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    France

    Disparition de Lucien Neuwirth, père de la loi sur la pilule contraceptive

    media Lucien Neuwirth est interrogé en avril 1967 par Pierre Dumayet à propos de son livre Dossier de la pilule. INA.fr

    Lucien Neuwirth, le père de la pilule contraceptive en France est décédé dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 89 ans. En 1967, il avait fait voter dans une France encore très conservatrice une loi autorisant les contraceptifs.
     

    Dans une interview réalisée en 1981, Lucien Neuwirth, visage rond et bienveillant explique que ce sont les « deux femmes exceptionnelles » qui l'ont élevé dans son enfance qui lui ont fait prendre conscience de l’importance de la contraception. Il souligne : « pour moi, hommes et femmes c’est pareil », considérant dès lors que tous devaient avoir les mêmes choix pour leur sexualité, et aussi pour leur contraception.

    Né en 1924, il quitte la France à 17 ans pour rejoindre la résistance londonienne et découvre alors les premiers moyens de contraception féminins qu’il distribue généreusement à tous ses amis. Distributions qui lui vaudront très vite le surnom de « Lulu la pilule ». Après la libération en 1944, Lucien Neuwirth revient en France et devient maire adjoint de sa ville natale, Saint-Etienne. C'est à ce moment qu'il rencontre le mouvement français pour le planning familial, un terme encore étrange à l'époque, qui lui fait part de ses revendications. Une femme se confie à lui : « Moi j’en ai assez, chaque fois que mon mari rentre saoul, il me fait un gosse ! ». Elu député de droite de la Loire en 1958, il mettra son engagement politique au service de la contraception et deviendra sénateur RPR, de 1983 à 2001.

    Un contexte hostile à la contraception

    Son combat pour légaliser la contraception devient vite une bataille de tous les instants. Il doit d'abord convaincre le général de Gaulle qui, en pleine politique nataliste post-guerre, craint que « si on tolère la pilule, le sexe va tout envahir ». Il met en garde : « Nous n’allons pas sacrifier la France à la bagatelle ». Lucien Neuwirth doit également se battre au sein de son propre camp politique, l’UNR (ancêtre du RPR) farouchement opposé à sa proposition de loi.

    Pour convaincre, il réunit ses meilleurs arguments, mais l’époque n’est pas encore à la libération sexuelle. Mai 68 couve déjà dans les mœurs mais pas encore dans les couloirs du Sénat. Il prend alors le parti de convaincre pas à pas de Gaulle en lui expliquant que le temps est venu de « laisser les femmes maîtriser leur fécondité, car c'est leur fécondité ».Il obtient gain de cause lorsque le Général lui répond : « Vous avez raison, transmettre la vie doit être un acte lucide ». Malgré cet appui, les débats au Sénat seront houleux et il est qualifié de "malfaiteur public" sur les bancs de l’hémicycle. Finalement, la loi est votée en décembre 1967 et entre en vigueur quelques jours plus tard.

    Des changements longs qui résonnent encore

    Avant 1967, la vente de la pilule était tout simplement interdite en France. Au même moment, déjà, d’autres pays avaient légalisé cette pilule hormonale inventée en 1956 aux Etats-Unis. Mais c’est l’Allemagne qui autorisera la première la vente et la fabrication sur son territoire de ce moyen de maîtriser sa sexualité. En France, le sujet demeure tabou, toute publicité pour la contraception étant strictement interdite jusqu’à la loi Neuwirth. Il faut ensuite que les mœurs évoluent et que la pilule se fraye un chemin dans une société française encore très conservatrice. Les associations catholiques, l'ordre des médecins, les députés... Tous tentent de freiner le développement de la contraception dans l’hexagone. Les avortements clandestins continuent encore plusieurs années après l’adoption de la loi, et font près de 300 victimes par an dans le pays.

    Preuve de la lente évolution des mentalités, les derniers décrets d'application de la loi Neuwirth seront adoptés seulement cinq ans plus tard. De nombreux politiques saluent depuis l'annonce de son décès, la mémoire d’un défenseur des droits des femmes mais aussi celle d’un résistant. C’est également la loi Neuwirth qui ouvrira la voie au combat de Simone Veil pour l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), en 1984.
     

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