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Article publié le : lundi 01 juillet 2013 à 18:07 - Dernière modification le : mardi 02 juillet 2013 à 16:46

Biens mal acquis: la société-écran qui servait de cagnotte en France à Sassou Nguesso

Le président congolais Denis Sassou Nguesso à l'Elysée, le 9 avril 2013.
Le président congolais Denis Sassou Nguesso à l'Elysée, le 9 avril 2013.
AFP/Bertrand Langlois

Par Claire Arsenault

En France, les juges chargés de l’enquête sur les biens mal acquis viennent de mettre au jour un système qui permettait au président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso et à sa famille d’accumuler les richesses. Des plaintes déposées en France en 2007 par plusieurs associations ciblent également les Bongo du Gabon, ainsi que Teodoro Obiang Nguema et son fils Teodorin, rappelle ce 1er juillet, le quotidien Le Parisien.

Rien ne distingue a priori la société Franck Export de ses voisines établies dans la zone de fret de l’aéroport d’Orly, à proximité de Paris. Spécialisée dans le transport et l’entreposage de marchandises depuis 1996, l’entreprise au modeste capital de 7 622 euros et au chiffre d’affaires de 3,5 millions d’euros en 2011, n’emploie que neuf personnes si on en croit sa fiche disponible sur Internet. Pourtant, derrière cette banale façade, les juges d’instruction Roger Le Loire et René Grouman ont découvert tout un système qui servait de « tirelire » au président congolais Denis Sassou Nguesso et à sa famille. 

À guichet ouvert

L’enquête sur les biens mal acquis, ouverte en 2010, révèle donc un système qui permettait à Denis Sassou Nguesso et à son entourage de « se constituer un patrimoine monumental et assurer leur train de vie », explique Le Parisien. Ainsi les enquêteurs ont trouvé la trace de 9 millions d’euros, en provenance directe de la Direction du Trésor de la République du Gabon, qui ont transité sur les comptes de Franck Export entre 2005 et 2011.

Mais ce n’est pas tout. En épluchant les livres de compte de Franck Export, les policiers ont aussi trouvé des factures à hauteur de 2,5 millions d’euros qui étaient réglées par « des entrepreneurs bien connus au Congo, Serge Mouyi et Fidèle Ondouo » pour le bénéfice du clan Nguesso. En fait, la société Franck Export remplissait en quelque sorte le rôle de guichet ouvert pour le président congolais et les siens : entre 2005 et 2009, ce sont 1,2 million d’euros qui ont été distribués en liquide à la famille et aux amis de Denis Sassou Nguesso.

Si tous ces mouvements de fonds intriguent au plus haut point les enquêteurs, le gérant de Franck Export a quant à lui une explication bien simple. « De par ma situation privilégiée avec la présidence du Congo, je suis amené à effectuer des achats dont je ne peux garantir ou attribuer le devenir », a ainsi déclaré Franco Cantafio alors qu’il était interrogé en février 2013. Dont acte : lui, il gère, et eux se servent…

100 euros de commission

Le procédé est bien rodé, comme le relate Le Parisien. « Il s’agit d’un service que j’ai facturé sur instruction de la résidence pour transférer de l’argent à certains membres de la famille Sassou. Ayant des fonds appartenant à la présidence, des factures me sont envoyées, que l’on me demande de régler. Je prends une commission de 100 euros par opération », précise encore complaisamment le gérant.

Les premières plaintes qui interviennent dès 2007 dans ce qui devient l’affaire des biens mal acquis ne feront pas cesser pour autant ces opérations frauduleuses. Quant à Franco Cantafio, le gérant, il reconnaît ne s’être jamais posé de question sur l’origine des fonds qui transitaient par sa société. « Je recevais des fonds provenant de telle structure, c’est tout. Je n’ai pas les moyens de vérifier quoi que ce soit », s’est-il contenté de dire aux enquêteurs. Les magistrats n’ont manifestement pas été convaincus et ils l’ont mis en examen pour « complicité de blanchiment de détournement de fonds publics ». À ce jour, rapporte Le Parisien, l’avocat de Denis Sassou Nguesso en France n’a pas souhaité réagir.

Pour Jean Merckaert de l’association Sherpa, la première à avoir porté plainte dans cette affaire, les éléments rassemblés par les juges constituent une étape importante dans l’établissement de la vérité. « C’est une des premières fois, constate-t-il, qu’on découvre le mode opératoire et l’origine du financement du patrimoine constitué en France par le président Sassou Nguesso ». Le seul précédent concernait le paiement d’une Mercedes acquise par Pascaline Bongo, la fille du président décédé Omar Bongo, grâce à des chèques émis par la paierie du Gabon, dont le compte était à la Banque centrale de France. « On pourrait encore trouver, pense Jean Merckaert, plusieurs entreprises en France qui jouent le rôle de tirelire comme l’a fait la société Franck Export. »

tags: Ali Bongo Ondimba - Congo-Brazzaville - Denis Sassou-Nguesso - France - Gabon - Guinée Equatoriale - Justice - Theodoro Obiang Nguema
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(3) Réactions

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Les Français savent qu'ils ne peuvent continuer a embêter le Grand COBRA. Cela ne sert absolument à rien de ressortir ces fameux dossiers, qui ignorent les Cheik ARABES, pour tenter d'obtenir d'autres extra avantages. Le Président chinois était déjà passe par M'Foa et tout le peuple quel type de coopération est maintenant plus appréciée. Il arrivera un jour ou Otchombé ne sera plus au pouvoir et il est déjà certain que le suivant chef mettra fin au fameux contrat de spoliation des ressources pétrolières....

il n'y a qu'a se rendre dans

il n'y a qu'a se rendre dans le palais présidentiel de denis sasssou n'guesso à brazza. ou l'une de ses propriété privée; l'a vous verrez une grande partie des biens mal acquis de ce monsieur.qui à une certaine époque proclamait partout sur les chaines de télé locale"tout pour le peuple,rien que pour le peuple"!!!!!et il n'est pas le seul en afrique.

Sans pour autant ignorer ou

Sans pour autant ignorer ou ni nier la question de la mégestion en Afrique et particulierement au Congo, pays que j'avoue ne pas bien connaitre, je ne sais pas, de par ma propre logique, en quoi un président qui gère des milliards a à faire avec quelques affaires de moins d'une dizaine de millions d'euros. Les éléments de l'information manque beaucoup de détails pour étayer la dénonciation.

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