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    France

    Polémiques autour de la cigarette électronique

    media La cigarette électronique ne sera pas un médicament. REUTERS/Charles Platiau

    Faut-il considérer la cigarette électronique comme un médicament, un produit du tabac ou de consommation courante ? Divisant fabricants, distributeurs et professionnels de la santé, ce petit objet n'en finit pas de créer des débats. Pendant plus d'un an, les institutions européennes ont tenté de réglementer son usage et viennent enfin de finaliser un accord avec les États membres au sein de la nouvelle directive anti-tabac. Accueillie avec scepticisme par certains responsables politiques et institutions sanitaires, elle est pourtant appréciée par les fumeurs pour son efficacité dans le sevrage tabagique. Les incertitudes sur le plan sanitaire et la mouvance de sa réglementation fragilisent ce marché en plein essor.

    Hon Lik, l’inventeur chinois de la cigarette électronique, n’aurait sans doute pas imaginé rencontrer un tel succès. Un peu partout dans le monde, les « vapoteurs » se multiplient. Il y a les fumeurs qui cherchent à se libérer du tabagisme, mais aussi un nombre croissant de nouveaux adeptes attirés par cette pratique devenue furieusement tendance. Face à l'ampleur du phénomène qui touche 7 millions de personnes en Europe, dont environ 1,5 million en France, les institutions européennes tentent de réagir.

    Un accord qui ne règle par tout

    Après avoir refusé sa qualification en tant que médicament le 8 octobre dernier, l’Union européenne a jugé nécessaire d'en encadrer l'usage. Car en écartant un éventuel statut de médicament, et en ne la considérant pas non plus comme produit du tabac, la e-cigarette échappe aux réglementations de ces substances. Mais l’article 18 de la nouvelle directive antitabac fixe des règles sur sa composition et sa sécurisation sans régler pour autant la question de son statut. Si cette nouvelle directive est définitivement adoptée en janvier prochain, les États membres ont deux ans pour l’appliquer dans leur législation nationale. Ils peuvent aussi décider d'aller plus loin dans l'encadrement de la cigarette électronique. En France, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, envisage notamment d'interdire le « vapotage » dans les lieux publics.

    La e-cigarette divise les professionnels de la santé

    De fait, son impact sur la santé reste incertain et sujet à débat. Selon l'association 60 millions de consommateurs, l'objet électronique ne serait pas aussi inoffensif qu'il y paraît et pourrait émettre des composés potentiellement cancérogènes en quantités significatives. De plus, ce sont dans les vapeurs émises par la e-cigarette que ces substances ont été décelées. La question du « tabagisme électronique » passif se pose donc aussi. La e-cigarette n'a, d’ailleurs, pas reçu l'agrément des autorités sanitaires pour son usage lors du sevrage tabagique. Dans un rapport, rendu public en mai dernier, l'Office français de prévention du tabagisme (OFT) l'a même considérée comme un produit susceptible d'entraîner une dépendance à la nicotine.

    Le « vapotage » semble pourtant faire ses preuves dans le combat mené par ceux qui veulent arrêter de fumer. Une étude réalisée par l'université d'Auckland, montre que la cigarette électronique a une efficacité tout à fait comparable, voire légèrement plus importante que les substituts nicotiniques pour le sevrage tabagique. Même si, principe de précaution oblige, le corps médical français reste prudent, certains professionnels de la santé laissent leur patient y recourir. Pour le professeur Dautzenberg, président de l'OFT, elle serait « infiniment moins nocive que le tabac qui tue 73 000 personnes chaque année [en France, NDLR] ». Mais pour l'instant, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle que l'absence de nocivité n'a pas été démontrée.

    Un marché en pleine expansion, fragilisé par l'absence de réglementations

    Le fait de classer les cigarettes électroniques comme produits de consommation courante ne permet pas d'imposer une réglementation particulière pour leur fabrication. Conséquence, la composition du e-liquide ne répond dans ce cas à aucune norme officielle. Lorsque la cartouche contient de la nicotine, le produit devient alors potentiellement dangereux.En juillet dernier, l'OMS mettait en garde les consommateurs : « Les fabricants affirment que les cartouches contiennent généralement entre 6 et 24 mg de nicotine, mais elles peuvent parfois en contenir plus de 100 mg ». Les nouvelles directives de l'Union européenne prévoient une surveillance accrue de la composition des cigarettes électroniques afin d'en améliorer la fiabilité et en limiter la possible nocivité.

    Or sur le plan économique, l'évolution de la réglementation pourrait avoir des répercussions importantes, et entraver ce secteur en pleine expansion. Jusqu'à présent, coincée entre lobby du tabac et lobby pharmaceutique, la e-cigarette a néanmoins réussi à se frayer un chemin. Par son évolution exponentielle, ayant entrainé la création de plus de 2000 emplois dans l'hexagone, elle représente un enjeu de taille pour de multiples acteurs. Son marché pourrait atteindre 100 millions d'euros en 2013 selon l'OFT. Même si les chiffres sont largement en deçà de ceux du tabac, la concurrence est donc bien réelle, tant pour les laboratoires pharmaceutiques que pour les buralistes. Les amateurs s'approvisionnent sur internet ou dans les magasins spécialisés qui fleurissent sur tout le territoire. Les boutiques ouvrant à raison de deux à trois par jour, en mai dernier l'OFT estimait qu'elles pourraient être plus de 300 d'ici la fin de l'année.

    Le jugement du premier procès pour concurrence déloyale d'un magasin de cigarette électronique envers un buraliste a été rendu ce 9 décembre. La justice a considéré que la vente de e-cigarette « (violait) le monopole d’État sur la vente du tabac » et en a interdit la vente et la publicité faite par la boutique spécialisée. Faute de réglementation, la confédération des buralistes a déjà prévenu qu’elle inciterait ses adhérents à utiliser ce jugement pour faire jurisprudence.

    L'évolution économique fulgurante de la cigarette électronique attire bien des convoitises, d’autant que le marché de la cigarette est en baisse depuis une décennie. Pour l’OFT, la chute du marché du tabac de 4,9 % en 2012 serait en partie causée par l’engouement pour la e-cigarette.

    Sources Infographie : Office Français de Prévention du Tabagisme (OFT), Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies OFDT, Confédération des buralistes.

    Infographie : Véronique Barral - Graphisme : Anthony Terrade

     

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