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    France

    Najat Vallaud-Belkacem: «L’éviction du domicile du conjoint violent, c'est une vraie nouveauté»

    media La ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, à l'Assemblée nationale le 9 octobre 2013. AFP PHOTO / FRED DUFOUR

    Ce 25 novembre est la Journée mondiale pour l’élimination de la violence faite aux femmes. En France, les chiffres sont édifiants : une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son compagnon ; toutes les six minutes, l’une d’elles est victime d’un viol. Entretien avec Najat Vallaud-Belkacem, ministre française des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement.

    RFI : Vous avez présenté vendredi 22 novembre un plan pour lutter contre ces violences. L’accent est mis sur l’accès à la parole. Est-ce le moyen pour sauver ces femmes ?

    Najat Vallaud-Belkacem : Trop souvent malheureusement les femmes victimes soit de violences conjugales, soit de violences sexuelles, s’enferment dans une forme de culpabilité, de honte, ou sont sous emprise psychologique. Ce qui explique parfaitement pourquoi elles sont si peu à dénoncer ces violences. Il faut donc que notre société tout entière sache mieux les entendre et mieux les inciter à les dénoncer pour les aider à sortir du cycle infernal. Et la première des mesures de ce plan, c’est d’améliorer tout ce qui est l’écoute, l’accompagnement, l’accueil d’abord par un numéro de téléphone, le 39-19. Les moyens sont considérablement renforcés pour qu’il puisse répondre aux femmes de 8H00 à 22H00 tous les jours, y compris le samedi et le dimanche, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent. Avec au bout du fil des conseillers et des conseillères qui sachent leur apporter des conseils utiles, les orienter, les aider à sortir des violences. Avec aussi un accueil qui est amélioré en commissariat et en gendarmerie, avec des personnels de police et de gendarmerie qui seront formés pour pouvoir bien répondre à ces femmes, mais aussi avec la présence d’assistantes sociales, d’assistants sociaux sur place, pour répondre non seulement à leurs problèmes de sécurité, de violence, mais aussi aux problèmes sociaux qui se posent dès lors qu’une femme souhaite quitter le domicile conjugal. Puis évidemment, comment l’héberger : nous avons prévu de créer 1 650 places d’hébergement d’urgence de plus, mais aussi la prise en charge des enfants, comment rebondir, comment passer à autre chose en étant accompagné pour se faire, notamment en terme de soins, soins physiques et soins psychologiques, car on sait le traumatisme que peut créer ce type de violence.

    → A (RE) LIRE : France : un plan de lutte contre les violences faites aux femmes

    Vous évoquiez l’hébergement. Que répondez-vous à l’association Paroles de femmes qui vous invite à tester le 115, numéro d’urgence d’hébergement, souvent surchargé. N’est-ce pas une difficulté supplémentaire pour les femmes afin de se libérer de l’emprise d’un conjoint ?

    Le constat, nous le partageons bien évidemment. Et c’est précisément à cela que répond le plan. Le constat, c’est celui aujourd’hui d’une insuffisance d’hébergement et puis d’une insuffisance en effet d’écoute et d’accueil, y compris téléphonique en l’état actuel des choses. C’est précisément pour cela que ce plan - qui est doté de 66 millions d’euros, ce qui représente le double du plan précédent - a décidé de mobiliser énormément de moyens, notamment sur le 39-19 dont je redis que c’est le numéro qu’il faut appeler pour toutes les femmes victimes, mais aussi sur les hébergements d’urgence qui auront la spécificité par rapport à ce qu’on avait constaté ces dernières années d’être des places nouvellement créées, dédiées aux femmes victimes de violence. C’est-à-dire qu’on ne va pas, comme c’était la tendance, orienter les femmes vers des hébergements qui accueillent par ailleurs des sans domicile fixe, tout un public très généraliste et qui leur permet difficilement de passer à autre chose. Les femmes dans cette situation ont besoin d’être accompagnées de façon professionnelle. Donc les 1 650 places d’hébergement d’urgence que nous créons sont faites dans les conditions où elles ont en plus un accompagnement, une réinsertion sociale, une réponse à leurs besoins immédiats qu’on peut bien imaginer. Par ailleurs, sans doute la réponse la plus forte pour ce qui est de cette question de l’hébergement, elle réside dans le projet de loi d’égalité femme-homme que je défends en ce moment au Parlement dans lequel, pour la première fois, nous gravons dans le marbre le principe de l’éviction du domicile du conjoint violent.

    Est-ce une vraie nouveauté ?

    C’est une vraie nouveauté, parce qu’on sait qu’aujourd’hui cette éviction du conjoint violent du domicile, elle ne se fait que dans 6% des cas dans lesquels pourtant il faudrait le faire. Donc la première chose à faire, c’est que, à chaque fois que c’est possible, c’est à la femme de rester dans son appartement. Nous avons travaillé, y compris pour que le bail, quand il y a un bail, soit passé à son nom, etc... mais que ce soit la femme qui reste dans son appartement avec ses enfants, plutôt que le contraire. Après, qu'il y ait des situations dans lesquelles les femmes préfèrent partir, on peut le comprendre aussi, notamment par manque de sécurité. Dans ce cas-là, nous créons des hébergements d’urgence.

    Autre dossier que vous menez de front : la prostitution. Les députés examineront cette semaine votre proposition de loi sur la pénalisation. Elle vise les clients qui ont recours aux prostituées. La volonté profonde, c’est quoi ? Mettre fin à la prostitution ?

    La proposition de loi, qui va être discutée à l’Assemblée nationale en cette fin de semaine, est une proposition à la fois ambitieuse et très cohérente puisqu’elle s’appelle « proposition de loi visant à lutter contre le système prostitutionnel ». On part d’un principe simple : nous constatons aujourd’hui que la prostitution est une violence et en particulier une violence faite aux femmes. Nous nous donnons les moyens à la fois de soulager ces personnes prostituées, qui aujourd’hui sont poursuivies, sont pénalisées. Il y a un délit de racolage passif qui existe, qui fait d’elles des coupables alors que nous, nous considérons que ce sont des victimes. Donc nous abrogeons ce délit de racolage. En revanche, nous transférons la charge de la responsabilité sur les vrais responsables. Les vrais responsables du système prostitutionnel, c’est bien sûr les proxénètes, les réseaux de traite. Et nous renforçons la lutte contre ces derniers, mais c’est aussi le client qui, par la demande, alimente ce système qui est un véritable asservissement de la personne humaine.

    →A (RE) ECOUTER : Reportage France : Pénaliser le client pour lutter contre la prostitution - Débat du jour : Faut-il abolir la prostitution ?

    Nous nous donnons les moyens à la fois de faire reculer la prostitution, mais en même temps d’aider les personnes prostituées par – et c’est sans doute la mesure la plus importante de la proposition de loi - un parcours de sortie de prostitution qui est un véritable accompagnement personnalisé qui est offert à ces femmes – essentiellement des femmes - pour leur permettre d’avoir une alternative, d’avoir à la fois accès, puisque 90% d’entre elles sont des étrangères en situation irrégulière, à des papiers pour pouvoir être juridiquement sécurisées et ne plus être sous la contrainte ou sous la menace de leur réseau, d’avoir accès à un logement, d’avoir accès aussi à une formation, un emploi qui leur permette encore une fois d’avoir un autre choix que celui de la prostitution.

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