Les jardins partagés à Paris - France - RFI

 

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France

Architecture et urbanisme Environnement France Questions sociales

Les jardins partagés à Paris

media Le jardin partagé de la Goutte verte, 4, rue Cavé, dans le 18e arrondissement de Paris. RFI/Isabelle Artus

Les jardins partagés ont été créés sur le continent nord-américain dans les années 70 et beaucoup plus tard à Paris, à l’initiative d’associations d’habitants de quartiers. Convoités par les promoteurs immobiliers, ils sont aujourd’hui une centaine à Paris, principalement situés dans le nord-est de la capitale. Quelques principaux acteurs de ces territoires urbains de biodiversité témoignent ici de leur grande utilité et de leur succès grandissant.

Débroussaillons le terrain ! Les jardins partagés sont à distinguer des jardins ouvriers du 19e siècle, ensuite appelés « jardins familiaux », cultivés par les familles modestes pour leur consommation domestique. Apparus dans les années 70 outre-Atlantique, ce n’est que dans les années 90 que des associations d’habitants ont créé à Paris les premiers jardins d’usage collectif.

Jardins éphémères et jardins nomades

Au début des années 2000, des associations de quartiers ont demandé à la ville de Paris d’occuper provisoirement des terrains en friche destinés à être construits, pour y jardiner.

Le portail du jardin de la Goutte verte, rue Cavé, dans le 20e arrondissement, créé par l’artiste Sara Renaud. RFI/Isabelle Artus

Elles profitaient ainsi de ces « jardins éphémères » pendant plusieurs années. Une fois le projet de construction démarré, les jardins pouvaient être transférés temporairement sur une autre friche libre, d’où leur appellation de « jardins nomades ».

En 2003, le Sénat adopte la proposition de loi qui vise à doter les jardins collectifs d’un cadre juridique : « des jardins créés ou animés collectivement, ayant pour objet de développer des liens sociaux de proximité par le biais d’activités sociales, culturelles ou éducatives, et étant accessibles au public ». Le texte définit l’existence de trois types de jardins collectifs : les jardins familiaux, les jardins partagés et les jardins d’insertion.

Éclosion des jardins partagés à Paris

« Ca a démarré il y a une dizaine d’années avec des initiatives d’associations de quartiers ou de riverains, dans l’Est parisien », rappelle Laurence Baudelet. Formée en ethnologie urbaine et en urbanisme, elle coordonne et anime l’association Graine de jardins, un ensemble de 150 jardins partagés en Ile-de-France. Cette structure est la correspondante Ile-de-France du réseau national Le jardin dans tous ses états.

« La ville de Paris a ensuite créé en 2003 le Programme Main verte qui a fêté ses dix ans cette année. Il a accompagné la création de jardins partagés dans Paris en mettant à disposition du terrain, en finançant leurs aménagements, avec une grille sur rue, un point d’eau, une cabane, de la terre. Cela a permis de développer les jardins partagés dans Paris et le mouvement a dépassé la capitale », ajoute-t-elle.

EM Fichier - Isabelle Artus - Carte des jardins partagés
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Carte-des-jardins-partages-aout-2013.pdf

Une centaine de jardins partagés à Paris
Si les jardins partagés représentent peu de surface au total à Paris, 102 ont été répertoriés en 2013 dont 91 actifs et 11 en projet. Le plus petit s’étend sur 50 m2, le plus grand sur 2000 m2, mais la plupart occupent des surfaces relativement petites.

Ils sont situés en majorité au nord-est de la capitale, principalement sur des terrains municipaux et sur des espaces appartenant à des bailleurs sociaux ou à Réseaux ferrés de France. Le XIXe arrondissement tient le record de 18 jardins partagés suivi du XXe puis du XVIIIe arrondissement.

La recherche scientifique mobilisée

De son côté, Nathalie Blanc, directrice de recherche au CNRS au laboratoire dynamiques sociales et recomposition des espaces (Ladyss), explique l’investissement des chercheurs à ce sujet : « Ce phénomène des jardins partagés est très intéressant pour nous scientifiques, car j’ai constaté que s’il n’y avait pas eu cette demande sociale à l’origine, il n’y aurait pas eu de projets de jardins pareils. »

« Il faut savoir aussi que cette mobilisation de la recherche dans cette direction là a suivi la demande sociale, ces associations qui se mobilisaient pour une qualité de vie », ajoute-t-elle. « Par exemple, dans la Zone d’aménagement concerté (ZAC) Paris Rive gauche, s’il n’y avait pas eu des associations pour se mobiliser, pour créer des jardins, ça aurait été probablement tout béton ».

La chercheuse Nathalie Blanc conclut : « C’est très important de situer ce va-et-vient entre la recherche d’un côté et puis cette demande sociale et ce politique qui est à la fois demandeur d’expertise, mais qui doit avoir pour souci de répondre aux administrés ».

Écoutez un extrait de la balade musicale dans les jardins collectifs du quartier de la Goutte d’or pour la fête des jardins, le 21 septembre 2013. 08/12/2013 - par Isabelle Artus écouter

Pédagogie et art au jardin

« Il y a des potagers pédagogiques à l’intérieur des écoles, plutôt gérés par la direction scolaire de la ville de Paris, où cela relève de l’initiative des équipes enseignantes », explique Laurence Baudelet. « Des activités pédagogiques ont aussi lieu dans les jardins partagés avec des parcelles réservées aux écoles et aux centres de loisirs.»

« La partie artistique, on la trouve souvent dans les jardins partagés, avec des artistes qui participent, réalisent des fresques, des mosaïques, proposent des expositions, ajoute-t-elle. L’artiste Sara Renaud a, par exemple, conçu le portail du jardin de la Goutte verte, rue Cavé, dans le 20e arrondissement. »

Certains sont très impliqués ou sont même à l’initiative de jardins partagés, mais le projet ne tourne pas uniquement autour de la dimension artistique.

Les jardins d’insertion sociale

Les jardins d’insertion représentent une catégorie spécifique de jardins collectifs. La proposition de loi de 2003 les définit comme étant : « créés ou utilisés en vue de favoriser la réintégration des personnes en situation d’exclusion ou en difficulté sociale ou professionnelle ».

« Il est évident qu’à Paris, beaucoup de personnes touchent les minimas sociaux et ont certainement besoin d’avoir une activité et un lieu où se retrouver », confie Laurence Baudelet. Cependant, « les jardins d’insertion sociale ne sont pas encore beaucoup développés. Je pense qu’ils sont appelés à se développer dans les années qui viennent. Cela suppose qu’une personne anime l’atelier, il y a là des financements à trouver », conclut-elle.

Caroline Falletta Anime le jardin d’insertion L’Univert, lié à l’association Halage, spécialisée dans le domaine de l’insertion et de l’environnement. 08/12/2013 - par Isabelle Artus écouter

Le financement de l’aménagement des jardins partagés

« Dans le cadre du programme Main verte, il y a une ligne au sein de la direction des espaces verts de la ville de Paris qui est dévolue à l’aménagement de ces jardins », explique Laurence Baudelet, coordinatrice de l’association « Graines de jardins ». Idéalement, si elle était plus importante, cela permettrait de faire plus de jardins, car la demande est forte. Nous avons en moyenne une dizaine de jardins créés par an, certaines années six ou huit, on pourrait en avoir facilement douze ou quinze par an », conclut-elle.

Peut-on parler d’agriculture urbaine ?

« Cela fait deux, trois ans qu’il y a beaucoup de colloques sur cette question-là, répond Laurence Baudelet. Les jardins partagés font partie de cet enjeu d’agriculture urbaine. Ils sont aussi des points de distributions pour les AMAP, les associations pour le maintien de l’agriculture paysanne, avec des maraichers qui livrent des légumes à un réseau d’adhérents consommateurs. Les deux se recoupent donc et on est tout à fait dans ces enjeux-là, mais, encore une fois, avec des surfaces qui restent pour l’instant assez modestes », conclut-elle.

Pour Nathalie Daclon, du cabinet de Fabienne Giboudeaux, adjointe au Maire de Paris chargée des espaces verts et de la biodiversité : « La mairie a fait le constat du faible taux d’espace vert par habitant dans la capitale. Sans compter les bois, cela donne 2m2 par habitant. L’enjeu est de faire rentrer plus de nature en ville, et pas seulement au sol. » Des objectifs que l’on retrouve dans le « Plan biodiversité » adopté en 2011, un programme de trente actions pour préserver et enrichir la biodiversité à Paris.

Le premier jardin partagé sur les toits de Paris

Avec ses 600 m2 de jardin perchés au-dessus du gymnase des Vignoles, dans le vingtième arrondissement de Paris, depuis 2009, le bien nommé « Jardin sur le Toit »,
89 rue des Haies, est le seul espace du genre à être aujourd’hui ouvert au public.

Un jardin partagé du même genre devrait être livré en 2014 rue des Poissonniers, dans le dix-huitième arrondissement, également en haut d’un gymnase ; Des travaux sont en cours. « C’est toujours plus facile d’agir sur des lieux publics », explique Nathalie Daclon, conseillère du cabinet de Fabienne Giboudeaux, adjointe au Maire de Paris chargée des espaces verts et de la biodiversité. « Actuellement, la mairie identifie les lieux où les réaliser », conclut-elle.

Pour en savoir plus :

- Tout sur les jardins partagés : site de la mairie de Paris

- Comment créer un jardin partagé ?

- Site de l’association d’insertion Halage

- Blog du jardin d’insertion « L’univert »

- Proposition de loi adoptée par le Sénat en 2003 relative aux jardins partagés

- Du jardin ouvrier au jardin partagé : un rôle social et environnemental, Bibliothèque numérique de l'INP, n°4, 2007 :

- Page Facebook du jardin du ruisseau

- Site de « Projet Vergers urbains »
 

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