GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mercredi 15 Novembre
Jeudi 16 Novembre
Vendredi 17 Novembre
Samedi 18 Novembre
Aujourd'hui
Lundi 20 Novembre
Mardi 21 Novembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    France

    «Par les villages», les mots de Peter Handke ouvrent le Festival d’Avignon dans la Cour d’honneur

    media

    L’art, la politique et la poésie se trouvent au cœur de la pièce Par les villages. La mise en scène des mots de Peter Handke par Stanislas Nordey a ouvert, ce samedi 6 juillet, le Festival d’Avignon dans la mythique Cour d’honneur du Palais des papes. Présence de la ministre de la Culture, Aurélie Fillippetti, oblige, les intermittents se sont fait entendre avant le début du spectacle en dénonçant « une baisse record du budget de la Culture » et le danger d’« un système au bord de la paralysie ». Quand le premier comédien est entré sur scène, les manifestants se sont inclinés devant le spectacle. Le pouvoir de l’art.

    Des applaudissements brefs, quelques sifflements et des spectateurs qui ne sont pas revenus après l’entracte. Voilà comment la première s’est terminée. Il fallait tenir quatre heures et demie pour atteindre la fin de ce spectacle marqué par une mise en scène sans concessions et sans artifices.

    Avec Par les villages, Stanislas Nordey a ostensiblement pris le contrepied de Le Maître et Marguerite de Simon McBurney qui, l’année dernière, avait plongé la Cour d’Honneur dans une immersion totale en 3D. Et là où McBurney évoquait la grande Histoire, de Jésus jusqu’à Hitler et Staline, Nordey confie les murs du Palais des papes aux paroles d’ouvriers et de démunis, redevenus esclaves dans un nouveau monde « merveilleux » dans le texte poétique de l’auteur autrichien Peter Handke.

    « Mon frère m’a écrit une lettre »

    L’histoire commence d’une manière tout a fait banale : « Mon frère m’a écrit une lettre. Il s’agit d’argent. De plus que d’argent : de la maison de nos parents morts et du bout de terre où elle se trouve ». Le cadre est planté et la tragédie qui commence passe par les villages d’une vallée : « Je vois l’œuvre de mes parents disparaître ». « Chaque maison est devenue une boutique ». « La mairie a la même façade vitrée que la Caisse d’épargne à côté ». « Aucun parmi nous n'a une activité digne d’un être humain ».

    Il y est question de la mort, du retour aux origines, de l’attachement à la terre, de la solitude et de la confrontation du frère intellectuel avec sa sœur vendeuse et son frère ouvrier restés au village. L’artiste est revenu d’outre-mer avec plein de bons sentiments, les autres veulent hypothéquer la maison pour des raisons pratiques : que la sœur puisse devenir indépendante et ouvrir une boutique.

    Stanislas Nordey et Emmanuelle Béart

    L'actice Emmanuelle Béart à côté de Zaccharie Dor et du metteur en scène Stanislas Nordey dans "Par les villages" dans la Cour d'honneur du Palais des papes Christophe Raynault de Lage/Festival d'Avignon

    Une certaine économie de moyens fait partie de l’approche théâtrale de Stanislas Nordey qui joue le rôle de Hans, le frère ouvrier, à côté d’une Emmanuelle Béart qui reste pâle dans le rôle de la sœur. Dans tous les cas, l’oralité domine les gestes. Les décors, des containers bleus ou des arbres peints sur un mur, sont aussi statiques que la mise en scène. Le jeu des acteurs est défini par une étrange lenteur imposée : rien et personne ne bouge pour laisser aux mots la scène et la maîtrise de l’espace.

    C’est seulement la parole qui se déplace, se déchire, se dispute, se plaint, se console sous forme de monologues qui se rencontrent. Le mystère du texte lui rend sa beauté et au spectateur sa liberté. C’est le langage qui provoque à la fin ce tremblement de la vérité qui passe par le conflit dans les villages et par la guitare électrique d’Olivier Mellano qui effleure discrètement le récit.

    « La plus belle pièce qui ait été écrite ces cinquante dernières années »

    Depuis sa jeunesse, Stanislas Nordey admire les écrits de Peter Handke. Son grand poème dramatique, Par les villages, publié en 1981, est considéré par Nordey comme « la plus belle pièce qui ait été écrite ces cinquante dernières années ». Sa confiance totale dans les textes l’a conduit à une mise en scène d’une simplicité radicale, pour le meilleur et le pire.

    C’est extraordinaire quand l’intendante du chantier et la gardienne du cimetière (jouées par Annie Mercier et Véronique Nordey, la mère du metteur en scène) affrontent les mots et le public, comme le marin la mer déchaînée. Cela devient pénible et inaudible quand Jeanne Balibar, dans son rôle de Nova, les mains dans les poches, entretient un monologue de vingt minutes avec une voix aigue qui prêche dans le vide pour louer la force de l’Art. « Lire le livre à la maison, c’est tout aussi bien », résumait une spectatrice en sortant.


    Par les villages, de Peter Handke, dans l'excellente traduction de Georges-Arthur Goldschmidt, mise en scène par Stanislas Nordey, du 6 au 13 juillet au Festival d'Avignon.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.