GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Samedi 20 Juillet
Dimanche 21 Juillet
Lundi 22 Juillet
Mardi 23 Juillet
Aujourd'hui
Jeudi 25 Juillet
Vendredi 26 Juillet
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    France

    La télé du futur au FIPA: de la «webisode» au grand spectacle interactif

    media Paul Tyler, développeur des premiers programmes cross-media à la BBC pendant la séance du Lego-telling au 27e FIPA à Biarritz. Siegfried Forster / RFI

    Smart Fip@ présente cette année jusqu’au 26 janvier huit programmes interactifs dont une immersion dans la Guerre de 14, un jeu-documentaire dans les rues de Delhi et même une symphonie interactive. Des initiatives qui donnent un aperçu des possibilités de la télévision de demain. Au-delà des projets transmédia en compétition pour le Fipa d’or, beaucoup d’experts réunis à l’occasion du Festival international de programmes audiovisuels (Fipa) à Biarritz ont donné leur vision de la télé du futur.

    Séance Lego et Playmobil au Festival international de programmes audiovisuels : sur une table s’érige une toute petite brique verte. Elle symbolise la nature. Un peu plus loin, plusieurs briques rouges signalent la crise économique et sociétale qui fait des ravages dans le pays. Et au milieu de tout cela trônent deux figurines nommées Luise et Nicole. C’est Paul Tyler qui mène le jeu. Avec son entreprise Handling the ideas, l’ancien développeur des programmes cross-média à la BBC veut ainsi développer la télévision de demain. « On n’a pas absolument besoin de Lego et Playmobil pour faire cela, il y a plein d’autres approches beaucoup plus sophistiquées, mais je préfère de rester très simple et je sais que cela aide beaucoup. Le problème avec notre monde numérisé est que nous sommes souvent perdus.  Je n’utilise cette approche non pas seulement pour développer de nouvelles formes d’interactivité, mais aussi pour le storytelling de cinéastes traditionnels, parce que leurs histoires aussi ont souvent une très grande complexité comme les plateformes multimédias. »

    Est-ce que le côté tactile s’avère plus pertinent que des simulations hyperréalistes par des jeux vidéo comme Minecraft ? Plus de 200 projets en toute l’Europe sont déjà passés par sa méthode « Legotelling » : « Oui, je pense quand nous revenons à un processus où l’on touche et sent véritablement les choses, où l’on prend littéralement en main nos idées, les résultats seront aussi plus pertinents pour les usagers. » Aujourd’hui, c'est Barbara Fougère, co-scénariste avec Jean-François Fontanel du projet transmédia La Citadelle, qui se prête au jeu. Avec chaque pion placé, chaque couleur et chaque taille choisies, ses idées sortent de sa tête, et le récit de la série avance. La complexité des caractères et des relations humaines prend ainsi des formes inattendues, car, sur la table, il faut par exemple choisir la distance entre le frère homosexuel et l’architecte ratée et malheureuse à Londres. « Cela n’a fait que pointer les forces et les faiblesses de ce qu’on a déjà écrit. En revanche, cela nous a donné beaucoup d’idées pour le développement de la partie interactive, c'est-à-dire la partie jeu, réagit Barbara Fougère.

    Judas.tv

    Le Judas: Six personnes sont suspectées d’avoir tué le propriétaire de leur immeuble parce que ce dernier avait caché des caméras dans leurs appartements afin de les filmer à leur insu et d’exhiber leur vie privée. lejudas.radio-canada.ca

    Même si un projet est réalisé, dans l’univers multimédia, il continue à évoluer. C’est l’expérience du réalisateur et producteur canadien Ziad Touma. L’aventure de son Judas.tv a démarré il y a deux ans avec un budget de 1 million de dollars canadiens (660 000 euros). Son Alternate Reality Game (ARG, un jeu en réalité alternée) brouille délibérément les pistes entre les réalités dans le jeu et hors le jeu, entre programme télé, cinéma, jeu vidéo, théâtre improvisé, jeu en ligne, fiction participative. Après avoir obtenu deux Digi Awards pour la meilleure fiction et le meilleur jeu en ligne, il essaye actuellement d’adapter sa série interactive policière pour la télévision et le cinéma. L’histoire est simple : un jeune propriétaire d’immeuble est retrouvé mort et c’est aux internautes et joueurs d’aider la détective à trouver le coupable. A travers de textos, courriels et appels dans la vie réelle, les quelques milliers joueurs actifs inscrits commencent une chasse aux indices. A-t-il le sentiment d’avoir inventé à Montréal un format de la télé du futur ? « Nous, on appelle cela ‘ au-delà de la fiction’, remarque Ziad Touma. On l’a créée comme « webisode » pour vraiment avoir une interactivité avec les membres du public qui allaient jouer pendant douze semaines. On réfléchit à un format télé, mais pour nous, l’importance, c’était le jeu derrière la fiction, avoir le pouvoir d’aller à la rencontre des personnages, les suivre en train de se contacter et communiquer entre eux, pouvoir les visiter, leur parler, leur écrire, les appeler au téléphone. Donc, ce sont des personnages de fiction qui prennent vie. C’est une nouvelle forme de raconter une histoire. »

    « Designer d’audience »

    Mais pour l’instant, c’est encore la télé qui a le plus de facilités de créer et d’entretenir une audience, remarque Catherine Cuenca, auteure de séries d’animation télé, de projets transmédias et déléguée à la création interactive au syndicat des auteurs SACD. Pour elle, on devrait créer de postes de « designer d’audience » pour remédier à cela. Quel est le plus grand succès possible qu’un webdocumentaire puisse rencontrer ? « Etre une œuvre ». C’est la réponse lapidaire d’Alexandre Brachet, directeur de la société Upian qui en a produit beaucoup, dont certains qui ont connu une carrière fulgurante comme Alma, avec un million de spectateurs en ligne.

    Comment la télévision sera-t-elle dans dix ans ? Antoine Chotard n’a pas de boule de cristal, mais en tant que responsable veille et prospective à l’agence des initiatives numériques de la région Aquitaine, il observe depuis des années les évolutions de l’univers transmédia : « La télévision va être de plus en plus fragmentée. Même si le téléviseur en lui-même et sa position dans le salon va rester de quelque chose important, on aura de plus en plus de possibilités de retrouver les contenus un peu partout. En même temps, on va avoir besoin de services qui vont de plus en plus mesurer finement le comportement des gens et les audiences grâce aux traces numériques qu’on laisse un peu partout. Et les éditeurs vont pousser les contenus. A un moment, cela va créer un problème : comment va-t-on accéder aux contenus  et surtout aux contenus exigeants qui trouvent déjà difficilement leur place dans les réseaux ? Là, je n’ai pas de réponse. »

    La télé qui nous regarde

    La ministre de la Culture Aurélie Filippetti lors de son allocution après le débat "Création et internet", le 24 janvier, au 27e Fipa à Biarritz. Siegfried Forster / RFI

    Autrement dit, la télé nous regardera plus que nous la télé, sous-entendu si le téléviseur sait s’adapter au nouvel univers connecté, participatif, immersif et social : « Nous avons fait des enquêtes en région Aquitaine sur l’usage des mobiles et des ordinateurs : les gens ont peur de leur ordinateur, pas trop de leur navigateur et encore moins de leur téléphone mobile. La télé est face à un problème : la position dans le canapé face à la télé, elle n’a pas été conçue pour que cela soit tactile, etc. Donc la télé a à inventer de nouvelles interfaces par le mouvement ou la voix. »

    Jusqu’ici, c’étaient souvent des sites internet qui ont été créés autour des programmes télé. Dorénavant, cela sera de plus en plus l’inverse, même s’il y a déjà beaucoup de compléments prévus, par exemple avec des comptes Facebook et Twitter pour fidéliser la clientèle 2.0. Est-ce que la consultation des programmes télé en ligne dépassera bientôt la consultation devant le téléviseur ?  « La télé du futur sera sur tous les écrans. Elle sera d’abord sur le téléviseur, mais ce qui va changer, c’est que le téléviseur va être connecté, affirme Bruno Patino, le directeur des programmes et du numérique de France Télévisions. Il faut qu’on invente une télévision pour tout type d’écran, y compris des écrans qui interagissent entre eux. Mais le téléviseur va rester l’écran ‘spectaculaire’. Chaque fois quand la télévision propose du grand spectacle, elle arrive à rassembler devant le téléviseur beaucoup de monde. Pour cela, le temps passé devant le téléviseur ne changera pas vraiment. »

    Aurélie Filippetti et la télé du présent

    Et si la vraie question du futur de la télé était moins liée aux formes ou formats des programmes qu’à leurs financements ? C’est l’hypothèse présentée par la ministre de la Culture Aurélie Filippetti qui a clôturé à Biarritz une table ronde sur le thème Création et internet. Dans la télévision du futur, quelle place auront les nouveaux médias, les webdocumentaires, l’internet ? « Les nouveaux médias sont déjà dans la télé du présent. Aujourd’hui, avec la télévision connectée, on a une sorte de partage entre le linéaire et le non-linéaire, entre les programmes télé traditionnels et les réseaux numériques. Donc on a besoin d’adapter notre régulation pour continuer à soutenir des producteurs, des auteurs, des créateurs, des réalisateurs qui créent de vraies œuvres audiovisuelles. Sinon, on risque d’avoir sur nos réseaux uniquement un tout-venant et plus aucune œuvre possible. C’est ça l’enjeu. De trouver des mécanismes de financement de la création qui correspondent aussi au numérique. » 

    → A LIRE AUSSI :
    - Web-programmes au FIPA : des films à Lego pour la génération 2.0
    - Le prix Goncourt Pierre Lemaitre: «J’ai une relation compliquée avec la télévision»
    - Didier Decoin, président du FIPA: «Je crois terriblement à l’interactivité»
    - Le 27e FIPA ouvre ses portes à Biarritz
    ________________________________________________
    FIPA, du 21-26 janvier 2014 à Biarritz.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.