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    Le scrutin, qui devait se tenir en décembre, sera organisé au plus tard au 29 juillet 2017 annonce le ministère de l'Intérieur gabonais. La décision a été prise par la Cour constitutionnelle, saisie par le Premier ministre, selon la déclaration du ministre de l'Intérieur Lambert Matha transmise à l'Agence France presse.

    France

    Journée internationale du refus de la misère: combattre la pauvreté, c’est combattre les préjugés

    media

    En France, 8,7 millions de personnes survivent avec moins de 977 euros par mois. Cela représente 14,3 % de la population, selon les derniers chiffres de l'Insee qui remontent à 2011. En ce 17 octobre, dédié traditionnellement depuis 1987 au refus de la misère, les Nations unies ont décidé de mettre l'accent sur les discriminations liées à l'origine sociale. Un thème paradoxalement peu exploré en France et dont les associations se sont aussitôt emparées car « combattre la pauvreté, c'est d'abord combattre les préjugés ».

    L'une des plus grandes violences faites aux personnes en situation de grande précarité, ce n'est pas tant la pauvreté elle-même, que le mépris qu'elle engendre. Cette discrimination-là est très insidieuse et elle fait beaucoup de dégâts. Pourtant, on en parle peu en France, habitués que nous sommes à évoluer au milieu des pauvres, sans les voir vraiment.

    Il y a bien les sans domicile fixe, qui vivent dans la rue, et qui font régulièrement la une de l'actualité quand la température chute. Mais qui s'intéresse vraiment à ceux qui comptent chaque euro et sont déjà à découvert à la moitié du mois ? Comme ce voisin en incapacité de travail, qui nourrit ses enfants aux Restos du coeur. Comme cette caissière, mère célibataire payée au lance-pierre, qui ne perçoit que 140 euros par mois de RSA activité. Comme ces enfants que leurs petits camarades traitent de « clochards » ou de « cas soc », autrement dit de « cas sociaux », dans la cour de récréation parce qu'ils sont habillés différemment ou parce qu'ils vivent en logement social.

    Ces derniers temps, avec la crise, la situation s'est tendue pour les plus fragiles non seulement sur le plan financier, mais surtout sur le plan des rapports humains. Ici, on refuse l'accès à la cantine à des enfants de chômeurs ou bien on refuse l'accès à un salon de coiffure à un homme vivant à la rue ; là, on expulse une famille venue visiter le Musée d'Orsay, sous le prétexte qu'elle est bruyante et sent mauvais. Les pauvres en ont assez d'être humiliés. Ils en ont assez qu'on les regarde avec méfiance, avec condescendance. Parfois, leur colère est si grande qu'ils décident de briser les tabous et prennent la parole pour dire leur ras-le-bol. A ce moment-là, ils nous retournent le coeur.

    Les préjugés ont la vie dure

    On nous rabaisse...
    Chantal Sans-emploi 17/10/2013 - par Véronique Moreau Écouter

    Récemment, dans les locaux d'ATD-Quart Monde, Chantal a raconté à quel point, elle souffrait de ne pas retrouver d'emploi. Autrefois, elle s'occupait d'enfants puis elle a suivi une formation pour devenir assistante de vie. Seulement voilà, à cinquante-sept ans, Chantal n'essuie que des refus, liés en partie à son âge, en partie à son apparence physique. Certains lui ont même dit qu'elle « faisait peur », c'est tout dire... Pourtant, Chantal est une femme généreuse et courageuse, qui a déjà traversé bien des épreuves. Elle explique avec beaucoup d'humilité et de sincérité qu'elle a toujours évolué dans une famille démunie, où « elle a toujours mangé à sa faim ». Aujourd'hui, ce qu'elle refuse avec vigueur, c'est « de vivre uniquement de l'assistanat ». Chantal ne comprend pas pourquoi personne ne veut lui donner sa chance.

    L'une de ses amies s'appelle Marie-France. Elle aussi a connu bien des malheurs, notamment sur le plan de la santé. Bénéficiaire de la CMU, Marie-France dénonce, non sans humour, le comportement de nombreux spécialistes, qui font tout pour ne pas la prendre en consultation : ils repoussent au maximum les rendez-vous, la découragent au téléphone, bref l'envoient se faire soigner ailleurs...

    En théorie, le refus de soins est illégal en France mais il est de notoriété publique que des dentistes, ophtalmologues ou gynécologues rechignent à recevoir des patients qui ne sont pas capables de payer les mêmes honoraires que leur clientèle habituelle. Marie-France a décidé de considérer que le RSA qui lui est attribué chaque mois servirait désormais à rétribuer son engagement militant. Elle est donc devenue une « ambassadrice des pauvres » et son visage sera prochainement placardé sur tous les murs de France, « histoire de montrer que ce n'est pas parce qu'on est pauvre qu'on est bête et incapable de faire des choses ».

    « Tous des voleurs ! »

    Vous venez d'Aubervilliers, on vous demande vos papiers...
    Marion Retraitée 17/10/2013 - par Véronique Moreau Écouter

    Souvent, origine géographique et précarité sociale sont étroitement liées. Marion en sait quelque chose, elle qui est née dans une famille bourgeoise mais vit aujourd'hui « dans le 93 », à la Courneuve. Marion « a fait des bêtises vers la quarantaine, quand elle est tombée dans la drogue ». Elle a connu la rue et vit désormais, à soixante-douze ans, très chichement. Ce qui la met en rage, c'est la différence de traitement qui existe entre les personnes en fonction de leur lieu de résidence : « Si vous vous appelez Mohammed, que vous venez du Qatar et que vous habitez Neuilly, on ne vous dit rien mais si vous habitez Aubervilliers, on vous demande vos papiers !». Il faut dire que récemment une petite mésaventure lui est restée en travers de la gorge : alors que Marion et ses amis étaient partis en balade en car à Trouville, ils ont été accueillis à leur arrivée par des gendarmes très suspicieux, sur le thème « Oh, les gars de la Courneuve, on sait ce que c'est, tous des voleurs ! ».

    Pas facile en vérité de lutter contre tous ces préjugés, conscients ou inconscients. En septembre dernier, ATD-Quart Monde a déjà tordu le cou à 80 idées reçues sur la pauvreté, dans un petit recueil qui s'est vendu à plus de 17 000 exemplaires. Un exemple parmi d'autres ? Alors qu'on n'arrête pas de nous parler de fraudes aux prestations sociales, celles concernant le RSA ne représentent que 60 millions d'euros par an. En revanche, 1,5 milliard d'euros dévolus aux bénéficiaires du RSA activité ne parviennent en réalité jamais à leurs destinataires. En attendant, en dehors de ce long et lent travail d'information, il y a aussi des actions plus fortes et plus symboliques à mener. C'est pourquoi 40 associations, syndicats et collectifs ont récemment uni leurs forces.

    Je ne veux plus...

    Le résultat, c'est d'abord une pétition en ligne que l'on peut retrouver sur www.jeneveuxplus.org. C'est aussi la proposition faite ce 17 octobre 2013 aux autorités d'ajouter la « discrimination pour cause de précarité sociale » au code pénal et au code du travail, au même titre que l'origine ethnique, la religion, bref au même titre que les 19 critères déjà existants dans la législation française.

    Cette démarche est destinée à bousculer les mentalités et à amener tout un chacun à interroger ses propres pensées et comportements au quotidien. En fait, les associations l'admettent bien volontiers, il est bien peu probable que les pauvres se mettent un jour à multiplier les procès mais le simple fait de reconnaître dans la loi qu'ils doivent être traités comme les autres leur permettrait sans aucun doute de recouvrer un peu de leur dignité.

    ARCHIVES :

    A (RE)LIRE : Lutte contre la pauvreté: les associations pointent les insuffisances du plan gouvernemental

    A (RE)LIRE : Journée mondiale du refus de la misère

    Chronologie et chiffres clés
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