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    Jane Campion présidera le jury du 67e Festival de Cannes

    media Jane Campion, présidente du jury du 67e Festival de Cannes. REUTERS/Yves Herman

    Cela sera la première fois qu'une femme réalisatrice règne sur le jury du plus grand Festival de cinéma au monde. La Néo-Zélandaise Jane Campion, adepte de femmes en révolte et seule femme distinguée par la Palme d’or, présidera le jury de la 67e édition du Festival de Cannes qui se déroulera du 14 au 25 mai 2014.

    « Ma Lady Jane », c’est ainsi que le président du Festival de Cannes Gilles Jacob nomme affectueusement la réalisatrice dans le communiqué annonçant le nom de la future présidente du jury qu’il a fait naître lui-même en 1986 à Cannes : « Il était une fois une jeune réalisatrice inconnue venue des antipodes qui aurait été fière que le Festival de Cannes présentât un des trois courts-métrages qu’elle venait d’achever. Ils affirmaient déjà une telle vaillance, une telle humanité, un tel univers que se refusant de choisir, le Festival montra les trois d’un coup – car c’en était un. Jane Campion était née. Et un style avec elle. Ensuite ce furent Sweetie, La Leçon de piano ou récemment Bright Star, ce merveilleux film où la poésie circule comme jamais. Étonnez-vous après tant d’émotions que je l’appelle ma Lady Jane. »

    Née le 30 avril 1954 à Wellington dans une famille d’artiste avec un père directeur d’un théâtre et une mère actrice, Jane Campion a d’abord suivi des études d’anthropologie et de peinture avant d’entamer sa carrière au cinéma où elle a tourné 14 courts et longs métrages. Elle est surtout la seule femme qui a réussi à remporter la récompense ultime du Festival. C’était en 1993 pour La Leçon de piano qui avait aussi rafflé deux Oscars. Elle est même la seule personne qui a décroché à la fois la Palme d’or et la Palme d’or du court métrage, en 1986 pour Peel.

    Des femmes en révolte

    Par contre, le choix de Jane Campion ne sera certainement pas suffisant pour démentir les accusations récurrentes d’une trop faible représentation de femmes réalisatrices au Festival. Et en effet, le délégué général Thierry Frémaux se défend de l’avoir choisie pour son sexe tout en soulignant qu’il est heureux que ce soit une femme. Néanmoins, il peut être sûr que Campion imprègnera le jury de son univers cinématographique peuplé de femmes en révolte. Toute son œuvre est traversée par les destins de femmes extraordinaires : des femmes névrosées et anticonformistes comme dans Sweetie, il y a aussi Janet dans Un Ange à ma table qui se sauve par la littérature, ou l’histoire foudroyante de la muette Ada qui exprime ses émotions par la musique dans La Leçon de piano ou Bright Star, ou elle s’est inspirée de sa propre fille Alice, née en 1993, pour écrire le rôle de Fanny Brawne, l'objet du désir du poète John Keats.

    En tant que présidente du jury, Jane Campion est bien la première réalisatrice, mais elle s’inscrit dans une longue liste de femmes qui ont occupé cette fonction avant elle : Michèle Morgan, Jeanne Moreau, Françoise Sagan, Isabelle Adjani, Liv Ullmann, Isabelle Huppert. Et pour la sélection des films pour la compétition 2014, elle n’aura pas son mot à dire, cela reste la chasse gardée de Gilles Jacob et Thierry Frémaux. Pas sûr que cette année y aura plus de réalisatrices en lice pour la Palme d’or qu’en 2013 où Valeria Bruni Tedeschi était bien seule avec son Château en Italie parmi les vingt candidats.

    « Une célébration du cinéma comme Art »

    Le record de réalisatrices a été battu en 2011 lorsque quatre femmes concouraient à la Palme d’or : la Française Maïwenn qui avait finalement remporté le Prix spécial du jury avec Polisse, l’Anglaise Lynne Raamsay avec We need to talk about Kevin, la Japonaise Naomi Kawase avec Hanezu no Tsuki et l’Australienne Julia Leigh avec Sleeping beauty. Cette dernière était d’ailleurs la protégée de Jane Campion qui avait signé la production du film. Palme d’or, elle ne méprise pas l’univers de la télévision pour laquelle elle vient de terminer Top of the Lake, une série très applaudie par les spectateurs et la critique.

    Après avoir appris la nouvelle de sa nomination, la réalisatrice néo-zélandaise a déclaré son impatience de découvrir les coulisses du Festival de Cannes qu’elle fréquente depuis 1986 et qu’elle admire profondément : « Le glamour et le professionnel s’y marient de façon unique. C’est le pays des stars, des fêtes, des plages et du business, mais on ne perd jamais de vue ce qu’est le festival : une célébration du cinéma comme Art et une célébration du cinéma du monde entier. » Et qui sait, le 25 mai, peu après son 60e anniversaire et vingt-et-un ans après son succès sur la Croisette, elle aura peut-être l’honneur de remettre la Palme d’or à une réalisatrice.

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