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    France

    Catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge: «Un acte de sabotage n'est pas exclu»

    media Les secouristes en action à Brétigny-sur-Orge, le 12 juillet 2013. REUTERS/Kenzo Tribouillard/Pool

    L'accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, survenu le vendredi 12 juillet, a fait 6 morts. Le ministre des Transports le disait dès ce samedi matin : « Un problème humain n’est pas en cause ». Le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, l’a confirmé à midi. Ce serait « une pièce de métal défaillante dans l’aiguillage » qui serait à l’origine du déraillement des voitures de ce train Paris-Limoges. Fabian Tosolini, le secrétaire fédéral de la CFDT-Transport, donne les détails et raconte sa surprise lors de l'annonce.

    RFI: Est-ce que vous vous attendiez à la piste de la pièce défaillante dans l'aiguillage?

    Fabian Tosolini : Avant d’avoir les premiers résultats de l’enquête, vendredi soir, lorsque nous avons appris cet accident, nous avions émis plusieurs hypothèses. Le problème de l’infrastructure, des problèmes de matériel et l’acte de malveillance. A travers cette annonce et à première vue, on a donc exclu le problème matériel. Ce problème d’éclisse, qui est là pour faire la jonction entre deux rails, montre bien que c’est un problème d’infrastructure qui a provoqué ce déraillement.

    Cependant, l’étonnement nous vient quand on voit comment cela s’est passé. Toute cette enquête nous amène d’autres questions. Et il nous faudra donc attendre le résultat complet de cette enquête. Aujourd’hui, on sait finalement que c’est un problème d’éclisse mais la façon dont on nous explique comment elle a été dévissée à travers ses vis, nous laisse penser qu’il y a maintenant deux causes : soit c’est une défaillance de la maintenance puisque cette éclisse a été visitée le 4 juillet, soit c’est un acte de malveillance. On ne peut pas absolument exclure aujourd’hui qu’il y a eu un acte de sabotage sur cette éclisse surtout lorsqu’on voit la façon dont elle a été dévissée, la façon dont elle a été basculée pour entrer dans le cœur de l’aiguille.

    On parle donc de pièce matérielle très ponctuelle, très simple. Est-ce que ce type d’accident doit remettre à plat la structure même des vérifications du système de maintenance ?

    Ce que l’on sait et ce que l’on peut dire aujourd’hui, c’est qu’on a une infrastructure qui était vieillissante, qui date du temps où les opérateurs de maintenance étaient plus importants et où les équipes qui travaillaient pour la surveillance de ces voies étaient toujours aussi importantes. Là aujourd’hui, on est confrontés à quoi ? On est confronté à un manque d’investissements pour la régénération du réseau (...) qui a provoqué la réduction des personnels pour aller visiter ces voies.

    Cela ne veut pas dire que c’est parce qu'on a réduit aujourd’hui les coûts de régénération du réseau qu’on a provoqué le déraillement. Mais on ne peut pas enlever cette éventualité. Par contre, on peut mettre autant d’hommes que l’on veut sur le terrain. Si c’est un acte de sabotage, là on ne peut strictement rien faire. Enfin, il faudra vraisemblablement attendre la fin de l’enquête pour savoir si c’est un sabotage ou si c’est une défaillance de la maintenance. Par contre, ce qu’on peut déjà dire, c’est qu’il faudra nécessairement avoir un « avant » et un « après Brétigny ».

    C’est ce que laissait sous-entendre ce samedi matin le patron de la SNCF lorsqu’il disait que l’ensemble des pièces semblables du réseau allait être contrôlé. En tout cas, depuis hier, on sent un véritable choc au sein de l’opinion. Comment expliquer une telle répercussion ?

    Déjà parce qu'un tel accident tragique n’a pas eu lieu depuis de très nombreuses années. Il y en a eu un similaire, avec plus de victimes, c’était à la gare de Lyon en 1988. Mais ce qui explique aussi ce ressentiment, c’est que chaque Français a un lien très important avec le ferroviaire. L’histoire de la SNCF s’est construite en même temps que l’histoire de France. Et chacun utilise le train à un moment ou un autre dans sa vie.

    Le train, c’était le début du transport pour aller en vacances. Le train, c’est pour aller au travail tous les jours. Le train, ce sont les retrouvailles en famille. Quand il y a une tragédie ferroviaire, chaque Français est touché parce que chaque Français pourrait se dire : « Un jour peut-être, ça pourrait être moi ».

    Et il y a aussi ce sentiment très fort dans la famille cheminote qui est aujourd’hui affectée, que ce soit l’agent qui travaille dans une petite gare en province ou le chef de gare d’une grande ville. Chaque cheminot aujourd’hui, qu’il soit conducteur, contrôleur, qu’il travaille dans les voies, qu’il travaille sur les quais pour renseigner les clients, est meurtri dans sa chair parce que le cœur du métier de la SNCF, c’est de transporter les usagers et les chargements d’une façon la plus sûre possible.
     

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