Visa pour l'image/Photojournalisme - 
Article publié le : vendredi 13 septembre 2013 à 10:50 - Dernière modification le : vendredi 13 septembre 2013 à 10:50

Visa pour l'image: voici venue la semaine des scolaires

Semaine des scolaires: rencontre avec le directeur de Visa pour l'image Jean-François Leroy
Semaine des scolaires: rencontre avec le directeur de Visa pour l'image Jean-François Leroy
Crédit: Élisa MIGDA – pour Visa pour l’Image Perpignan.

Par Tirthankar Chanda

A Perpignan, le plus grand festival du photojournalisme a fermé ses portes, mais Visa pour l’image continue après la fin de sa partie professionnelle. Les expositions photographiques qui font la réputation de ce festival seront ouvertes jusqu’au 20 septembre pour accueillir les scolaires venus de toute la France et de l’Espagne proche.

Après la semaine des professionnels (du 31 août au 7 septembre) et celle du grand public (du 08 au 15 septembre), le festival Visa pour l’image de Perpignan s’ouvre aux scolaires. Du 16 au 20 septembre, les expositions resteront ouvertes spécialement pour les groupes scolaires qui viennent de toute la France, mais aussi de l’Espagne.

« Il se passe vraiment quelque chose à la semaine des scolaires »

L’accueil des scolaires organisé par l’Association Visa pour l’image témoigne de l’ambition des responsables du plus grand festival mondial du photojournalisme d’imposer cette manifestation comme un outil pédagogique. L’objectif est d’aider les jeunes à appréhender et à déchiffrer les médias, mais aussi le monde dont les photos exposées pendant le Festival saisissent l’âpreté et la folie.

Pour Jean-François Leroy, particulièrement attaché à sa mission de transmission du savoir et de la passion des photographes-reporters qu’il accueille à Perpignan depuis 25 ans, « il se passe vraiment quelque chose à la Semaine des scolaires ! » D’ailleurs, le directeur lui-même participe à la rencontre avec les élèves, répond à leurs questions et les interroge à son tour. Cette année aussi, Leroy tout comme les photographes célébrés à Visa pour l’image - Miquel Dewer Plana, lauréat cette année du Visa d’or France 24 et RFI du webdocumentaire, Pierre Terdjman, et Bertrand Gaudillère - interviendront auprès des publics scolaires pour leur parler des différents aspects du métier du photojournalisme. Les intervenants se proposent aussi d’aider les jeunes à apprendre à analyser des photos de presse, leur structure et leur organisation esthétique.

7 000 scolaires inscrits

Lancée en 2008, en collaboration avec le CLEMI, une agence du ministère de l’Education nationale en charge de l'éducation aux medias, la Semaine des scolaires rencontre un vif succès tant auprès des professeurs que des élèves. En 2012, près de 8 000 élèves (étudiants, collégiens, lycéens) ont visité l’exposition et rencontré les photographes invités à exposer à Visa.

Pour l’édition 2013, 7000 élèves se sont déjà inscrits et cela en dépit de la décision du Conseil régional de Languedoc-Roussillon de supprimer sa subvention Education. Celle-ci permettait à l'administration du Festival de prendre en charge le coût du transport par cars des jeunes scolarisés venus de l’extérieur de Perpignan. « On a dit aux enseignants qu’on ne pourra plus payer pour le transport des élèves, mais les équipes pédagogiques ont réussi à résoudre le problème en puisant dans d’autres postes budgétaires », explique Séverine Clivillers, chargée à l’Association Visa pour l’image de l’accueil des scolaires.

« Le nombre de demandes d’inscriptions aux journées scolaires n’a cessé de s’accroître depuis son lancement en 2008 », ajoute la dernière. Ce succès s’explique, selon elle, par la potentialité didactique du photoreportage. Il permet aux jeunes Occidentaux relativement protégés des turbulences du monde extérieur de comprendre l’actualité à travers le regard du photographe qui a non seulement vu l’actualité en train de se faire, mais qui a aussi fait le choix de l’immortaliser par caméra interposée.

Ce choix est riche en leçons pour les jeunes interlocuteurs du photographe qui ne connaissent de l’actualité que son écume et ses échos lointains. Ainsi, lors de leur visite l’année dernière à l’exposition de Stéphanie Sinclair consacrée aux petites filles qu’on marie aux hommes beaucoup plus âgés qu’elles, dans le Yémen, mais aussi en Afghanistan, en Ethiopie, en Inde ou au Népal, les élèves du collège de Bon Secours de Perpignan ont pu voir en face la réalité de la condition féminine dans le monde. Cette exposition sur laquelle les élèves ont travaillé pendant plusieurs mois a donné lieu à un article dans le journal local et à un blog collectif.

Ailleurs comme ici

« Cette exposition m’a vraiment plu, c’était la plus belle mais aussi la plus effrayante, écrit dans le blog Assia, une élève de troisième. Les images ne sont pas toutes choquantes certes, mais les légendes changent notre perception de ces photos. Ainsi sur une image l’on peut apercevoir une fille âgée de maximum huit ans à côté d’un vieil homme, sûrement son grand-père ; pourtant en lisant la légende on apprend que c’est une petite assise à côté de son mari ! » Voici un autre commentaire qui revient sur la rencontre avec le photoreporter Pierre Terdjman : «L’interview avec Terdjman était très intéressante. Il a pu répondre à nos questions préparées en classe : grâce à lui, nous avons pu en apprendre sur le métier de photo-reporter et savoir les dangers auxquels il a été confronté durant ses reportages».

Mais les photos ne parlent pas toujours du lointain. Pour Séverine Clivillers, pédagogiquement parlant, l'un des grands moments de la semaine des scolaires fut certainement la rencontre des élèves en 2012 avec Bertrand Gaudillère et son exposition consacrée aux sans-papiers en France. «La misère existe ailleurs comme ici, parfois devant nos yeux, rappelle Clivillers. C’est la grande leçon de Gaudillère que les élèves qui ont assisté à son exposition ne sont pas prêts à oublier».

tags: Photographie
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