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    France

    France : le «36, quai des Orfèvres» change d'adresse

    media Au 36, quai des Orfèvres, à Paris. wikipedia

    La police judiciaire, la fameuse PJ, fête cette semaine ses 100 ans et quittera, d'ici à 2016, et non sans nostalgie, le légendaire « 36 quai des Orfèvres». Dès qu'on parle de ce quartier général, installé à deux pas de Notre-Dame et du Palais de justice de Paris, sur les quais de Seine, c'est tout un passé mythique qui refait surface.

    Les policiers l'appellent tout simplement « le 36 » ou « la Boîte », et les prévenus, la « Maison pointue » en raison de sa tour inhabituelle ou la « Maison poulaga », un surnom hérité du temps où se trouvait encore sur place le marché à la volaille...

    Le « 36, quai des Orfèvres », c'est une adresse mythique et un bâtiment classé aux monuments historiques, très prisé au cinéma, qui a souvent mis en scène sa cour pavée et son escalier en colimaçon. Un escalier qui ne compte pas moins de 148 marches et qu'ont gravi les plus grands criminels de l'Histoire, comme Landru, qui faisait disparaître à petit feu ses nombreuses conquêtes, le docteur Petiot, qui assassina 63 juifs tentant d'échapper à la déportation, Jacques Mesrine qui joua pendant des années au chat et à la souris avec le commissaire Broussard, ou bien encore le violeur et tueur en série Guy Georges, que les policiers ont accueilli en silence le jour de son interpellation par une « haie de l'horreur », tellement ses crimes les avaient bouleversés...

    Le 36, quai des Orfèvres, est né il y a tout juste cent ans de la volonté d'en finir avec la fameuse bande à Bonnot, qui narguait la police à bord des premiers véhicules motorisés. C'est cette blessure d'orgueil qui permit à la PJ d'obtenir des voitures ! Puis cette dernière s'est modernisée, notamment grâce à un certain Alphonse Bertillon, le père de l'anthropologie criminelle, obsédé par les mesures en tous genres. Mais c'est surtout l'écrivain Georges Simenon qui a donné ses lettres de noblesse au 36, quai des Orfèvres qu'il a souvent lui-même arpenté pour trouver l'inspiration...

    Un monument classé mais plus adapté

    Pourtant, au fil du temps, le bâtiment s'est dégradé et s'est avéré de moins en moins adapté aux exigences du métier. Les locaux, vieillots, sont en effet trop exigus, abritant jusqu'à six fonctionnaires parfois par bureau. Ils ne sont plus aux normes, qu'il s'agisse de l'électricité, des ascenseurs, ou des risques incendies. Le fameux escalier s'avère impraticable en cas de grossesse avancée ou de béquilles. Il faut interroger les personnes âgées ou handicapées dans la salle des archives ou les porter à bras. L'été, on étouffe sous les combles ; l'hiver, on se gèle. Surtout, deux événements ont marqué les esprits et montré qu'il fallait des locaux mieux sécurisés : une tentative de suicide avortée de Nathalie Ménigon d'Action directe et en 2002, la défenestration malheureusement réussie de Richard Durn, l'homme qui venait de perpétrer un massacre au sein du Conseil municipal de Nanterre.

    De son côté, la Cour européenne des droits de l'homme n'a cessé de pester contre les mauvaises conditions de garde à vue et les inspecteurs sont les premiers à être gênés par le fait qu'au détour des couloirs, victimes et mis en cause se croisent trop facilement. Du coup, même si chaque fonctionnaire de police travaillant au « 36 » est attaché corps et âme à ce bâtiment vétuste, de plus en plus de voix plaident pour un déménagement. Et ce déménagement aura lieu bientôt puisque la PJ quittera le coeur de Paris d'ici à la fin 2016. Grande nouveauté, tous les policiers seront regroupés en un seul lieu, dans le quartier des Batignolles, dans le 17ème arrondissement.

    Le bunker des Batignolles

    Dévolu à l'origine au Village olympique si Paris avait remporté les jeux de 2012, le terrain a été acheté fin 2009 par le ministère de l'Intérieur et les 1700 fonctionnaires de la « crim' », de l'antigang, de la brigade de protection des mineurs ainsi que leurs collègues des affaires économiques et financières de la rue des Rentiers vont enfin travailler en totale synergie, dans un bunker ultra-sécurisé.

    Le projet a été révélé début juillet : c'est un bastion imprenable, avec des vitres à l'épreuve des balles, une armature anti-attentats et des zones sécurisées, parfois par authentification biométrique. Tout sera fait pour assurer la confidentialité des échanges et éviter l'identification des témoins ainsi que des fonctionnaires de police en poste. Il y aura par ailleurs des salles de visioconférence permettant au procureur de signifier la prolongation de leur garde à vue aux prévenus, et les suspects seront déférés au dépôt par un souterrain reliant directement la PJ au tout nouveau palais de justice, lui-même en construction. Surtout, et c'est sans doute le plus intéressant, tous les services censés pouvoir échanger des informations sur d'éventuels dossiers travailleront (enfin !) sur un même palier.

    Cela dit, nostalgie oblige, ce déménagement se vit quand même comme un arrachement. Alors, certains espèrent déjà que le futur bâtiment, qui sera construit rue du Bastion, dans le 17ème arrondissement de Paris, conservera son mythique numéro « 36 »... tandis que d'autres rêvent d'installer au rez-de-chaussée du 36, quai des Orfèvres le passionnant Musée de la Préfecture de police. Comme un hommage au passé.

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