des crimes d’honneur, pour montrer qu’on ne rigole pas toujours avec la virginité. Il y a des situations qui sont paradoxales. Par exemple, on peut revendiquer dans des Gay Pride sa liberté d’avoir une orientation sexuelle et en même temps, il y a des Etats qui refusent l’homosexualité, qui la considèrent contre nature, qui la punissent avec des lois et des sanctions.

Il y a l’oppression, mais aussi la liberté, par exemple, quand vous montrez des strings syriens très décorés. Faut-il regarder les dessous pour détecter ce qui se passe réellement dans une société ?

Oui, derrière le bazar où l’on a l’impression d’une multitude de choix, on s’aperçoit que des individus, parce qu’ils sont conditionnés et formatés, sont amenés à être homme ou femme dans leur société, dans leur groupe, dans leur culture. C’est ce qu’on montre quand on parle des sites de rencontres sur internet. Ces sites remettent en question l’idée assez courante qu’en Méditerranée, c’est l’homogamie qui prime, c’est-à-dire de se marier entre soi, dans son clan, son village, sa religion. Mais ces sites de rencontre sont si spécialisés aujourd’hui – il y en a plus de 1200 – qu’au contraire, c’est devenu une autre manière de se marier dans son groupe. C’est un paradoxe comme le voile aussi est un paradoxe.

Photographies numériques peintes (Maroc, 2010) de Hassan Hajjaj , exposées au MuCEM : « Hayat In Veil In Pink – Blue Camo Veil In Blue – Y Bandana Veil In Green – Puma Veil in Blue – Peace in Blue – Just Do It In Blue – Stars Veil In Blue – Saida In Green Siegfried Forster / RFI

Dans l’exposition, vous brassez beaucoup de cultures et de sociétés différentes. Est-ce un point de vue français ?

J’espère que ce n’est pas trop vu d’un angle français, même si j’ai mon propre regard sur ces choses. Nous essayons de donner la parole aux témoins dans toute la Méditerranée. On voit par exemple le travail d’une ethnologue où des femmes de Sarajevo expliquent pourquoi elles portent le voile.

Une robe de mariée pink d’Act Up se retrouve à côté d’une installation qui dénonce la violence faite aux homosexuels, derrière apparaissent une « douche » sonore qui pulvérise des injures homophobes ainsi que des panneaux pour le droit à l’avortement… Est-ce une exposition engagée, voire militante ?

Cette exposition est une sorte de manifeste pour dire ce qu’un musée de société comme le nôtre peut faire passer à son public à propos à ce qui se passe aujourd’hui. En ce qui concerne le genre, cela ne peut jamais laisser indifférent. Cela touche chacun à son intimité, à sa relation avec l’autre, etc. Mon idée n’est pas d’imposer un point de vue, c’est de poser des questions, de telle façon que le public puisse à la sortie se poser des questions sur lui-même et sur sa relation à l’autre. De ce point de vue, c’est une exposition un peu militante. La deuxième raison pour laquelle c’est peut-être militant, je crois que la transformation, la dynamique, les mutations qui se sont effectuées dans le genre depuis 50 ans, partout en Méditerranée, elles viennent du fait qu’il y a des groupes – d’abord des femmes, puis des minorités sexuelles – qui ont manifesté leur envie que cela change.

Vue de l’exposition « Au Bazar du genre – féminin, masculin en Méditerranée » au MuCEM. Siegfried Forster / RFI

L’intérêt du MuCEM est aussi de faire circuler ses idées en Méditerranée. Est-ce que c’est imaginable qu’une telle exposition qui est assez explicite sur le corps et la sexualité puisse être montrée par exemple en Egypte, au Maroc ou en Tunisie ?

C’est une grande question. Moi, j’aimerais beaucoup. Si cette exposition est réduite d’un point de vue de taille, c’est justement parce qu’on s’est dit qu’elle peut être transposable dans d’autres endroits. Mais comme elle est présentée ici, cela sera difficile.

Avez-vous déjà fait des démarches pour la montrer au Maghreb ?

On a commencé à faire des démarches et on attend que certains publics ou certains responsables de différents pays ou de différents musées puissent venir et se faire une idée. Je pense que l’exposition est tout à fait transposable, mais qu’il y a des adaptations à faire. Selon les cultures où l’on se trouve, selon les langues qu’on parle, il y a des choses qu’on doit dire d’une autre manière et ma façon de le dire peut être plus difficile à entendre dans une autre culture.

RFI DOSSIER SPECIAL - MUCEM + MP2013

Au Bazar du genre – féminin, masculin, en Méditerranée, du 7 juin 2013 au 6 janvier 2014 au MuCEM à Marseille.

 

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