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    Tour Paris 13, Paris capitale mondiale du «street art» ?

    media La Tour 13 a accueilli, pendant sept mois, cent «street artists». Pierre René-Worms / RFI

    C'est une expérience unique, une première à Paris : pendant plusieurs mois, des artistes de rue venus de Buenos Aires, de Téhéran ou de Valparaiso, ont investi une tour de 9 étages et ont refait les appartements. Ils ont mis de la couleur sur les murs, ou au contraire tout peint en noir, défoncé les parquets, créé des cloisons avec des portes de récupération. Cette tour de Babel du street art ouvre ses portes au public pour un mois. Inventaire de la Tour 13 avant destruction. Une tour qui replace peut-être enfin Paris au centre de la carte mondiale de l'art.

    5 rue Fulton. Rive gauche, XIIIe arrondissement de Paris, entre la Grande Bibliothèque et la gare d'Austerlitz, un ancien immeuble d’habitations à loyer modéré pour cheminots attire l’œil. La peinture orange fluo semble déborder du toit. Un côté de la façade arbore des lettres arabes en mode « bubble », ce graphisme tout en rondeur propre au graffiti. « C’est un spot de folie ! ».

    Le galeriste Mehdi Ben Cheikh n’en revient toujours pas d’avoir pu obtenir la confiance de la Sablière et des bailleurs sociaux, qui lui ont confié, pour quelques mois, cette tour de neuf étages promise à la démolition. « La tour est au bord de la Seine, face au métro aérien, en entrant dans Paris on ne voit que ça ! ». Avec sa galerie Itinerrance, cela fait déjà plusieurs années que Mehdi Ben Cheikh travaille en confiance avec le maire de l’arrondissement, le socialiste Jérôme Coumet, pour organiser un parcours d’une douzaine de murs géants peints par des street artists.

    La Tour 13 pulvérise cependant les records. Car ce sont cette fois quelque 36 appartements qui ont été investis par une centaine d’artistes de rue du monde entier, issus de 20 nationalités différentes. Jérôme Coumet se souvient encore avec amusement des Argentins venus taguer la façade, côté cour intérieure du groupe d’immeubles : « On les appelle les " Rapetous " parce qu’ils escaladent à mains nues un immeuble et le taguent complètement. Ils étaient tellement contents de venir à Paris qu’ils ont réuni tous les gangs de Buenos Aires et leur ont demandé à chacun une phrase ou des signes cabalistiques. Et du coup, on a une façade très étonnante ».

    ©Pierre René-Worms

    Diversités de styles, de couleurs et de messages

    On conseille de commencer la visite par le neuvième et dernier étage, et de descendre l’escalier en prenant le temps d’entrer dans chaque appartement. Les artistes viennent d'Iran, d'Arabie saoudite, de Chine ou de Tunisie. Ou encore du Chili, comme Inti qui collectionne les projets dans le monde entier. Après avoir peint un mur de 35 mètres de long en Pologne, et avant de s'envoler pour Porto Rico, ce trentenaire originaire de Valparaiso est passé par la Tour 13, peindre trois murs de l'appartement 962 .« Mon personnage, je l’ai emprunté à la Bolivie, au carnaval, il a des grelots et il représente l’Amérique latine », dit-il.

    Comme le Brésilien Ethos, qui a investi un autre appartement du 6e étage de la Tour, Inti fait partie des artistes repérés par Mehdi Ben Cheikh, et exposé dans sa galerie Itinerrance. « Il ne travaille qu’avec le crachat de la bombe. Il vide la bombe et la peinture qui reste sort avec un petit crachat qui donne cet aspect si particulier à ses personnages difformes en noir et blanc ». Diversités de styles, de couleurs, de choix formels, de militantisme politique ou pas. Au rez-de-chaussée, une installation de Cintorino interpelle. Il a détourné des dizaines de bombes de peinture, qu’il a vidées, peint en vert militaire, et suspendues au plafond, comme autant de missiles visant une carte de la Syrie au sol. Sur le mur, il a peint « From Syria with love ».



    Partage et gratuité

    Pendant sept mois, des jeunes artistes qui ne se connaissaient pas forcément se sont croisés, ont échangé leurs techniques, ont noué des amitiés. Ils partagent les mêmes objectifs et idéaux : le Brésilien Etos peint dans la rue, pour que les citoyens se réapproprient leur ville, le Chilien Inti pour qu'elle soit plus belle. Tous ces vingtenaires ou trentenaires sont venus ici gratuitement. On leur a payé le voyage, fourni la peinture, mais ici il n'y a rien à vendre, puisque les visites sont gratuites. C'est juste un bon moyen de se faire connaître.

    Ces artistes pour qui la rue, les murs ou le matériel urbain sont des ateliers à ciel ouvert, avec ou sans la bénédiction de la police et des pouvoirs publics, appartiennent à un vaste mouvement mondial qui fera date dans l'histoire de l'art. Mehdi Ben Cheikh en est convaincu : « C’est vraiment le premier mouvement artistique totalement international, analyse ce galeriste averti et passionné. C’est comme si on avait l’impressionnisme un peu partout dans le monde, c’est-à-dire qu’il n’y aurait pas que Paris, mais une version de l’impressionnisme en Inde, en Chine ou en Amérique latine en instantané. Chacun participe avec sa culture, sa sensibilité, sa façon de voir les choses, ce qui donne une dynamique hallucinante à ce mouvement. » Et internet, avec qui le street art partage les valeurs de gratuité, de partage et de temporalité, amplifie et sert de caisse de résonnance. Désormais, quand un artiste envahit une rue de New York ou de Ouagadougou, sa communauté peut en être avertie même à l’autre bout du monde.

    Stop ou encore

    Fort logiquement, la Tour 13 a son site internet dédié : www.tourparis13.fr. Le réalisateur Thomas Lallier signe les photos, les films aussi de la visite virtuelle, étage par étage. Il prépare un documentaire qui sera diffusé dans quelques mois sur la chaîne France Ô et a suivi les artistes pendant sept mois, pendant l'occupation de la tour. Mais à la fin du mois d'octobre, la tour fermera ses portes. Sa destruction est programmée pour le début de l’année 2014. Petite astuce néanmoins sur internet : du 1er au 11 novembre, sur le site internet dédié, les internautes pourront décider de sauver les œuvres en cliquant dessus : chaque clic permettra de colorer des œuvres passées en noir et blanc pour l’occasion. Une façon de créer du trafic, et des revenus, à partir d’une opération qui a coûté plus qu’elle ne peut rapporter. Quoi qu’il en soit, la Ville de Paris sort gagnante d’une telle opération. Outre qu’elle fournit, accessoirement, une publicité bienvenue au maire à quelques mois des élections municipales, la Tour Paris 13 permet de braquer les projecteurs mondiaux sur cet arrondissement, et plus largement sur la capitale française qui aimerait bien redevenir, grâce à ce jeune mouvement street art, la capitale mondiale de l’art.

    →La tour est ouverte à la visite du 1er au 31 octobre tous les jours de 12h à 20h, sauf le lundi. Entrée gratuite. Adresse: 5 rue Fulton, Paris 13e (Métro: Quai de la Gare – Ligne 6). Pour en savoir plus, consultez le site internet www.tourparis13.fr

    Voir le reportage photo de Pierre René-Worms


     

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