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    Patrick Weil: «le regroupement familial, ce n'est plus un problème»

    media Patrick Weil. AFP

    En France, des dissensions sont apparues une nouvelle fois au sein du gouvernement. Tout est parti des déclarations de Manuel Valls, lundi 19 août, lors du séminaire consacré à la France de 2025. Le ministre de l’Intérieur aurait jeté un froid en déclarant qu’il fallait repenser le regroupement familial et la politique migratoire à l’égard de l’Afrique, notamment. Ce qui provoque l’agacement, ce mercredi 21 août, des ministres écologistes, Cécile Duflot et Pascal Canfin. Cet après-midi, Manuel Valls a refuté toute intention « de remettre en cause le regroupement familial ». Entretien avec Patrick Weil*, directeur de recherche au CNRS.

    RFI : Est-ce que, comme l’affirme ce mercredi matin Cécile Duflot, « le droit de vivre en famille est un droit qui ne souffre pas d’exception » ?

    Patrick Weil : Il est garanti par la Constitution et par la Convention européenne des droits de l’homme. Maintenant, ce n’est pas un droit sans conditions. Il faut que les gens aient des conditions de logement, des conditions de ressources. C’est un droit sous conditions, mais on ne peut pas y toucher complètement.

    Pouvez-vous nous rappeler comment se passe actuellement en France le regroupement familial. Quels sont les droits des immigrés en situation régulière ?

    Ils ont le droit, après 18 mois en France, de faire une demande de regroupement de leur conjoint et de leurs enfants. Il faut qu’ils prouvent qu’ils ont les moyens de les loger, de les accueillir, qu’ils ont les ressources suffisantes sans allocations supplémentaires. Il y a des conditions très strictes. Vous savez combien il y a de personnes qui bénéficient du regroupement familial tous les ans en France ? 16 000 personnes. On était à 80 000, il y a trente ans. On est en baisse depuis des années. Ça n’est plus un problème, le regroupement familial. C’est un faux problème. Et c’est vraiment regrettable que monsieur Valls l’ait relancé.

    Quand Manuel Valls estime que la question du regroupement familial se pose en raison de l’augmentation de la population africaine, est-ce que cela vous semble un argument non recevable ?

    La population africaine a augmenté plus que la population française depuis 25 ans, depuis 30 ans. Est-ce que vous avez vu une augmentation du regroupement familial ? Non. Il est en baisse. Ce qui est le plus gros morceau de l’immigration familiale, c’est les conjoints de Français. Vous allez empêcher les Français de choisir leur conjoint ? De demander à monsieur Valls de surveiller la vie affective de nos compatriotes ? Ça a déjà été lancé, sous Nicolas Sarkozy. Quel est le résultat ? On a un peu déstabilisé les conditions de séjour des conjoints de Français, mais on n’a pas supprimé ce droit. On ne va pas recommencer le même processus, ça ne sert à rien.

    D’après Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, à la sortie du Conseil des ministres, François Hollande a déclaré qu’il n’y avait aucun débat sur le regroupement familial. Selon vous, est-ce que cette question peut diviser profondément le gouvernement de Jean-Marc Ayrault ou est-ce que c’est juste une nouvelle étape dans la stratégie de conquête du pouvoir entamée, semble-t-il, par Manuel Valls ?

    Je vous laisse juger, je laisse les auditeurs juger. Je vous dis que c’est un débat qui a été  relancé déjà sous Nicolas Sarkozy, plusieurs fois, et que le résultat est qu’il n’a pas pu y toucher. Si Nicolas Sarkozy n'a pas pu y toucher, Manuel Valls, d’un gouvernement de gauche, pourra encore moins y toucher. Je pense en plus que ce qu’il a dit sur l’Afrique est faux, l’Afrique c’est l’un des avenirs de la France. La France a la chance, pour des raisons historiques bien sûr très compliquées, qu'il y a la moitié du continent africain qui parle français. C’est un continent qui va se développer énormément en termes économiques, de population, de richesse culturelle. C’est formidable pour la France. Il faut positiver le futur de nos relations avec l’Afrique plutôt que de faire peur à nos compatriotes.

    * Patrick Weil, auteur de Etre Français, les quatre piliers de la nationalité aux Editions de l’Aube
     

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