France: un appel aux dons individuels pour restaurer la «Victoire de Samothrace»

Installée au musée du Louvre depuis 1883, la «Victoire de Samothrace», imposante statue de marbre datant de 190 avant Jésus Christ, va quitter mardi 3 septembre son emplacement habituel pour être restaurée. Le coût des travaux est estimé à 4 millions d’euros dont 1 million, espère le musée, sera financé par des dons individuels.
Avec la Joconde et la Vénus de Milo, la « Victoire de Samothrace » qui représente la déesse Nikè, messagère de la victoire, est l’une des icônes du musée du Louvre, l’une de celles qui font se déplacer les foules et sont connues dans le monde entier. Découverte en 1863 sur l’île grecque de Samothrace, en mer Égée, cette magnifique et imposante statue de marbre (2,75 m), qui trône au musée du Louvre depuis 1883 et dont on ne connaît pas l'auteur, a besoin d’être restaurée et son environnement réaménagé.
Dix mois de travail
« Naturellement, dans un musée comme le Louvre qui accueille beaucoup de visiteurs, l’œuvre s’est beaucoup encrassée, notamment dans ses parties inférieures », explique Jean-Luc Martinez, président-directeur du Louvre. « Nous sommes également confrontés à une usure de l’environnement », ajoute-t-il. « L’escalier, qui est un des plus beaux endroits du musée, date de 1934. L’endroit a bien entendu été entretenu mais il n’a pas été restauré. »
A partir de mardi prochain 3 septembre, la statue ainsi que son socle et la proue de bateau composée de vingt-deux blocs de pierre sur laquelle elle est posée - un ensemble de 5,57 m de haut pour 32 tonnes - vont être démontés et déplacés en plusieurs étapes pour être acheminés dans une salle du musée où huit restaurateurs vont les nettoyer.
L’opération sera longue et coûteuse. La statue ne retrouvera pas sa place avant l’été 2014, alors que 4 millions seront nécessaires à sa restauration, somme qui comprend la réfection de l’escalier Daru. Pas question en revanche de rajouter une tête et des bras à cette Victoire, pour d'évidentes raisons d'esthétique et d'authenticité.
« La Victoire de Samothrace », justifie Jean-Luc Martinez, « occupe une place toute particulière dans les collections du Musée du Louvre parce que pendant très longtemps, de sa présentation à la fin du XIXe siècle jusqu’à l’ouverture de la Pyramide (en 1989 Ndlr), elle a été le premier contact avec le public, tout simplement parce que l’entrée se trouvait dans cette aile ». Malgré la Pyramide, 70 % du public emprunte encore l’escalier Daru pour pénétrer dans le musée, soit pas moins de 7 millions de personnes par an. Autrement dit, un Terrien sur mille !
Encore 1 million à trouver
C’est sur cette célébrité planétaire que table le musée pour boucler le budget de restauration en faisant appel à des dons de particuliers. Si trois mécènes (Nippon Television Holdings, Fimalac et Bank of America Merryl Lynch) ont d’ores et déjà contribué à hauteur de 3 millions d’euros, il reste 1 million à trouver avant le 31 décembre. Comme il l’a déjà fait avec succès dans un passé récent pour d’autres œuvres, le musée lance une souscription auprès des entreprises et des particuliers, sachant que les dons sont déductibles à 66 % des impôts en France. De quoi redonner tout son éclat à l’une des plus éclatantes splendeurs de l’art hellène.
- En un clic : - Les étapes de la restauration sur www.louvre.fr
- La page « Tous Mécènes » pour effectuer des dons en ligne

Delicious
Digg
Facebook
Twitter
Yahoo!
Technorati



















Réagissez à cet article
(0) Réaction